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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Un des deux ambassadeurs qu'il envoie est Pinamont, empereur de Trébizonde. C'est un vieillard qui, malgré son grand âge, est amoureux fou de Bradamante. Il sollicite cette commission pour la voir et lui déclarer son amour. Il n'y manque pas dès la première occasion. La sœur de Renaud, guerrière intrépide, mais toujours femme, trouve plaisant de se moquer de lui. Elle feint de n'être pas insensible; elle l'appelle son ami, et lui montre enfin les dispositions les plus favorables. Mais il connaît sans doute son usage: tout chevalier qui désire sa main, doit d'abord se battre avec elle en champ clos, et s'il est vaincu, elle lui enlève son cheval, son armure, et le renvoie à pied couvert de honte, dans l'équipage d'un simple voyageur. Pinamont, plutôt que de renoncer à ce qu'il aime, accepte le combat. Le jour est pris, le lieu choisi; mais le vieux roi, trop amoureux et trop impatient, ne dort point de toute la nuit, et au lieu de se rendre de bon matin à l'endroit indiqué, il y arrive avant le jour, à cheval, tout armé, prêt à combattre. La fraîcheur du matin l'endort sur son cheval. Bradamante vient, suivie de quelques chevaliers; elle s'aperçoit que Pinamont est endormi, et s'amuse à lui jouer un tour. Elle prend son cheval par la bride, et le conduit au camp, à l'entrée de sa tente. Là, vigoureuse comme un athlète, elle enlève le cavalier malencontreux, le porte sur ses bras dans la tente, et va le coucher sur un lit. Il s'éveille enfin. Bradamante lui fait accroire qu'elle s'est battue contre lui, et qu'elle l'a renversé d'un coup de lance. Le bonhomme a beau ne se souvenir de rien, les chevaliers qui sont présents lui attestent le fait. Il finit par le croire si bien, qu'il consent à se faire saigner copieusement pour prévenir les suites du coup de lance qu'il a reçu 435.

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