← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

Reading edition

Le caractère d'Astolphe, déjà bien annoncé, est mis à une épreuve piquante et singulière. Demeuré seul dans la tente d'où Angélique et son frère étaient partis, il se croit dispensé d'y rester. Sa lance avait été rompue: l'Argail avait laissé la sienne appuyée contre un arbre, pour se battre l'épée à la main avec Ferragus. Astolphe s'en empare sans en connaître la vertu, et reprend le chemin de Paris. Cette lance d'or était enchantée. Pour peu qu'elle touchât le chevalier le plus ferme sur les arçons, il était renversé du premier coup. Astolphe arrive à Paris. Le grand tournoi était ouvert, et la fortune y était contraire aux chevaliers français. Après des succès variés entre les deux partis, le terrible géant Grandonio est entré dans l'arène, et tout tremble à son aspect. Il renverse Oger le Danois, et ensuite le vieux Turpin. Ganelon et tous les chevaliers de la maison de Mayence ont fait retraite: Griffon seul ose combattre; Grandonio l'abat de même. Gui de Bourgogne, Angelier, Auvin, Avolio, Otton, Berlinguier éprouvent le même sort. Grandonio tue de sa lance Hugues de Marseille: il abat Alard, Richardet, et le fameux Olivier. Il insulte à toute la chevalerie de Charlemagne. L'empereur, honteux et furieux à la fois, s'emporte contre les paladins qui ne sont pas à leur poste ou qui en sont sortis, surtout contre Ganelon, contre Renaud et contre ce traître de Roland; il l'appelle renégat, fils de p.... en toutes lettres, et jure qu'il le pendra de sa main 490. En supposant que le Bojardo voulût imiter ici les héros d'Homère, qui se disent quelquefois de grosses injures, on conviendra que c'était outrer l'imitation, et que cela est aussi par trop homérique.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings