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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

Reading edition

Si l'on veut changer ce soupçon vague en idée nette et distincte, voici peut-être le fil de raisonnements que l'on peut suivre. Il doit nous conduire à reconnaître comment dans ce nouveau genre de poëme, c'est-à-dire dans le roman épique, l'épopée a pu se dispenser de suivre les règles connues, ou du moins leur donner une grande extension sans les enfreindre.

On en convient universellement aujourd'hui, nous n'avons qu'un fragment de la Poétique d'Aristote, soit qu'il ne l'ait point achevée, soit que ce qui manque se soit perdu. Dans ce qui nous reste, il ne traite que de la poésie en général, de la tragédie et du poëme épique. Relativement à ce dernier, il se borne à parler de l'héroïque, et n'emploie presque jamais pour le désigner que le mot épique ou épopée, quoiqu'il doive y avoir et qu'il y ait effectivement plusieurs sortes d'épopées, dont une seule est purement héroïque.

D'après l'étymologie même du mot, le titre de poëme épique convient à tout poëme qui contient le récit d'une action soit héroïque, soit commune: épique est le genre, héroïque est l'espèce; les règles qu'Aristote a établies pour l'espèce, doivent-elles être appliquées à tout le genre? Ses préceptes sont inattaquables; ce sont ceux du génie et du goût; mais sans nous en écarter donnons-leur toute l'extension qui leur convient; nous en verrons sortir plusieurs espèces de poëmes dont il n'a fait aucune mention, mais que lui-même reconnaîtrait pour des poëmes et de véritables épopées, puisqu'ils sont déduits de ses principes, et que, pour employer les termes de l'école, il en a parlé, sinon explicitement, du moins implicitement.

Le récit d'une action illustre est la matière de l'épopée, et la représentation de cette action est le sujet de la tragédie: la comédie, au contraire, a pour sujet la représentation d'une action populaire ou commune. Voilà ce que dit Aristote. Ajoutons à cela que le récit d'une action populaire ou commune peut fournir une autre espèce de poëme dont il ne parle pas; tel était le Margitès d'Homère, qui, selon Aristote lui-même, fut l'origine de la comédie, comme l'Iliade le fut de la tragédie; car pourquoi serait-il moins permis de raconter en vers une action commune qu'une action illustre?

Ce n'est pas tout. Quelques poëtes dramatiques, comme Plaute, par exemple, ont mêlé dans leurs représentations, des personnes illustres ou héroïques avec des personnes de basse condition et des gens du peuple. Faisons dans le récit ce que Plaute a fait dans la représentation, et nous aurons une troisième sorte d'épopée, dont Aristote n'a rien dit, mais qui est déduite de ses principes. Voilà donc la poésie représentative ou dramatique divisée en trois espèces, selon qu'elle représente des actions illustres ou des actions communes, ou enfin des actions illustres et communes mêlées ensemble, d'où naîtront la tragédie, la comédie et la tragi-comédie; voilà aussi la poésie narrative ou épique également divisée en trois espèces, selon qu'elle raconte l'une ou l'autre de ces trois sortes d'actions. La première sera l'héroïque ou l'épique d'Aristote, telle que l'Iliade; la seconde ressemblera au Margitès, ou à l'idée que la tradition nous donne de ce poëme qui s'est perdu, et elle ne racontera que des actions communes; la troisième racontera des actions communes et des actions héroïques, et ses personnages seront moitié nobles, moitié populaires, à peu près comme l'Odyssée, ou comme serait, si l'on veut, un poëme où il y aurait encore plus d'actions et de personnes communes.

C'est précisément ce qu'on a fait dans le roman épique. Des personnes de tout rang, des événements de toute espèce, des batailles, des combats singuliers, des scènes domestiques, des intrigues d'amour, des voyages; des héros, des chevaliers, des rois, des villageois, des ermites, des reines et des femmes enlevées, des amantes abandonnées, des femmes guerrières, des fées, des magiciens, des démons, des géants, des nains, des chevaux volants, des montagnes de fer ou d'acier, des palais enchantés, des jardins délicieux, des déserts; enfin, tout ce que la nature produit, tout ce que l'art invente et tout ce que peut créer l'imagination la plus riche, ou si l'on veut la plus folle, tout cela est admis dans l'épopée romanesque, et y peut entrer à la fois.

Supposons qu'on retrouvât le manuscrit d'un poëme grec inconnu jusqu'à présent, et qu'au style, à la manière, aux opinions mythologiques, aux traits d'histoire mêlés avec la fable, on le reconnût pour être une des productions d'Homère; supposons encore que dans ce poëme il se fût proposé de célébrer une des plus illustres familles de la Grèce, mais qu'il eût voulu masquer ce dessein et ne le présenter en apparence que comme épisodique; qu'il eût attaché cette partie principale de son sujet à une époque devenue fameuse, soit par l'histoire, soit par les fictions des autres poëtes; qu'il eût choisi dans cette époque un héros célèbre, sur lequel il eût feint et même promis par son titre, de vouloir fixer l'attention et l'intérêt; qu'il eût rassemblé un grand nombre d'autres épisodes, les uns naturels et touchants, les autres extraordinaires et merveilleux, d'autres enfin hors de toute croyance et plus étrangers encore à l'ordre naturel des choses que les breuvages de Circé, les Syrènes, les Lestrigons et le Cyclope; qu'avec des personnages héroïques, tels qu'Ulysse, Agamemnon, Hector, Achille, Diomède, etc., il en eût mêlé de vulgaires et de bas, tels qu'Eumée, Mélanthius, les suivantes de Pénélope et le mendiant Irus, mais en plus grand nombre encore, et répandus plus universellement dans la machine du poëme, et qu'habile comme il l'était à peindre la nature, il eût aussi fidèlement imité les mœurs des gens du peuple que celles des rois et des héros.

Supposons enfin que pour donner à cet ouvrage un caractère particulier, au lieu de se cacher sans cesse, comme dans ses autres poëmes, derrière ses personnages, de les faire mouvoir sans se montrer lui-même, et d'attacher le lecteur par l'illusion d'une action continue et fidèlement représentée, il eût au contraire imaginé de se mettre lui-même en scène, de débiter librement des faits, tantôt naturels et tantôt fantastiques, ou des réflexions analogues à ces faits mêmes, de passer d'un sujet à un autre, comme on le fait en racontant de vive voix, mais de ne perdre de vue son principal objet que pour le retrouver et le reprendre à son gré, d'exciter la curiosité et de la satisfaire ou de la tromper tour à tour, de conserver dans les récits, mêmes les plus sérieux, cet air d'aisance et quelquefois moitié plaisant, d'un esprit fécond et facile, qui se joue de ce qu'il raconte et de ce qu'il invente. Quel serait le jugement qu'on porterait de cet ouvrage? Qui oserait dire à Homère: Vous avez fait un mauvais poëme, et il est mauvais parce qu'il ne ressemble ni à votre Iliade, ni à votre Odyssée; nous avions établi, d'après la première, des règles qui convenaient un peu moins à la seconde, mais qui ne vont point du tout à cette production nouvelle. Nous ne réformerons pas nos lois; nous avons trop long-temps soutenu qu'elles étaient les seules justes et raisonnables, il est plus simple de nier que l'ouvrage soit de vous, ou de soutenir que lorsque vous l'avez fait vous étiez en délire.

Sans nous embarrasser de ce qu'Homère pourrait répondre, voyons quels rapports le Roland furieux peut avoir avec un poëme de cette espèce; entrons mieux qu'on a fait jusqu'ici dans l'esprit de cet ouvrage; tâchons de distinguer ce qu'il a de commun avec les anciens, et la teinte particulière qu'il a reçue, tant du génie de son auteur que des fictions et des idées adoptées de son temps.

Analyse de l'Orlando furioso.

Nous avons suivi dans leur développement successif les idées de ces fictions poétiques, depuis l'époque où elles amusaient le peuple dans les places publiques et dans les rues, jusqu'au temps où le Bojardo, y ajoutant des inventions plus riches et plus élégantes, mettant plus de décence dans les mœurs que le Pulci, plus d'art et de grandeur dans son plan, plus de gravité dans ses pensées et dans son style, donna le premier type de ce que devait être le roman épique, et ne laissa plus qu'un pas à faire pour le porter à sa perfection. Ce pas était encore immense; l'Arioste était destiné par la nature à le franchir. Le tableau de sa vie et de ses études nous a fait voir tout ce qu'une excellente culture avait ajouté à ses dispositions naturelles, par quels degrés il fut conduit à cette grande entreprise, la position où il était quand il la forma, ce qui détermina le choix de son sujet, et le but qu'il se proposa dans la contexture et dans la disposition de sa fable. Ce fut de célébrer l'origine de la maison d'Este. Heureuse maison, que rendirent fameuse les deux plus grands poëtes de l'Italie, mais qui paya d'ingratitude ceux à qui elle dut une partie de sa gloire, comme pour apprendre à jamais aux poëtes le fond qu'ils doivent faire sur la faveur des grands!

L'amante de Roger, la courageuse et sensible Bradamante est mise en scène dès le premier chant, et c'est par leur union que le poëme se termine. Les enchantements, les malheurs et les divers obstacles qui les séparent font le nœud de l'action: l'événement heureux qui détruit tout ce qui s'oppose à leur bonheur fait le dénoûment; tout le reste est épisodique. C'est à cette fable principale que l'Arioste a lié toutes les prédictions faites pour flatter la maison d'Este ou pour intéresser sa nation. Ces prédictions sont reprises jusques à quatre fois dans le cours du poëme; c'est toujours Roger et Bradamante qu'elles regardent, et presque toujours à Bradamante qu'elles sont faites. Les trois derniers chants sont entièrement consacrés à réunir les deux amants. On ne perd plus Roger de vue; on partage ses périls, son incroyable générosité, son désespoir et son bonheur. C'est la dernière impression qui reste du poëme, dont sa victoire sur le terrible Rodomont forme le dénoûment. S'il n'en était pas le véritable héros, le retour si fréquent de son apparition, ou plutôt sa présence presque continuelle, l'attention sans cesse ramenée sur lui, sur son amante et sur leurs descendants, seraient des répétitions trop importunes, des fautes trop choquantes et trop nombreuses contre la convenance et contre le goût, ou plutôt le poëme entier serait une faute.

L'événement célèbre auquel l'Arioste attache cette intrigue principale est la guerre des Sarrazins contre Charlemagne, guerre fabuleuse, mais qui faisait alors le sujet de tous les romans. C'est avec un art admirable que, la reprenant au point où le Bojardo l'a laissée, il la conduit à sa fin, et qu'il y entrelace les amours et les exploits de Roger et de Bradamante. Les Français, d'abord vaincus et assiégés dans Paris, et réduits aux dernières extrémités, repoussent ensuite les Sarrazins jusqu'en Provence, et les forcent enfin de s'embarquer pour l'Afrique. Le roi Agramant, chef général de l'entreprise, près d'arriver dans ses états, voit sa capitale embrasée et détruite: une tempête l'oblige à relâcher dans une petite île, où il meurt de la main de Roland.

La folie de ce Roland, qui sert de titre au poëme, n'en forme, à proprement parler, que le premier épisode. Sa passion constante pour l'ingrate Angélique, celle de cette reine pour Médor, la manière inattendue dont Roland en est instruit, les tourments qu'il éprouve, la démence qui en est la suite, la peinture énergique de cette fureur et de ses effets, le moyen extraordinaire qu'Astolphe emploie pour lui rendre son bon sens, et les détails ingénieux qui préparent cette cure singulière, font de ce long épisode, ou si l'on veut, de cette troisième partie de l'action, une des plus riches productions du génie poétique.

Après ces généralités, qui donnent une idée trop imparfaite du vaste plan de ce poëme et de l'artifice avec lequel ces trois principales actions y sont conduites, voyons si nous ne pourrons pas en suivre plus particulièrement la triple intrigue, en la dégageant, et des retours qu'elle forme continuellement sur elle-même, et des épisodes secondaires qui s'y entremêlent à chaque instant. Il n'est pas rare de voir des personnes se plaire assez à la lecture de l'Arioste pour la recommencer plusieurs fois: il l'est beaucoup de trouver quelqu'un parmi les plus assidus de ces lecteurs, à qui il en reste dans l'esprit une idée nette, et qui s'en soit fait à soi-même une analyse un peu exacte. Celle-ci leur épargnera de la peine, et peut-être leur préparera de nouveaux plaisirs, à peu près comme ces dessins ou ces plans sans couleurs, mais fidèlement tracés, à l'aide desquels on se rappelle agréablement les paysages qu'on a parcourus, et qui font que l'on jouit mieux de leurs aspects variés et de leurs divers points de vue, lorsqu'on y voyage encore.

Je me propose ici un but tout différent de celui que j'avais dans l'analyse du Dante; ma méthode différera de même. En traçant le plan de l'Enfer, du Purgatoire et du Paradis, je citais et faisais ressortir les beautés dont ils sont remplis, et dont la plupart étaient entièrement inconnues, du moins en France. On y connaît beaucoup mieux les principales beautés de l'Arioste; mais l'ensemble, la marche, en un mot le plan général de l'Orlando furioso ne sont guère moins ignorés que ceux de la Divina commedia. C'est de cela uniquement que je vais m'occuper. J'analyserai toujours, sans jamais citer ni traduire. Les citations auront leur tour. S'il en résulte d'abord plus de sécheresse, moins d'agrément et de variété, on voudra bien me pardonner, pourvu qu'avec d'autres moyens je ne sois pas moins utile.

Elle rencontre dans la forêt un vieil ermite, nécromant de son métier. Elle lui confie son extrême desir de quitter la France, et de s'embarquer au plus vite pour échapper aux poursuites de Renaud. L'ermite qui a ses vues, évoque un démon familier, et l'envoie, sous la forme d'un valet, tromper les deux chevaliers qui se battent pour Angélique. L'esprit follet leur affirme qu'elle a retrouvé Roland, qu'en ce moment il l'enlève en se moquant d'eux et retourne à Paris avec elle. Renaud, sans dire un mot, monte sur Bayard, que son instinct, qui approchait de l'intelligence humaine, avait ramené auprès de lui, et court au galop vers Paris. C'était le moment où Charlemagne, après la bataille qu'il avait perdue contre Agramant, rassemblait le reste de ses troupes, se préparait à soutenir un siége, et pensait à envoyer en Angleterre demander du secours. Il y députe Renaud, à qui cette commission est fort désagréable, mais qui part aussitôt pour la remplir.

Il annonce dès le début le caractère passionné qu'il a voulu donner à ce héros. Ce n'est plus le Roland de la Chronique de Turpin et des premiers poëtes romanesques: c'est celui que le Bojardo a mis à sa place. C'est un amant plus encore qu'un chevalier, qui sacrifie à son amour la sûreté de son empereur, le salut même de sa patrie, en un mot, si préoccupé de sa passion qu'on ne sera pas surpris de voir cette forte préoccupation devenir une véritable folie.

Délivré de Rodomont, Charlemagne fait sortir ses troupes par trois portes en même temps, les réunit, marche à leur tête, et attaque avec vigueur l'arrière-garde des ennemis, qui sont aux mains avec l'armée de Renaud. Le combat devient alors une horrible mêlée. Le poëte en écarte la confusion par le même artifice qu'Homère; dans cette masse générale, il dessine des groupes particuliers, et distingue par des exploits extraordinaires les principaux chefs des deux armées. Dardinel, fils d'Almont, jeune roi sarrazin, montre surtout la valeur la plus brillante, balance long-temps la victoire, tue un grand nombre de chrétiens, et tombe enfin lui-même sous les coups de Renaud. Rien ne peut plus retarder la défaite des Africains. Agramant fait rentrer dans son camp un tiers au plus de son armée. Charlemagne suit ses avantages, et l'y tient assiégé pendant la nuit.

Un autre avantage de cet épisode, c'est qu'il est intimement lié à la marche générale du poëme, et qu'il devient même le moyen particulier dont l'Arioste se sert pour conduire l'une de ses trois principales actions; tandis que l'épisode de Virgile, une fois terminé, n'a plus aucune influence sur l'action de l'Énéide. Nous avons vu comment Angélique s'était échappée des bras du jeune Roger. Elle était nue, mais son anneau, qui la rendait invisible, mettait sa pudeur à l'abri. Elle avait cependant trouvé, dans l'asyle d'un pauvre villageois, des habits grossiers dont elle s'était vêtue, une jument qu'elle avait montée. Elle parcourait ainsi la France, tantôt cachée et tantôt visible, plus fière et plus insensible que jamais, et ne cherchant qu'une bonne occasion pour retourner dans son empire.

Ils quittent ensemble la France, passent les Pyrénées et prennent la route de Barcelonne. Tout à coup ils sont arrêtés par l'effrayante et hideuse rencontre d'un insensé, nu et tout couvert de fange, qui s'élance vers eux avec fureur. Que veut dire cette apparition terrible? Quelle est cette espèce de monstre humain? L'Arioste se garde bien de le dire, de le laisser même entrevoir. Il nous appelle brusquement à d'autres aventures; elles se succèdent pendant plus de deux autres chants; enfin, dans le vingt-troisième, sans nous douter de rien encore, nous retrouvons son héros dont il ne nous avait point parlé depuis long-temps.

Roland n'avait cessé, ni de chercher Angélique, ni de courir, chemin faisant, de belles et de grandes aventures. En approchant de Paris, il avait attaqué et dispersé lui seul une troupe de Sarrazins qui rejoignaient l'armée d'Agramant, tué de sa main les deux rois qui les commandaient, et commencé un combat avec Mandricard, qui était accouru pour les venger. Le cheval de Mandricard, dont la bri le s'était rompue, avait emporté ce guerrier, malgré lui, à travers les bois et les plaines. Roland, retardé par un autre accident, malgré l'avance que son ennemi avait sur lui, s'était remis à sa poursuite.

Non, ce n'est pas trop dire que d'affirmer qu'il n'y a rien dans aucun poëte ancien ni moderne que l'on puisse comparer à cette peinture si vraie, si neuve et si terrible. Elle a près de trois cents vers de suite, jusqu'au moment où Roland quitte la France; et jusque là, pour cette fois, l'Arioste ne s'est distrait ni de son objet ni de sa route; pas la plus légère interruption, pas le moindre jeu de mots ou de pensées; il paraît lui-même frappé de cette démence passionnée, profonde et sublime; il est Roland, ou il le regarde si attentivement et de si près, qu'il retrace avec des couleurs vivantes les mouvements de cet esprit aliéné et les prodiges de cette force extraordinaire. Chaque fois qu'il y revient ensuite, c'est toujours la même énergie et la même vérité.

Des trois grandes parties de l'action du poëme, deux ont donc produit, jusqu'à présent, deux grands tableaux du premier ordre et qui placent dans le premier rang le peintre qui les a tracés, le siége de Paris et la folie de Roland. Nous allons voir si, dans la suite de ces deux parties, il se montrera le même, et si, quand la troisième partie constitutive de sa fable, qui en est la principale, va dominer à son tour, il saura, dans la peinture des amours de Roger et de Bradamante, en employant d'autres couleurs, déployer le même art et soutenir le même vol.

CHAPITRE VIII.

Fin de l'Analyse de l'Orlando furioso.

La voix se tait, Roger et Marfise s'embrassent. Le frère instruit la sœur de son amour pour Bradamante, de leurs engagements, de leurs projets. Les deux guerrières font la paix et se jurent une sincère amitié. Roger, qui était très-instruit de sa généalogie, la leur conte rapidement, depuis Hector jusqu'à Roger second son père; et c'est, il faut l'avouer, plus à l'orgueil de la maison d'Este, qu'au plaisir du lecteur que l'Arioste a songé dans ces retours fréquents sur une antiquité fabuleuse.

Astolphe ignorait encore que son cousin Roland était devenu fou; l'apôtre le lui apprend. Il ajoute que c'est Dieu qui lui a envoyé cette infirmité pour le punir d'avoir trop aimé une païenne, ennemie de la foi dont il était le défenseur. Mais trois mois de folie suffisent pour expier son erreur; Dieu lui-même a fixé ce terme, et c'est sa volonté toute-puissante qui a conduit Astolphe sur la montagne du paradis, pour y apprendre les moyens de rendre au comte d'Angers son bon sens. Mais il lui reste un autre voyage à faire. Ce n'est point dans la paradis terrestre que se trouve le remède à ce mal, c'est dans la Lune. Le char d'Élie est là tout prêt pour y transporter Astolphe et son guide. Ils y montent; et sans trop s'arrêter à considérer les merveilles du monde lunaire, il vont droit à une vallée où se trouve rassemblé avec ordre tout ce qui se perd confusément dans celui-ci, non-seulement les sceptres, les richesses et les autres vanités que donne et qu'enlève la Fortune, mais celles mêmes sur lesquelles elle n'a point de prise, les réputations fragiles, les vœux et les prières adressés à Dieu par nous autres pécheurs, les larmes et les soupirs des amants, le temps que l'on emploie au jeu, le loisir des ignorants, les vains projets, les vains désirs, enfin tout ce qu'il y a d'inutile ou de perdu sur la terre. Il serait trop long d'en achever ici l'énumération piquante et variée. Elle finit par ce joli trait:

Là, tout se trouve enfin, excepté la folie,

Des troupes de corbeaux, de vautours avides et d'autres oiseaux de proie, volent au-dessus du fleuve, en poussant des cris aigus et discordants, guettent le moment où le vieillard jette et disperse ces noms, et les saisissent dans leur bec ou dans leurs griffes; mais ils ne peuvent les porter loin. Les écriteaux retombent dans le fleuve et ne s'y enfoncent que plus vite et plus avant. Parmi tous ces oiseaux on aperçoit deux cygnes blancs comme la neige; eux seuls portent où ils veulent les noms qu'ils ont choisis. En dépit du malin vieillard qui veut noyer tous ces noms dans le fleuve, ils en sauvent quelques-uns. Ils les portent vers un temple qui s'élève sur une colline à quelque distance du fleuve. Une belle nymphe sort de ce temple en voyant approcher les deux cygnes. Elle va prendre dans leur bec les noms qu'ils apportent, et revient les afficher dans le temple, où ils restent pour toujours consacrés à la Déesse.

J'aime fort les auteurs, et dois penser ainsi,

Ce trait est encore un de ceux qu'assurément la Sorbonne, de prohibitive mémoire, n'eût point laissé passer dans un poëme français, mais qui, en Italie, le pays du monde cependant où l'on devait s'y connaître le mieux, n'ont jamais été regardés que comme des plaisanteries fort innocentes.

Cette armée se met aussitôt en campagne, entre dans les riches états d'Agramant, et y met tout au pillage. Il reçoit en France ces tristes nouvelles; il veut repasser en Afrique; mais avant de partir, il fait proposer à Charlemagne de vider leur querelle par un combat singulier entre les deux guerriers les plus braves des deux armées. Charles choisit Renaud, et Agramant Roger. Celui-ci, tout fier qu'il est de cet honneur, est au désespoir d'être obligé de se battre contre le frère de sa maîtresse. Le poëte nous fait entrevoir dans cette situation nouvelle un grand intérêt pour la suite de cette partie de son action; mais une autre partie qu'il a suspendue le rappelle en Afrique; il nous y ramène avec lui.

Charlemagne était à Arles depuis l'entière défaite des Sarrazins et la fuite d'Agramant. Il fait la réception la plus honorable aux destructeurs de Biserte. Roger lui est présenté; sa sœur Marfise, Bradamante et lui sont enchantés de se voir réunis. On croit le roman et le poëme près de finir, quand un nouvel incident en renoue avec plus de force l'intrigue principale. On a déjà vu la preuve de ce que je crois avoir fait observer le premier, qu'en dépit du titre, ce n'est point la folie ou la fureur de Roland qui est le sujet du poëme, que ce n'est point lui qui en est le héros. Maintenant que les deux autres principales actions sont terminées, que Roland a recouvré sa raison, que les Sarrazins sont chassés de France et que leurs rois ont porté la peine de leur folle entreprise, on va voir plus clairement qu'on ne l'a fait encore que le vrai héros du poëme est Roger, et que son union avec Bradamante en est le véritable sujet.

Pour que rien ne manque au bonheur de Roger, des ambassadeurs arrivent de la part des Bulgares. Ces peuples ont persisté à vouloir pour leur roi le chevalier de la Licorne, à qui ils ont dû leur salut et une si grande victoire. Leurs députés sont venus le chercher à la cour de Charlemagne; et trouvant en lui ce même Roger que tout le monde admire, ils font auprès de lui leur ambassade. Le sceptre et la couronne l'attendent à Andrinople, capitale de ses nouveaux états. Alors, l'ambitieuse Béatrice elle-même n'a plus rien à dire. Bradamante, sa fille, sera reine, si elle n'est pas impératrice. Le mariage est donc conclu et célébré à la cour par les fêtes les plus splendides.

CHAPITRE IX.

Observations générales sur l'Orlando furioso; beautés de ce poëme; fragment de l'Arioste, appelé les cinq Chants; caractères particuliers et distinctifs de l'épopée romanesque.

Chez lui, la variété, l'abondance, la vérité des caractères est égale à la fertilité des inventions. Charlemagne, Roland, Renaud, Roger, Brandimart, Olivier, Astolphe, pour ne parler que des principaux, ont chacun leur manière de parler et d'agir. La valeur de Bradamante ne ressemble point à celle de Marfise, comme sa tendresse n'est point celle d'Olimpie ou d'Isabelle. Entre Sacripant et Ferragus, entre l'imprudent et jeune Agramant et le vieux et sage Sobrin, entre le présomptueux Gradasse et le querelleur Mandricard, entre tous ces guerriers et l'indomptable Rodomont, il y a des nuances infinies. Il y a dans tous une peinture vive et fidèle des caractères et des passions, des vertus et des vices. Le talent d'imaginer est partout joint à l'art de peindre, et surtout à l'art important d'annoncer et de mettre en scène tous ces personnages si différents.

Ce qu'il décrit, on croit le voir. Je ne parle pas seulement des descriptions innombrables de palais, de jardins, de fleuves, d'îles, de campagnes, qui, toujours entremêlées à celles des armées et des combats, font de cette suite de tableaux, la galerie la plus riche et la plus variée; je parle de ce talent admirable de faire mouvoir tous ses acteurs de manière qu'on voit leurs gestes, leur démarche, leur attitude, qu'on les reconnaît, qu'on les distingue, qu'on a devant les yeux, non un mélange informe d'objets qui se croisent et se confondent, mais des images claires et ressemblantes, ou plutôt des êtres vivants et de véritables actions. L'histoire, la fable, la féerie sont trois sources fécondes où il puise tour à tour, sans apprêt, sans effort et comme sans projet. Il ne cherche rien, tout vient à lui, tout est sous sa main. Tous les genres de merveilleux sont bons pour lui, sont à ses ordres; on le voit employer tour à tour, non-seulement la féerie moderne et l'ancienne mythologie, mais les personnages allégoriques, mais nos saints, nos anges et même

De la foi des chrétiens les mystères terribles.

Je ne dis pas qu'en cela il soit à imiter, mais enfin c'est par tous ces moyens réunis qu'il arrive, et qu'il vous fait arriver avec lui, sans fatigue, jusqu'à la fin d'un si long poëme.

La connaissance parfaite qu'il avait de la géographie brille dans toutes les parties de son ouvrage. A l'exemple d'Homère, il ne fait voyager aucun de ses héros, sans nommer, sans indiquer clairement les pays qu'ils parcourt. Lors même qu'Astolphe ou Roger voyagent en l'air sur l'Hippogryphe, on passe avec eux en revue tous les lieux sur lesquels ils sont emportés. Chaque région, chaque ville, ne fut-elle que nommée, est le plus souvent accompagnée d'une expression courte, mais pittoresque, quelquefois d'une seule épithète qui suffit pour la désigner. Si le poëte s'étend davantage, c'est avec une exactitude qui n'est jamais en défaut. On reconnaît encore Paris dans la description qu'il en a faite. On y suit Rodomont dans les rues qu'il ravage, sur les ponts où ces rues aboutissent, devant le palais qu'il assiége, à la pointe de l'île d'où il se précipite dans la Seine.

Enfin, voici une chose plus singulière et qui prouve mieux encore avec quelle exactitude l'Arioste s'attachait aux plus petits détails géographiques. Dans une course qu'il fait faire à Roland le long des côtes de Bretagne pour passer à l'île d'Ebude, il va jusqu'à donner à une ville de cette côte son nom Bas-Breton, auquel tous les traducteurs français sont trompés.

Breaco est Saint-Briene, et Landriglier Treguier, dont le nom breton est Landriguer. Les traducteurs disent Bréac et Landrillier, qu'ils chercheraient inutilement sur la carte.

Il n'en est pas tout-à-fait ainsi de la partie dramatique. On croit généralement que le Tasse y a tout l'avantage; que ses héros et ses héroïnes parlent plus convenablement à leur situation et à leur caractère. Cela est plutôt vrai de la partie oratoire; on trouverait difficilement dans l'Arioste rien qui fût comparable à la première harangue de Godefroi, à celle de l'ambassadeur égyptien et à quelques autres de cette espèce. Dans les dialogues, ou les discours alternatifs que se tiennent l'un à l'autre les différents personnages diversement placés, on peut encore regarder les deux poëtes comme égaux, c'est-à-dire comme également parfaits. Mais dans la plupart des discours passionnés et des plaintes amoureuses, comme dans celles de Tancrède, d'Armide et même d'Herminie, la Jérusalem délivrée offre trop souvent, comme nous le verrons dans la suite, aussi peu de vérité, ou même beaucoup moins que le Roland furieux, avec cette différence encore entre les deux poëtes, que le Tasse ayant écrit tout son poëme dans un style grave et pompeux, les jeux d'esprit et les écarts qu'il se permet en blessent davantage, au lieu que l'Arioste, qui paraît toujours se jouer de sa matière et converser avec ses lecteurs, peut, sans les choquer, se donner beaucoup plus de licences.

Avouons encore que la lecture des poëtes est, généralement parlant, un délassement, non une occupation; que pour bien goûter les vers, il ne faut pas les lire trop vite, et qu'on peut en effet se reposer quand on a lu tout un livre d'Homère de Virgile ou du Tasse. Le lendemain, en reprenant votre lecture, que vous importe si le poëte s'interrompt, puisque vous vous êtes interrompu? Il vous parle en son nom ce jour-là, comme il faisait la veille dans sa proposition, dans son invocation; où est pour le second, pour le troisième, pour le vingtième chant l'inconvénient qui n'existait pas pour le premier? Allons plus loin. S'il reprend crûment son récit au même endroit où il l'avait laissé, ne risque-t-il pas de vous trouver froid et distrait dans le plus chaud de son action? Ne fera-t-il pas mieux de fixer de nouveau votre attention par quelques réflexions qui lient ce qui précède à ce qui suit, et de ne se remettre au courant que lorsque vous y serez vous-mêmes?

Pour bien juger de l'Arioste, figurez-vous la cour de Ferrare, l'une des plus polies, des plus nombreuses qui fussent au seizième siècle en Italie, formant tous les soirs un cercle brillant, dont Alphonse d'Este et le cardinal Hippolyte étaient le centre; oubliez les torts qu'eut bientôt après ce prince de l'Église; ne songez qu'à l'éclat qui l'environnait, à l'amour des lettres et à la bienveillance pour l'Arioste qu'on lui supposait alors. Dans cette assemblée aussi imposante qu'aimable, représentez-vous le poëte fixant pendant quarante-six soirées, une heure entière et souvent plus, tous les yeux et tous les esprits. Le premier jour, il propose son sujet; il s'adresse au cardinal son patron; il promet de célébrer l'origine de son illustre race; il s'engage dans son récit; mais dès qu'il peut craindre que l'attention ne se fatigue, il s'arrête, en disant: Ce qui arrive ensuite, je vous le réserve pour un autre chant.

Placez-vous dans ce point de vue; asseyez-vous parmi cette cour attentive; écoutez, admirez avec elle ce génie fécond, ce conteur inimitable, ce courtisan adroit, ce poëte sublime; arrêtez-vous quand il s'arrête; égayez-vous, élevez-vous, enflammez-vous avec lui; laissez là ce goût trop sévère qui diminuerait vos plaisirs. Écoutez surtout l'Arioste dans sa propre langue; étudiez-en les finesses; apprenez à en sentir la grâce, la force, l'harmonie, et vous verrez alors ce que vous devez penser des censeurs atrabilaires qui ont osé traiter si injustement un si beau génie.

Je suis involontairement ramené aux injustices qui ont été faites à l'Arioste, surtout en France. J'ai parlé de celle de Voltaire et de sa réparation éclatante. Ce grand homme, dont le goût était si pur, jugeait cependant quelquefois avec tant de précipitation et de légèreté ce qui n'était que du ressort du goût, que dans cette rétractation même il lui est échappé trois singulières erreurs. Elles sont d'autant plus singulières qu'il commence par assurer que «l'Arioste (ce sont ses termes) est si plein, si varié, si fécond en beautés de tous les genres, qu'il lui est arrivé plus d'une fois, après l'avoir lu tout entier, de n'avoir d'autre désir que d'en recommencer la lecture.» Plus une pareille assertion doit inspirer de confiance, plus il paraît nécessaire de relever ici les erreurs qui l'accompagnent. Ce sont des fautes dans un errata.

Enfin Voltaire, après avoir dit que l'Arioste fut le maître du Tasse, et il entend par-là qu'il fut son modèle, ajoute: «l'Armide est d'après l'Alcine; le voyage des deux chevaliers, qui vont désenchanter Renaud, est absolument imité du voyage d'Astolphe.» Ceci est plus inconcevable encore. Voltaire confond Roger avec Roland; c'est Roger que l'on va chercher dans l'île d'Alcine, et c'est à Roland qu'Astolphe rend la raison. Son voyage n'a certainement aucun rapport avec celui des deux chevaliers du Tasse; ils vont en bateau aux îles Fortunées, et lui dans la Lune sur l'Hippogryphe. L'île enchantée d'Armide est imitée de celle d'Alcine, cela est très-vrai; Renaud est amolli par la volupté dans l'une, comme Roger dans l'autre; ils en sont retirés, et sont rendus à la gloire par deux moyens différents, et qui pourtant se ressemblent. Le voyage des deux chevaliers qui vont désenchanter Renaud, est imité, non du voyage aérien d'Astolphe, mais du voyage de Mélisse, qui, sous la figure d'Atlant, va trouver Roger dans l'île d'Alcine, lui met au doigt l'anneau merveilleux, comme les chevaliers présentent à Renaud le bouclier magique, le fait rougir de son repos, et le désenchante.

Qu'il nous suffise d'avoir rectifié ces trois erreurs. Ne nous y appesantissons pas, ne cherchons pas à les expliquer, et surtout n'en faisons point un crime au vieillard illustre qui, voulant en réparer une de sa jeunesse, les a laissé tomber de sa plume élégante, rapide et amie de la vérité; mais faisons-en notre profit; et dans nos jugements sur la littérature étrangère, instruits par un tel exemple, n'en devenons que plus circonspects.

Ce serait ici le lieu de nous étendre plus particulièrement sur les différentes beautés qui frappent à chaque instant dans la lecture du Roland furieux; de citer au moins quelques-unes de ces descriptions si poétiques, quelques-uns de ces combats trop nombreux peut-être dans le Roland comme dans l'Iliade, mais aussi beaux, plus variés que ceux d'Homère, et que le poëte a peut-être plus habilement distribués dans l'économie générale de son poëme; quelques-uns de ces charmants épisodes, dont la diversité enchante, et dont la multitude étonne; quelques-unes de ces comparaisons si belles, les unes prises immédiatement dans la nature, les autres, et en plus grand nombre, imitées des anciens, et qui sont encore alors de fidèles imitations de la nature; quelques-uns de ces admirables prologues que Voltaire a si justement loués, et auxquels il devait tant de reconnaissance, puisqu'ils lui ont donné l'idée des siens. Des morceaux de tous ces divers genres, même médiocrement traduits, ne pourraient manquer de plaire; mais dans une telle surabondance, que choisir, et où s'arrêter? Comment aussi m'interdire à moi-même, et envier au lecteur, du moins un léger aperçu de ce que lui pourrait offrir une moisson de ce genre faite avec choix dans le Roland furieux, si je ne consultais que son agrément et mon plaisir? Des épisodes cependant et des combats, il n'y faut pas songer; ces morceaux, vus par extrait, ne sont plus les mêmes, et leur étendue défend de les citer tout entiers. Mais les exordes de quelques chants, mais quelques-unes de ces descriptions qui mettent sous les yeux l'objet réel ou idéal que le poëte a voulu peindre, mais un petit nombre de ces belles comparaisons qui décrivent, en les rapprochant, deux objets à la fois, n'auront pas le même inconvénient, et nous dédommageront un peu.

Oh! si quelqu'un voulait monter pour moi

Au paradis! s'il pouvait reprendre

Mon sens commun! s'il daignait me le rendre!

Belle Aglaé, je l'ai perdu pour toi;

Tu m'as rendu plus fou que Roland même;

C'est ton ouvrage: on est fou quand on aime.

Pour retrouver mon esprit égaré,

Il ne faut pas faire un si long voyage.

Tes yeux l'ont pris, il en est éclairé;

Il est errant sur ton charmant visage,

Sur ton beau sein, ce trône des amours.

Il m'abandonne. Un seul regard peut-être,

Un seul baiser peut le rendre à son maître;

»Tout ce jour, et toute la nuit, et la moitié du lendemain, elle s'égara dans mille détours et marcha sans savoir où. Elle se trouve enfin dans un bosquet agréable, que le frais zéphir agite légèrement; deux clairs ruisseaux l'entourent en murmurant, y entretiennent une herbe tendre et toujours nouvelle, et rendent un son qui charme l'oreille, en brisant entre de petits cailloux leur cours paisible. Angélique s'y croit en sûreté s'arrête, descend parmi les fleurs, et laisse son cheval errer sur l'herbe fraîche qui borde ce claires eaux. Elle aperçoit, tout auprès, un buisson d'épines fleuries et de roses vermeilles, qui semble se mirer dans l'onde limpide, garanti du soleil par des chênes au vaste ombrage. Au milieu, un espace vide offre sous l'ombre la plus épaisse un frais asyle; et le feuillage et les rameaux y sont si bien entrelacés que le soleil même et à plus forte raison une vue moins perçante n'y peuvent pénétrer. L'herbe tendre y forme un lit qui invite à s'y reposer. La belle fugitive se place au milieu; elle s'y couche et s'endort. Elle est bientôt réveillée par le bruit que fait un guerrier qui descend de cheval auprès de l'un des ruisseaux, se couche sur le bord, et la tête appuyée sur sa main, se met à rêver profondément. Il s'y répand en plaintes amères contre la dame à qui il avait donné son cœur et qui a donné le sien à un autre; et cette dame est Angélique elle-même; et ce guerrier est un de ses amants; et dans ses plaintes amoureuses il mêle cette charmante imitation de Catulle, que tout le monde sait par cœur:

La jeune fille est semblable à la rose,

Il faut avouer qu'un poëme qui, dès le début, offre de telles peintures, où ces peintures sont presque innombrables, et qui, lorsque le sujet l'exige, en présente d'aussi fortes et d'aussi terribles que celles-ci est douce et gracieuse, n'a, quant aux descriptions, aucune rivalité, ni aucun parallèle à craindre.

C'est surtout dans les fréquentes descriptions de combats que sont employées ces fortes et terribles couleurs. L'un des moyens dont le poëte se sert pour ajouter encore à la représentation effrayante de ces grandes scènes de destruction, ce sont les comparaisons; et il en prend alors le plus souvent les objets parmi les animaux féroces, dont l'homme semble vouloir imiter les fureurs. Quelquefois, à l'exemple d'Homère, il accumule ces comparaisons pour augmenter la terreur, et paraît encore moins occupé de frapper l'imagination du lecteur que de soulager la sienne.

Je m'aperçois, peut-être un peu tard, que je me laisse entraîner au plaisir de citer de si beaux traits. Ils ne font que m'en rappeler d'autres que je voudrais citer encore, et si je m'arrêtais à ces derniers, ils me laisseraient le même désir. Au reste, le Roland furieux, sans être encore véritablement traduit dans notre langue, y a cependant plusieurs traductions que l'on peut lire, et qui sont entre les mains de tout le monde; au lieu de multiplier les citations, je dirai donc même à ceux qui n'entendent pas l'italien: Lisez le Roland furieux; ou plutôt je leur répéterai: Apprenez l'italien pour le lire dans sa langue originale, et ne dussiez-vous jamais y lire autre chose que le Roland furieux, apprenez toujours l'italien.

Il me reste à donner une nouvelle preuve de cette avidité d'inventions dont l'imagination de l'Arioste était tourmentée, et qui semblait réellement aller jusqu'à l'insatiabilité. On a conservé de lui un grand fragment épisodique si dépendant de l'action générale de son poëme, qu'on ne lui peut assigner aucune destination différente, et si étranger cependant à toutes les parties de cette action, comprises dans le Roland furieux, que personne n'a pu deviner quelle en pouvait être la place. Ce fragment divisé en cinq chants, que l'on trouve dans la plupart des bonnes éditions, mis à la suite du poëme, n'est point connu sous un autre titre que celui même des cinq chants, I cinque canti. Le premier de ces cinq chants commence sans exposition et paraît lui-même une suite de quelque autre chant. Le dernier ne va pas jusqu'à un point de l'action qui puisse en annoncer le terme. On n'a donc pu former que des conjectures sur le poëme, ou le projet de poëme, dont ils faisaient partie.

On voit à la simple lecture que c'est une suite du Roland furieux. Les mêmes personnages y pariassent, l'action commence où finit celle du Roland; le même merveilleux y est employé; les mêmes formes y sont suivies; les débuts de chant, les interruptions, les adieux à l'auditoire ou aux lecteurs à la fin de chacun des chants, tout annonce, ou une partie du Roland qui en a été retranchée, ou un second roman épique qui aurait fait suite au premier. Charlemagne et ses pairs conduits à leur perte par les intrigues de Ganelon de Mayence en sont visiblement le sujet. On voit du moins une grande trahison ourdie contre eux par ce paladin perfide. Il est a remarquer que lui, qui joue un rôle si odieux dans tous les poëmes dont Charlemagne et les chevaliers de la maison de Clairmont sont les héros, ne paraît point dans le Roland furieux. Le comte Anselme et son fils Pinabel sont les seuls de cette odieuse race que l'on voie tendre des piéges et y tomber. Ici, c'est Ganelon même qui revient sur la scène; mais il n'agit pas de son propre mouvement; il est l'instrument de la vengeance des fées, et surtout d'Alcine, furieuse de la perte de Roger. Charles, après de premiers avantages contre les ennemis que Ganelon lui suscite, éprouve déjà une défaite; précipité d'un pont, qu'il défendait en personne, il tombe dans la rivière; son cheval a de la peine à le ramener au bord. C'est là que finit le fragment, et l'Arioste n'a laissé aucune note ni aucune esquisse du reste.

L'Arioste se rendit judicieusement à ces raisons. Il retrancha tout ce qui venait après la victoire de Roger sur Rodomont, et laissa le lecteur satisfait de voir la France délivrée des Sarrazins, et Bradamante unie à son cher Roger. Ayant ainsi réduit son action à la juste étendue qu'elle devait avoir, il donna tous ses soins à perfectionner et à polir les chants qu'il avait conservés, il oublia entièrement les cinq dont il avait fait le sacrifice.

Cela explique parfaitement et leur composition et les défauts que l'on y trouve. Ce ne sont pas seulement des lacunes et des négligences, mais des fautes de versification et même de langue. Elles sont si graves et en si grand nombre que le Ruscelli ne semble pas trop dire quand il assure que si l'auteur était rendu à la vie, il serait très-affligé de voir qu'on eût publié sous son nom, après sa mort, ce qu'il n'avait jamais eu l'intention de rendre public.

Mais quoique ce ne soient que des ébauches, on y trouve des morceaux qui ne seraient pas déplacés dans un ouvrage complet et achevé. Telle est, au premier chant, l'assemblée générale des fées dans le magnifique palais de leur roi Démogorgon; telle est encore la description de l'Envie et de l'antre où ce monstre habite; telle est surtout dans le second chant la peinture du Soupçon personnifié, dont Alcine fait choix pour l'envoyer troubler le cœur de Didier, roi des Lombards, et pour exciter ce roi à se soulever contre Charlemagne. Cet ingénieux épisode mérite d'être connu.

«Ne vous ennuyez pas de m'entendre, ajoute-t-il à sa manière accoutumée; je ne suis pas si loin de mon sujet que vous pensez. J'ai même à vous raconter quelque chose qui vous fera voir que tout ceci vient fort à propos. Un de ceux dont je vous parlais, celui qui le premier se laissa croître la barbe pour écarter de lui des gens qui pouvaient d'un seul coup lui ôter la vie, fit bâtir dans son palais une tour environnée de fossés profonds et de gros murs; elle n'avait qu'un pont-levis; point d'autre ouverture qu'on balcon étroit par où le jour et l'air pouvaient à peine entrer. C'était là qu'il dormait la nuit. Sa femme, qu'il y tenait renfermée, lui jetait une échelle par laquelle il montait. Un dogue énorme gardait cette entrée.... Mais tant de précautions furent inutiles; sa femme finit par l'assassiner avec sa propre épée. Son ame alla droit aux enfers, et Rhadamante l'envoya dans les lieux où sont les plus cruels supplices. Au grand étonnement de son juge, il s'y trouva fort à son aise. Le Soupçon, disait-il, lui avait fait souffrir dans sa vie de si cruelles tortures, que la seule pensée d'en être délivré le rendait insensible à toutes les douleurs.

C'est ainsi que cette détestable fée reprend et punit le peu de ses anciens amants qui ont pu s'enfuir de son île. Elle fait si bien qu'elle leur inspire le désir de voyager sur mer; elle envoie à la suite de leur vaisseau sa baleine, qui tôt ou tard parvient à les engloutir. Ils y vieillissent, et ils y meurent. Leurs tombeaux remplissent les lieux les plus bas de ce séjour. A mesure qu'ils se succèdent, ils se rendent les uns aux autres les derniers devoirs. Lui qui parle, et qui est parvenu à la plus extrême vieillesse, y arriva très-jeune; il y trouva deux vieillards qui étaient là depuis le temps de leur adolescence, et y avaient rencontré d'autres vieillards, descendus dès leur premier printemps dans ce gouffre, d'où l'on ne peut jamais sortir. Deux chevaliers y sont arrivés depuis peu; ils étaient trois; Roger fera le quatrième. Le vieillard l'exhorte à prendre son parti sur un mal sans remède, et à jouir, en attendant, du peu de douceurs qu'ils peuvent encore se procurer.

Nous avons vu éclore et croître par degrés en Italie le roman épique proprement dit. Quand l'Arioste préféra ce genre à celui de l'épopée héroïque, il s'en était formé dans son esprit un modèle idéal, supérieur à ce qu'on avait fait jusqu'alors; et ce modèle, il l'exécuta si bien que l'on a pu tracer, d'après son poëme, les règles de l'épopée romanesque, de même qu'on a tracé, d'après l'Iliade, l'Odyssée et l'Énéide, les règles du poëme héroïque. Plusieurs auteurs italiens, tels que le Pigna, le Giraldi et d'autres encore ont fait des livres sur cette matière. Il serait facile, mais superflu de tirer de ces livres la poétique particulière à ce genre d'épopée. Ce qui précède suffit pour faire voir qu'avec plusieurs règles communes, le poëme romanesque et le poëme héroïque ont entre eux des différence constitutives.

De toutes ces différences, il est vrai, aux yeux de critiques austères, tels que le Muzio dans son Art poétique en vers, le Minturno dans sa Poétique en prose, le Castelvetro dans son commentaire sur la Poétique d'Aristote, et le Quadrio lui-même, il ne résulte dans l'épopée romanesque que des vices, qui en font un genre inférieur au poëme héroïque; ces vices sont même si graves que le poëme romanesque le plus parfait est encore nécessairement un mauvais poëme. Quand même cet arrêt serait rigoureusement juste, ce serait peut-être l'un de ces cas où la justice excessive est une excessive injustice. Et que peut-on opposer au plaisir et à l'approbation de toute une nation éclairée et sensible, à la constance et à l'universalité de son admiration depuis trois siècles? La multiplicité d'actions et de personnages principaux, l'étendue illimitée des lieux, les effets prodigieux des puissances magiques, tout cela dirigé par le goût, comme il faut sans doute qu'il le soit, n'ouvre-t-il pas un champ plus vaste aux créations du génie et aux jouissances du lecteur?

La nature entière est à la disposition du poëte romancier: il se crée une seconde nature, où il puise de nouveaux trésors. Il les dispose, les ordonne et les met en œuvre à son gré. Tout ce que la raison la plus saine et l'imagination la plus libre ont jamais dicté aux hommes lui appartient. Il en use comme de son bien propre; et s'il est véritablement poëte, s'il l'est surtout par le style, lors même qu'il ne fera qu'employer les inventions des autres, il passera pour inventeur.

Singulier et bien remarquable privilége du génie de style, ou du talent d'exécution! Nous ignorons ce qu'inventa réellement Homère; des faits héroïques dont la mémoire était récente, des fictions mythologiques qui formaient la croyance commune; en un mot des traditions de toute espèce, qu'il employa comme il les avait reçues, mais mieux sans doute que d'autres poëtes ne les avaient employées jusqu'alors, forment évidemment la plus grande partie de ses deux poëmes. Des traditions historiques, des fables déjà surannées, mais encore en quelque crédit, et les fictions mêmes d'Homère, font presque toute la matière du poëme de Virgile. Enfin l'Arioste, celui de tous les poëtes qui ont existé depuis Homère, qui ait eu peut-être plus de rapports avec lui, n'a fait que continuer une action commencée par un autre poëte, faire mouvoir des caractères déjà créés et déterminés, employer un merveilleux universellement convenu, se servir de formes inventées avant lui, prendre presque à toutes mains des événements, des aventures, des contes même de toute espèce, et les encadrer dans son plan; et cependant il passe pour celui de tous les poêles modernes dont l'imagination a été la plus féconde et le génie le plus inventif. C'est qu'il invente beaucoup dans les détails, beaucoup dans le style, et que toutes ses imitations sont parfaites; en un mot, pour ne pas répéter ce que j'ai dit de lui, c'est qu'il possède au degré le plus éminent deux talents, qui sont peut-être les premiers de tous dans un poëte, le talent d'écrire et celui de peindre, ou si l'on veut, le dessin et le coloris.

Au reste, quelque jugement définitif que l'on porte, ce genre d'épopée est un genre à part; il a ses chefs-d'œuvre et ses modèles, comme l'épopée des anciens. Il appartient en propre à l'Italie moderne. Il se vante d'avoir produit un de ces grands poëmes qui font époque dans l'histoire de l'esprit humain, qui éternellement critiqués peut-être, mais aussi éternellement loués, ne risquent jamais de tomber dans ce gouffre de l'oubli qui en engloutit tant d'autres, et seront à jamais un objet d'intérêt et de discussion parmi les hommes; où tous les arts puisent, toutes les imaginations s'alimentent, tous les esprits des générations qui se succèdent vont chercher d'agréables délassements.

Voilà ce qui est certain, ce qui suffit pour autoriser l'admiration, même l'enthousiasme, ce qui doit porter les étrangers à faire de l'Arioste, non pas une lecture superficielle, mais une étude attentive, je dirais même approfondie, si cette idée d'une étude profonde n'était pas propre à effrayer; si elle ne faisait pas craindre quelque chose de fatigant et de pénible qu'on ne risque jamais de trouver dans le Roland furieux, de quelque façon qu'on l'étudie.

Ne le critiquons donc pas, et arrêtons-nous ici, non dans la crainte de paraître incivils, car on peut bien reprendre ce qu'il y a de répréhensible dans un grand poëte, sans cesser d'être poli, mais dans la crainte d'être ennuyeux, accident plus fâcheux, et qui, dans l'exercice de la critique, est peut-être, et c'est beaucoup dire, encore plus commun que l'impolitesse.

CHAPITRE X.

Roland amoureux, refait par le Berni; Premières entreprises de Roland, poëme du Dolce; Angélique amoureuse, poëme du Brusantini, suite et fin des poëmes romanesques sur Charlemagne, Roland, Renaud et les autres paladins de France.

Le Bojardo était tombé dans la très-grande erreur de traiter trop sérieusement les jeux de son imagination chevaleresque, et de vouloir presque toujours parler du ton de la raison, dans des sujets qui y sont aussi naturellement étrangers que toutes ces fables de la chevalerie errante et de la féerie; cette même faute fut commise par le plus grand nombre de ses imitateurs. L'Arioste, avec une finesse de goût égale à l'étendue de son génie, avait aperçu le premier quelle liberté de ton, quelle variété de style y était nécessaire. Il avait donné le vrai modèle de cette sorte de poëmes. Plusieurs poëtes tâchaient de l'imiter; mais ce n'était pas assez, pour y réussir, de sentir que la route qu'il avait frayée était la meilleure; il fallait avoir, pour la suivre, un talent aussi flexible que le sien, et de plus, un esprit original qui garantît l'imitateur de ne paraître qu'un copiste.

Il existait alors un poëte qui poussait l'originalité jusqu'à la bizarrerie, dont le principal talent était celui de la satyre, et qui, secondé de quelques esprits fantasques et capricieux comme lui, avait introduit dans ce genre, essentiellement ami de la raison, le langage de la folie et une liberté presque sans frein. C'était Francesco Berni. Sa Vie appartient à la classe des poëtes satyriques, et je dois en rejeter la notice jusqu'au moment où je m'occuperai d'eux; mais c'est ici le lieu de parler, plus particulièrement que je ne l'ai fait, de son travail sur le Roland amoureux du Bojardo.

On avait beaucoup lu ce poëme avant que l'Arioste eût publié le sien. Mais le Roland furieux fit totalement oublier l'autre; on eut beau y faire une suite, comme degli Agostini; on eut beau le réformer, comme le Domenichi, la seule réforme à y faire était de le refondre tout entier, de le dégager des formes trop sérieuses que le Bojardo lui avait données, et d'emprunter, pour le repeindre, des couleurs à la palette de l'Arioste. Le Berni osa l'entreprendre; et ce qu'il y a de plus étonnant, ce n'est pas qu'il y ait réussi, c'est qu'avec un génie si libre et si indépendant, il se soit assujéti à suivre l'auteur original, chant par chant, et presque octave par octave. C'est donc presque uniquement le style qu'il a refait; mais encore une fois, c'est surtout le style qui fait vivre les poëmes; et comme le Roland amoureux, refait par le Berni, et celui de tous les romans épiques italiens qui s'approche le plus du Roland furieux, quant au style, c'est aussi, après le Roland furieux, le roman épique qu'on lit le plus.

Cette façon de s'emparer du bien d'autrui et de se le rendre propre ne manqua pas de censeurs. L'Arétin dans le prologue de sa comédie de l'Hypocrite, le Doni dans sa Librairie et dans ses Mondes, blâmèrent durement le Berni. Il les laissa dire: les éditions de son Roland amoureux se multiplièrent. On avait cessé, dès auparavant, d'en faire de celui du Bojardo, et ce qu'il y a de très-vrai, quoique cela paraisse contradictoire, c'est qu'en l'effaçant par la manière dont il refit son ouvrage, il lui conserva sa renommée. Elle eût péri si le Bojardo n'eût été que l'auteur d'un poëme qu'on eût cessé de lire; mais en relisant ce poëme refait par le Berni, on se rappelle toujours, on revoit même toujours au titre du livre qu'il fut d'abord fait par le Bojardo, et c'est grâce au style du second de ces deux poëtes que l'on jouit des inventions du premier.

Ce que le Berni a le plus heureusement imité de l'Arioste, ce sont ses exordes ou débuts de chant. Il y en a de tous les tons et de tous les genres. Le genre satyrique, qui était habituellement le sien, domine souvent, il est vrai, dans ces petits prologues, et le sel en est quelquefois assez âcre, tandis que l'Arioste dans quelques-uns des siens, non plus que dans ses satyres, ne va jamais au-delà d'une censure sans aigreur et d'une malignité riante. Mais il y en a dans le poëme du Berni où l'on croit entendre plaisanter l'Arioste lui-même. En voici, je crois, un exemple, dans le début du quatrième chant: «Je ne suis ni assez ignorant ni assez savant pour pouvoir parler de l'amour ni en bien ni en mal; pour dire s'il est au-dessus ou au-dessous du jugement et du langage que nous tenons de la nature; si l'homme est porté de lui-même à être tantôt humain et tantôt féroce, ou s'il y est porté par l'amour; s'il y a de la fatalité ou du choix, si c'est une chose que l'homme prenne et quitte quand il veut. Quand on voit dans un pâturage deux taureaux combattre pour une génisse, ou deux chiens pour une chienne, il paraît alors que c'est la nature qui les force à se traiter de cette étrange façon. Quand on voit ensuite que la vigilance, le soin, l'occupation, l'absence nous garantissent de cette peste, ou si vous voulez de cette galanterie, alors il semble qu'elle ne vient que de notre choix. Tant d'hommes de bien en ont parlé, en ont écrit, en grec, en latin, en hébreu, à Rome, à Athènes, en Égypte! L'un tient que c'est chose excellente; un autre, chose détestable. Je ne sais qui a tort ou raison: je ne veux prendre les armes ni pour ni contre: tant y a que l'amour est un mal étrange et dangereux, et Dieu garde chacun de nous de tomber en sa puissance!»

Voici qui me paraît encore aimable et gracieux comme les plaisanteries de l'Arioste. Roland et Renaud se battaient pour Angélique; c'est elle-même qui les sépare, et qui trompe le comte d'Angers pour l'éloigner du champ de bataille.

Je n'en dirai pas davantage sur cette production, heureuse sous plus d'un rapport, puisqu'elle dut, au fond, coûter peu de peine à l'auteur, qu'elle est pourtant le fondement le plus solide de sa réputation, qu'elle a mis au nombre des lectures les plus agréables un roman épique plein d'invention, mais qui, privé de style, serait peut-être depuis long-temps dans l'oubli, et qu'elle a ainsi, comme je l'ai dit, conservé la renommée du premier auteur au lieu de l'éteindre.

Dans les suivants, l'auteur a réuni avec assez d'adresse aux aventures de Milon, père de Roland, celles de Roger, père de ce jeune héros qui paraît avec tant d'éclat dans le poëme de l'Arioste. Garnier, frère d'Agolant roi d'Afrique, dont Charlemagne a tué le père dans une de ses guerres d'Espagne, vient attaquer l'Italie. Charles envoie contre lui des troupes commandées par Milon, qu'il a rappelé de son exil. Garnier est vaincu et tué. Agolant rassemble une armée formidable pour venger à la fois son frère et son père. Il se fait précéder par son fils Almont, qui vient assiéger dans Risa le brave Roger. Il le défie en combat singulier. Roger l'abat, dédaigne de le tuer, et refuse même de le faire prisonnier. Galacielle, sœur guerrière d'Almont, veut prendre la revanche de son frère. Roger l'abat de même; et comme elle était aussi belle que brave, au lieu de la refuser pour prisonnière, il l'emmène dans sa ville, en devient amoureux; elle de lui; elle se fait chrétienne, il l'épouse.

Agolant passe enfin en Italie avec son armée. Charlemagne y envoie contre lui de nouvelles troupes. Milon rétablit les affaires, et remporte plusieurs victoires sur les Africains. L'empereur se rend lui-même à Rome. La guerre devient plus terrible. Almont tue dans un combat le brave Milon.

Charlemagne en veut tirer vengeance; il cherche Almont, le rencontre, l'attaque. Le jeune Roland survient sans armes. Il avait quitté la France, où Charles le croyait encore. Il cherchait partout son père: il apprend sa mort, il trouve l'empereur aux mains avec son meurtrier; c'est à lui de venger un père; il saisit une moitié de lance armée de fer, et avec cette arme seule attaque intrépidement Almont et le tue. Charlemagne, enchanté de cet exploit, arme Roland chevalier, et lui donne l'épée Durandal, le casque magique et les autres armes que portait Almont. Roland ainsi armé continue de faire des choses admirables. Agolant est tué dans une bataille, mais par un autre guerrier que Roland. Trojan, fils d'Agolant, part d'Afrique avec une nouvelle armée, pour venger son père, comme Agolant en était parti pour venger le sien; et il a le même succès. Roland est envoyé contre lui et le tue de sa main.

Sa femme et sa sœur le cherchent inutilement en France et en Italie. Bradamante était enceinte et près de son terme; forcée de s'arrêter entre l'Adige et la Brenta, dans un lieu qui devient le berceau de la maison d'Este, elle y met au monde un fils dont les princes de cette maison doivent descendre. Après avoir confié son enfant aux bons habitants de ce lieu, elle rentre en France avec Marfise cherchant toujours son cher Roger. Arrivée jusqu'à Montauban sans en avoir eu de nouvelles, Roger lui apparaît en songe, lui révèle le crime des Mayençais, et l'endroit même où son corps est enterré, à la porte du château. Bradamante et Marfise y vont, creusent la terre et trouvent les restes inanimés de Roger. Elles les envoient à Paris dans une caisse construite au village voisin, et quand elles ont rempli ce devoir pieux, elles entrent dans le château, le fer et le feu à la main, tuent tout ce qu'elles rencontrent de Mayençais, le perfide Ganelon le premier, Cino, Ginami, Laran, Emeril, enfin toute la race; mettent le feu au château de Ponthieu, à celui de Hanterive, et détruisent de fond en comble tout ce qui avait appartenu à ces perfides.

On sent facilement le vice radical de ce poëme, écrit d'ailleurs d'un style froid, lourd, et totalement dépourvu d'enjouement et de grâces. L'auteur a beau y semer les épisodes, les descriptions, les comparaisons, les combats; il a beau, à l'imitation de l'Arioste, commencer tous ses chants par des maximes sur la valeur des chevaliers, sur les vices et les vertus, sur la jalousie, sur l'amour; il a beau remettre en scène presque tous les personnages du Roland furieux, employer les mêmes machines, faire jouer les mêmes ressorts; les enchantements ont beau y être encore, les illusions n'y sont plus.

Depuis que le signal fut donné de chanter les hauts faits de Charlemagne, de Roland et des autres paladins, un nombre presque infini de poëtes, attirés par cette facilité que semblait offrir l'épopée romanesque, se jetèrent sur ce sujet fertile, et le traitèrent selon les caprices de leur imagination et la mesure de leur talent. Les uns, même après la publication du Roland furieux, continuèrent de traiter ces sujets à leur fantaisie, comme s'ils avaient écrit un siècle auparavant, et comme s'il n'y avait eu dans le monde ni un Arioste, ni un Bojardo; les autres voulurent marcher sur les traces de l'Arioste et se proposèrent de l'imiter. Ils forment comme une école, où l'on reconnaît quelquefois, dans les élèves, la manière et les couleurs du maître, mais dont aucun n'a pu ni le suivre de près, ni à plus forte raison l'égaler.

Telle est la cause peu édifiante et tout aussi peu noble de la guerre que Fondano, frère de Trafumier et oncle de Bélisandre, déclare à la France pour venger son frère et ravoir sa nièce. Roland, Renaud, Olivier, y font, comme à leur ordinaire, de grandes prouesses, et Ganelon des trahisons viles et odieuses. Renaud se brouille avec l'empereur, et se révolte contre lui. Il devient roi de Russie; mais enfin il se réconcilie avec Charlemagne, délivre ses paladins, qui étaient presque tous prisonniers, chasse avec eux les Africains, laisse là ses Russes, et revient à Montauban.

Ce poëme, quoique imprimé seulement au seizième siècle, paraît être au moins du quinzième. C'est bien la même platitude, la même incorrection, les mêmes impropriétés, en un mot le même style que celui des romans de cette première époque; et l'auteur ne manque pas de commencer tous ses chants, comme on le faisait alors, par une prière à Dieu le père, à Dieu le fils, au S.-Esprit, á la Vierge, à S.-Pierre, à S.-Marc, à Ste.-Madeleine, à tous les Saints. Mais il y a dans le Beuve d'Antone et dans la Spagna une sorte d'intérêt qui n'est point dans celui-ci, où l'on ne voit que des guerres extravagantes, qui n'ont, dans l'origine, d'autre cause que la fantaisie libertine d'un vieux débauché d'empereur.

Il faudrait au moins qu'au milieu de ces contes prolixes de géants et de magiciens, de coups de lance, d'épée et de massue, au milieu de ces éternels combats et de ces tristes enchantements, il se trouvât quelque idée moins rebattue, quelque invention moins triviale qui prouvât que l'auteur, sans savoir, si l'on veut, ni bien penser, ni bien écrire, ni conduire avec un peu d'art une fable susceptible de quelque intérêt, ne se traînât pas toujours dans des routes tant de fois battues, essayât de s'en frayer d'autres, et fît quelque tentative nouvelle, dût-elle n'être pas plus heureusement imaginée, ni plus habilement conduite que les autres.

Après la première surprise de part et d'autre, Renaud interroge la Nature, qui lui répond et l'instruit sans quitter un instant son ouvrage. Il avait cru que l'esprit de Dieu, l'intelligence divine, était la Nature; que c'était là que tout était créé, et que nul autre que Dieu même ne pouvait rien tirer du néant. Il avait cru de même que la Fortune n'était que la volonté de Dieu; mais puisque la Nature est un être existant par soi-même, il est possible qu'il en soit ainsi de la Fortune. Cela est vrai, lui dit la Nature; la Fortune est ma sœur: Dieu nous créa le même jour; il lui donna l'empire universel sur toutes les choses que je produis. Tu m'as trouvée sous terre en Afrique: tu la trouveras en Asie dans une plaine magnifique et riante; mais il existe une autre femme plus grande que nous deux, que je ne puis te nommer, et que tu trouveras en Europe sur une haute montagne. Renaud jure d'aller chercher cette troisième femme dès qu'il aura trouvé la seconde.

Pour la créature de l'autre sexe que la Nature projette de former, elle a réuni dans une salle parfumée des plus douces odeurs des objets d'une richesse et d'une beauté qui n'ont rien d'égal sur la terre. Il faudra bien des siècles pour fondre ensemble et amalgamer ces riches matériaux, et pour en faire une femme au-dessus de tout ce que son sexe a jamais eu de plus parfait. La nature indique le temps et le lieu de sa naissance. Elle refuse de dire son nom; mais le poëte l'a reconnue à tant de merveilles. Une seule femme existe en qui on les admire toutes. Là dessus, il désigne si bien la dame de ses pensées, qui était à ce qu'il paraît une très-grande dame, que ses contemporains et surtout elle-même durent facilement l'entendre. Il serait difficile aujourd'hui de le deviner; mais on a peu d'intérêt à le savoir.

On voit par ce morceau satyrique, qui, s'il était écrit avec plus de force, ne serait pas indigne du Dante, que depuis la Ligue de Cambrai, Venise, quoique réconciliée en apparence avec les papes, conservait d'amers souvenirs, et que le doge Gritti n'était point du tout ami de Rome; mais il faut se rappeler aussi quelle était l'existence politique et morale de Rome lorsque ce poëme fut écrit, c'est-à-dire sous Léon X et Clément VII.

Il est trop aisé de sentir les vices d'une pareille fable, interrompue à tout moment par les expéditions de Charlemagne et par les digressions de l'auteur. Les visions allégoriques de Renaud, amenées et présentées sans art et sans vraisemblance, ont néanmoins un but philosophique très-remarquable et qui peut-être les ferait lire, s'il ne manquait au poëme entier ce qui seul fait lire les ouvrages, le style. C'est un défaut commun au plus grand nombre des poëmes de cette époque et de ce genre. La tentative que fit Lodovici d'employer la terza rima, dans l'épopée ne réussit pas; et personne n'osa la renouveler après lui.

NOTES AJOUTÉES.

Addition à la note[298].--Ce titre de Lancelot de la Charrette, donné par Chrestien de Troyes à l'un de ses romans, n'est fondé, ni, comme quelques auteurs l'avaient avancé, sur ce que la mère de Lancelot était accouchée de lui dans une charrette, ni, comme l'a plus récemment écrit M. Chénier, parce que la méchante fée Morgane enferma plusieurs fois Lancelot dans le château de la Charrette. Ce n'est pas non plus, comme il l'a cru, la seconde partie seulement, ajoutée par Godefroy de Ligny, qui porte ce titre, c'est le roman tout entier commencé par Chrestien, et fini par ce continuateur; et l'auteur lui donne ce titre à cause du grand rôle qu'une charrette y joue. Lancelot, qui cherche de tous côtés la reine Genèvre, est engagé par un méchant nain à monter, pour la joindre plus vite, dans une charrette qu'il conduit. Or cette voiture était alors celle où l'on ne plaçait que les criminels condamnés à mort pour des crimes honteux.

De ce servoit charrette lors

Dont li piloris servent ors;

Et en chascune boene vile

Ou ors en a plus de trois mile,

N'en avoit à cel tens que une

Et cele estoit à ces comune.

. . . . . . . . . . . . . . . . .

Qui a forfeit estoit repris

S'estoit sur la charrette mis

Et menez par totes les rues;

S'avoit totes honors perdues,

Ne puiz n'estoit à Cort oïz

Lancelot, qui a été vu dans cet équipage, fait long-temps les exploits les plus étonnants, sans pouvoir effacer le mauvais effet que la vue de sa voiture a produit; ce qui fait naître, l'un après l'autre, plusieurs incidents singuliers. Dans le grand roman de Lancelot-du-Lac, ce héros est en effet détenu par la fée Morgane au château de la Charrette; mais le romancier ne dit pas l'origine de ce nom; rien n'annonce dans ce château ce qui le lui a fait donner, et il n'y a aucune liaison entre cet épisode et le roman commencé par Chrestien de Troyes. Dans son discours sur les anciens romans français, imprimé en 1809 (Mercure du 14 octobre), M. Chénier, dont la perte prématurée a été si douloureuse pour tous ceux qui préfèrent la gloire littéraire de la France à un sot esprit de parti, a fort bien démêlé quelques erreurs des écrivains qui ont traité avant lui cette matière; mais il est lui-même tombé dans quelques autres. Il ne croit point que les romans en prose aient précédé nos vieux romans en vers; il fait deux poëtes de Huistace, auteur du Brut, et de Gasse auteur du Rou, quoique maître Gasse, Vace, Vistace, Huistace, et comme quelques-uns l'ont appelé, Eustace ou Eustache, ne soient très-probablement que le même poëte. Au contraire, il veut que Chrestien de Troyes soit le même que Manessier ou Menessier, et il affirme que ce dernier nom est le véritable (erreur, au reste, qu'il partage avec la plupart de nos historiographes et biographes littéraires), tandis que Manessier ne fut que le second continuateur du roman de Perceval le Gallois, que Gaultier de Denet continua le premier après Chrestien; il fait vivre sous Léon X le Bojardo, qui était mort avant la fin du quinzième siècle, etc. Ces inexactitudes et quelques autres semblables n'empêchent pas qu'il ne soit infiniment à regretter que M. Chénier n'ait pas achevé l'ouvrage dont ce Discours fait partie. En revoyant son travail, il les eût facilement reconnues et corrigées, et nous aurions sur l'histoire de notre littérature un bon ouvrage qui nous manque, et que personne n'est en état de faire aussi bien que lui.

Page 342, ligne 1.--«Il (le Bojardo) était certainement poëte par l'imagination; mais on risque peu de se tromper en disant qu'il l'était beaucoup moins par le style.»--La preuve en est dans la réforme que le poëme entier a subie, et qui rend très-difficile, en Italie même, à plus forte raison en France, de se le procurer dans l'état où le Bojardo l'avait laissé. Après quatre ou cinq éditions du texte seul, après les deux ou trois qui avaient paru avec la continuation d'Agostini, le Domenichi en voulut donner une qui fût purgée de tous les défauts que l'auteur y eût corrigés lui-même, si la mort ne l'eût prévenu, et de ceux que l'état de corruption où la langue était retombée de son temps, ne lui avait pas permis d'apercevoir. Son édition a pour titre: Orlando innamorato del sig. Matteo Maria Bojardo, conte di Scandiano, insieme co i tre libri di Niccolo degli Agostini, nuovamente riformato per M. Lodovico Domenichi, etc., Vinegia, appresso Girolamo Scotto, 1745, in-4º. Il dit dans sa dédicace, adressée à Giberto Pio di Sassuolo: «V. S. illma. havrà da me l'Orlando innamorato del Bojardo..... e l'havrà riformato in meglio in quei luoghi, dove l'autore prevenuto dalla morte e impedito dalla rozzezza del suo tempo, nel quale questa lingua italiana desiderava la pulitezza de i nostri giorni, non gli puote dar quello ornamento, ch' era dell' animo suo.» Cette édition est celle dont j'ai tiré les citations répandues dans les notes de ce chapitre VI. J'ai pensé qu'étant plus rapprochées du style moderne, elles conviendraient à plus de lecteurs. J'avais cependant sous les yeux la dernière édition antérieure à la réformation du Domenichi, Vinegia, 1539, in-4º.; et, pour satisfaire ceux qui peuvent être curieux de ces détails, je finirai ce qui regarde l'Orlando innamorato, en rapprochant ici les trois premières stances originales du Bojardo de celles de son réformateur.

STANCES ORIGINALES.

Signori e cavallier che v'adunati Per odir cose dilettose e nove Stati attenti, quieti, et ascoltati La bell' historia che'l mio canto move. Et odereti i gesti smisurati, L'alta fatica e le mirabil prove Che fece il franco Orlando per amore Nel tempo del re Carlo imperatore. Non vi par già, signor, maraviglioso Odir contar d'Orlando innamorato Che qualunque nel mondo è più orgoglios E d'amor vinto al tutto e soggiogato, Nè forte braccio, nè ardire animoso, Nè scudo ò maglia, ne brando affilato, Nè altra possanza può mai far diffesa Ch' al fin non sia d'amor battuta e presa. Questa novella è nota a poca gente, Perchè Turpino istesso la nascose Credendo forsi a quel conte valente, Esser le sue scritture dispettose, Poichè contra ad amor pur fu perdente Colui che vinse tutte le altre cose, Dico d'Orlando, il cavalier adatto; Non più parole, hormai veniamo al fatto.

STANCES RÉFORMÉES.

Se come mostra il taciturno aspetto, Per haver dal mio canto alcun diletto, Piaciavi di silentio esser mi grati; Che dirve cose nuove io vi prometto Prove d'arme ed affetti innamorati D'Orlando, in seguitar Marte e Cupido; Onde n'è giunto al secol nostro il grido. Forse parrà di maraviglia degno, Che ne l'alma d'Orlando entrasse amore, Sendo egli stato a più d'un chiaro segno Di maturo saper, di saggio core; Ma non è al mondo così scaltro ingegno, Che non s'accenda d'amoroso ardore, Testimonio ne fan l'antiche curie Dove ne son mille memorie sparte. Questa historia fin hor poco palese E stata per industria di Turpino; Che di lasciarla uscir sempre contese Per non ingiuriar il paladino; Il qual poiche ad Amor prigion si rese Quasi a perder se stesso andò vicino. Però fu lo scrittor saggio ed accorto, Che far non volse al caro amico torto.

On peut juger par cet exemple de ce que c'est, presque d'un bout à l'autre du poëme, que ce qu'on appelle la réformation du Domenichi.

FIN DU QUATRIÈME VOLUME.

IMPRIMERIE DE MOREAU, RUE COQUILLIÈRE, Nº 27.

Notes in this chapter

Note 1 · Note 616: (retour) La Petite Iliade, la Phocæide, les Cercopes, les Epiciclides, la Prise d'Œcalie, les Cypriaques, les Épigones ou la PriseNote 2 · Chacune de ces espèces peut se subdiviser encore. Et comment établir des règles qui puissent convenir en même temps à tant d'espèces différeNote 3 · Note 617: (retour) Le donne, i cavalier, l'arme, gli amori Le cortesie, l'audaci imprese io canto, etc. (C. I, st. 1.)Note 4 · Note 618: (retour) Diró d'Orlando in un medesmo tratto Cosa non detta in prosa mai nè in rima. (St. 2.)Note 5 · Note 619: (retour) Voi sentirete fra i più degni eroi Che nominar con laude m'apparecchio, Ricordar quel Ruggier che fu di voi E de' vostNote 6 · L'Arioste, en courtisan délicat, n'annonça pas d'abord son projet; il ne donna point pour titre à son poëme le nom de Roger, que toutes les Note 7 · Note 620: (retour) J'ai observé dans l'extrait du Bojardo la différence qui existe ici entre la version de l'Arioste et la sienne; ci-dessusNote 8 · Note 621: (retour) Orlando innamorato, c. III; ci-dessus, p. 307.Note 9 · Note 622: (retour) Orlando furioso , c. I. C'est là qu'est ce trait charmant devenu proverbe: O gran bontà de' cavalieri antiqui! etc. (St. Note 10 · L'Arioste a choisi avec beaucoup de discernement le point de l'action du Bojardo où il devait commencer la sienne. C'est lorsqu'une rixe s'éNote 11 · Note 623: (retour) Orlando innamorato, c. III; ci-dessus, p. 306.Note 12 · Bientôt le chemin se partage en deux. Incertains de celui qu'elle a pu prendre, ils se séparent. Renaud s'enfonce dans la forêt; Ferragus reNote 13 · Note 624: (retour) Orlando innam., c. X.Note 14 · Note 625: (retour) Orlando fur., c. I, st. 69, 70.Note 15 · Note 626: (retour) C. II.Note 16 · Cependant Angélique fuyant à travers la forêt et n'en pouvant plus de lassitude, était descendue dans un bosquet où des arbres et des buissoNote 17 · Note 627: (retour) Orlando innam., t. III, c. V; ci-dessus, p. 335.Note 18 · Note 628: (retour) Orlando fur., c. II, st. 75 et pénult.Note 19 · Note 629: (retour) C. III.Note 20 · Ce ne sont-là, pour ainsi dire, que les préliminaires de l'action; c'est ici qu'elle commence à s'engager et que l'on a besoin, pour l'entenNote 21 · Note 630: (retour) Orlando innam., l. II, c. V; ci-dessus, p. 326.Note 22 · En passant de l'imagination du Bojardo dans celle de l'Arioste, Atlant s'est enrichi d'un Hippogryphe, espèce de coursier ailé, sur lequel iNote 23 · Note 631: (retour) Orlando fur., c. IV; st. 14.Note 24 · Note 632: (retour) Ibid., st. 46.Note 25 · Note 633: (retour) C. IV, st. 51, jusqu'à la fin, tout le chant V, et les seize premières stances du chant VI.Note 26 · Note 634: (retour) C. VI, st. 19.Note 27 · Bradamante, après avoir quitté Mélisse, trouve en effet le petit roi de Tingitane, mais elle répugne à tuer un homme vil, faible et sans défNote 28 · Note 635: (retour) Voyez ci-dessus, p. 321 et 324.Note 29 · Note 636: (retour) Le reste du chant VI, le chant VII tout entier, et les vingt-une premières stances du chant VIII.Note 30 · Cette fiction est liée à celle de l'île de Falerine et de Morgane dans l'Orlando innamorato 635. La fée Alcine est sœur de la méchante fée MNote 31 · Note 637: (retour) C. VIII, st. 30, 48 et 49.Note 32 · Note 638: (retour) St. 51.Note 33 · Note 639: (retour) St. 68.Note 34 · L'Arioste revient alors sur ses pas jusqu'à l'endroit où il a laissé Angélique seule dans un bois avec un vieil ermite, qui a sur elle des dNote 35 · Note 640: (retour) St. 90. Voyez ci-dessus, p. 172.Note 36 · Note 641: (retour) C. IX.Note 37 · Paris est assiégé et réduit à de telles extrémités qu'une pluie miraculeuse a pu seule éteindre l'incendie que l'ennemi y avait allumé. RolaNote 38 · Note 642: (retour) C. X.Note 39 · Note 643: (retour) St. 91.Note 40 · Note 644: (retour) C. XI, st. 3.Note 41 · Note 645: (retour) St. 15.Note 42 · Cependant Roger avait vaincu tous les obstacles qu'Alcine avait voulu mettre à sa fuite: ferme dans son dessein, il était parvenu dans l'autNote 43 · Note 646: (retour) St. 21.Note 44 · Note 647: (retour) Il passe du vaisseau où il était sur une petite barque, avec une ancre attachée par un gros câble, se fait avaler par le Note 45 · Note 648: (retour) St. 55.Note 46 · Note 649: (retour) St. 80.Note 47 · Pendant ce temps-là, Roland avait terminé son expédition de Zélande, tué le cruel Cimosque, et réuni Birène à l'amoureuse Olimpie 646. Il seNote 48 · Note 650: (retour) C. XII et XIII.Note 49 · Note 651: (retour) C. XIV.Note 50 · Il revient sur le continent, où il va toujours cherchant sa chère Angélique, et courant des aventures qui amusent le lecteur et l'intéressenNote 51 · Note 652: (retour) St. 68 et suiv.Note 52 · Pour la première fois, depuis que Charlemagne est le sujet des romans épiques, il paraît ici tel que l'épopée héroïque l'aurait peint d'aprèNote 53 · Note 653: (retour) St. 81.Note 54 · Note 654: (retour) E ritrocolla in questo nuovo inferno (Chi'l crederia? tra santi uffizii e mese. (St. 82.)Note 55 · La manière dont l'archange remplit sa mission ne conviendrait pas de même au poëme héroïque; elle ne pouvait figurer que dans l'épopée romanNote 56 · Note 655: (retour) St. 92.Note 57 · Michel ordonne à la Discorde d'aller porter ses fureurs et tous les désordres qu'elle entraîne dans le camp des Sarrazins. Il apprend ensuitNote 58 · Note 656: (retour) Le reste du chant XIV.Note 59 · Note 657: (retour) C. XV, st. 6. Mais le poëte s'interrompt trois stances après, pour retourner, non à Renaud, mais à Astolphe, qu'il a laisNote 60 · Note 658: (retour) St. 29.Note 61 · La poésie moderne, ni peut-être même l'ancienne, n'ont rien à mettre au-dessus de la description de cet assaut. Charlemagne y remplit tous lNote 62 · Note 659: (retour) C. XVII, st. 6.Note 63 · Note 660: (retour) St. 16. Ici est encore une nouvelle interruption, et il faut que lecteur s'occupe, pendant tout le reste de ce chant, de Note 64 · Note 661: (retour) St. 24.Note 65 · Cependant Rodomont y continue ses ravages. Il ose attaquer le palais même de l'empereur 659. Charlemagne et ses paladins accourent pour le dNote 66 · Note 662: (retour) C. XVIII, st. 165.Note 67 · Note 663: (retour) C. XIX, st. 13.Note 68 · Ici se trouve encore une belle imitation de Virgile, si belle que je ne crains pas de prononcer un blasphême littéraire, en mettant, à certaNote 69 · Note 664: (retour) C. XIX, st. 20.Note 70 · Elle arrive auprès de Paris; le hasard la conduit dans ce lieu même, où le jeune Médor gisait étendu sur la terre et baigné dans son sang 66Note 71 · Note 665: (retour) C. XXIII, st. 100 et suiv.Note 72 · Excédé de chaleur et de fatigue, il arrive, pendant l'ardeur du midi, dans un paysage délicieux, au bord d'un ruisseau limpide, où tout l'inNote 73 · Note 666: (retour) C. XXIV, st. 4.Note 74 · A ce récit, à cette vue, l'infortuné verse un torrent de larmes. Il sort de ce lieu de supplice, reprend ses armes, rentre dans la forêt, paNote 75 · Note 667: (retour) St. 14. Le poëte le quitte alors, et ne le ramène sur la scène qu'au vingt-neuvième chant, st. 40.Note 76 · Note 668: (retour) Avant d'y arriver, il trouve, auprès de Montpellier, Rodomont placé sur un pont, dont il ne permet le passage à personne.Note 77 · Note 669: (retour) Ibid., st. 58, et tout le reste du chant.Note 78 · Note 670: (retour) Quinze premières stances du chant XXX.Note 79 · De là, il se met à parcourir la France 667. Les rencontres qu'il fait, les actes étranges de folie qui signalent partout son passage, sont iNote 80 · Note 671: (retour) Voyez ci-dessus, p. 403.Note 81 · Note 672: (retour) C. XI, st. 19 et 20; c. XII, st. 17.Note 82 · Note 673: (retour) C. XIII, st. 45.Note 83 · Note 674: (retour) Ibid., st. 57 et suiv.Note 84 · Note 675: (retour) St. 52.Note 85 · Roger, à peine échappé de l'île d'Alcine 671, était tombé, malgré son amour pour Bradamante, dans une erreur des sens où la beauté peut entrNote 86 · Note 676: (retour) C. VI, st. 33.Note 87 · Note 677: (retour) C. XV, st. 13.Note 88 · Note 678: (retour) C. XV presque tout entier. Voyez ses autres aventures, c. XVIII, st. 96 et suiv.; c. XIX, st. 54; c. XX, st. 88.Note 89 · Qui les tirera de cette fatigante prison, et réunira deux amants qui sont à la fois si près et si loin l'un de l'autre? C'est le paladin AstNote 90 · Note 679: (retour) C. XXII, st. 7.Note 91 · Note 680: (retour) St. 14.Note 92 · Note 681: (retour) St. 23.Note 93 · Cédant enfin au désir de voir l'Europe et l'Angleterre sa patrie, il y était revenu, n'importe par quel chemin 679. Ayant appris à Londres lNote 94 · Note 682: (retour) Non che nell'acqua, disse, ma nel foco Per tuo amor porre il capo mi fia poco. St. 36.Note 95 · Note 683: (retour) St. 94.Note 96 · Bradamante et Roger s'étaient enfuis au son du cor. Il s'arrêtent en cessant de l'entendre, se trouvent l'un près de l'autre, se reconnaisseNote 97 · Note 684: (retour) C. XXIII, st. 16.Note 98 · Roger et Bradamante sont séparés par les suites de ce combat. Après de longs détours, Bradamante revient à l'endroit où avait été le châteauNote 99 · Note 685: (retour) St. 24.Note 100 · Bradamante reprend sa route, faisant conduire devant elle le cheval d'Astolphe et ses armes. Elle s'égare de nouveau, et au lieu d'arriver àNote 101 · Note 686: (retour) Voyez ci-dessus, p. 335.Note 102 · Note 687: (retour) C. XXV, st. 26 et 70.Note 103 · Roger, dans ce moment là même, rendait un grand service à Bradamante et à sa famille; il sauvait de la mort son jeune frère Richardet. On doNote 104 · Note 688: (retour) Qui Musas colimus severiores.Note 105 · Note 689: (retour) Ub. sup., st. 10.Note 106 · On sent que l'Arioste, peu gêné par les mœurs de son temps, par le genre de son poëme, par le génie de sa langue, et tout aussi peu par son Note 107 · Note 690: (retour) St. 86.Note 108 · La nuit suivante, Roger, au lieu de dormir, est agité par ses pensées. La promesse qu'il a faite à Bradamante de se faire chétien, est-ce leNote 109 · Note 691: (retour) C. XXVI, st. 26.Note 110 · Le lendemain il sauve encore d'un grand péril Vivien et Maugis, cousins de Bradamante. En marchant à leur délivrance avec leur frère AndigieNote 111 · Note 692: (retour) C. XXVII, st. 7 et suiv.Note 112 · Note 693: (retour) St. 34 et suiv.Note 113 · Note 694: (retour) Voyez ci-dessus, p. 407.Note 114 · En même temps que Roger et Marfise arrivent au camp d'Agramant, l'Esprit infernal, qui veut causer au roi Charles de nouveaux malheurs, y raNote 115 · Note 695: (retour) St. 40 et suiv.Note 116 · Note 696: (retour) Voyez ci-dessus, p. 327.Note 117 · Le monstre obéit: aussitôt toutes les têtes de ces guerriers s'enflamment 695. Rodomont et Mandricard se disputent Doralice. Marfise, précédNote 118 · Note 697: (retour) Il remplit une grande partie du c. XXVII.Note 119 · Voilà encore un tableau des plus originaux, des plus animés, des plus fortement conçus et des mieux peints qui soient dans aucun poëme 697. Note 120 · Note 698: (retour) C. XXVII, st. 117.Note 121 · Agramant ne pouvant apaiser Rodomont et Mandricard, propose de s'en rapporter à Doralice du choix qu'elle voudra faire entre eux. Ils y consNote 122 · Note 699: (retour) C. XXVIII.Note 123 · Note 700: (retour) Et non pas la Joconde, comme on le dit ordinairement, et comme le dit Boileau lui-même.Note 124 · Note 701: (retour) Boileau reproche aussi à l'Arioste d'avoir fait, dans un conte de cette espèce, jurer le roi sur l'Agnus Dei, et d'avoir Note 125 · C'est dans cette disposition d'esprit qu'il arrive à une hôtellerie, dont l'hôte jovial et bon homme raconte devant lui l'histoire graveleusNote 126 · Note 702: (retour) C. XXVIII, st. 93.Note 127 · Après l'avoir entendue, Rodomont, toujours rongé de fureur, de honte et de ressentiment, continue de marcher vers le Midi de la France, où iNote 128 · Note 703: (retour) C. XXIX, st. 25.Note 129 · Note 704: (retour) C'est sur ce pont que Roland, devenu insensé, le rencontre. Voyez ci-dessus, p. 417, note 3.Note 130 · La tendre Isabelle conduisait tristement vers Marseille, dans une bière, le corps de son cher Zerbin, tué sous ses yeux par Mandricard. ElleNote 131 · Note 705: (retour) C. XXX, st. 18.Note 132 · Cependant le camp d'Agramant continue d'être en proie à la discorde. Gradasse et Roger se disputent à qui se battra le premier contre MandriNote 133 · Note 706: (retour) St. 76.Note 134 · Note 707: (retour) Ci-dessus, p. 427.Note 135 · Bradamante ignore l'état dangereux où est Roger; mais elle est tourmentée par d'autres craintes 706. La confidente qu'elle avait envoyée à sNote 136 · Note 708: (retour) C. XXXI, st. 50.Note 137 · Note 709: (retour) St. 84.Note 138 · Cette troupe d'élite se grossit encore, en marchant vers Paris, de Guidon le Sauvage, des deux fils d'Olivier et de Sansonnet de la Mecque. Note 139 · Note 710: (retour) C. XXXII, st. 8.Note 140 · Espérant encore y soutenir la guerre, il expédie en Afrique l'ordre de lui envoyer des renforts. Marsile en fait venir d'Espagne. Agramant aNote 141 · Note 711: (retour) St. 30.Note 142 · Note 712: (retour) St. 65 et suiv.Note 143 · Bientôt de tristes nouvelles parviennent à Bradamante. Avec le combat de Roger et ses blessures, elle apprend les assiduités de Marfise auprNote 144 · Note 713: (retour) C. XXXV, st. 43.Note 145 · Note 714: (retour) On verra plus bas ce qu'ils sont devenus, et à quoi, dès ce moment, le poëte les destine, sans paraître y songer.Note 146 · Note 715: (retour) St. 52.Note 147 · Bradamante, après une nuit agitée, comme le sont toutes les siennes depuis qu'elle croit Roger infidèle, sort du château et reprend le chemiNote 148 · Note 716: (retour) St. 60.Note 149 · Note 717: (retour) C. XXXVI, st. 20.Note 150 · Note 718: (retour) St. 42.Note 151 · Bradamante arrive enfin à Arles. Agramant y était avec son armée. Elle fait avertir Roger qu'un chevalier le défie au combat, pour lui prouvNote 152 · Note 719: (retour) St. 58.Note 153 · Marfise les voit de loin; elle croit qu'ils n'ont d'autre intention que de finir leur combat; elle les suit et arrive presqu'en même temps qNote 154 · Note 720: (retour) Voyez ci-dessus, p. 325 et 334.Note 155 · Aussitôt, la terre tremble, une voix sort du tombeau et leur crie: «Cessez de vous combattre; toi Roger et toi Marfise, vous êtes frère et sNote 156 · Note 721: (retour) C. XXXVI, st. 76.Note 157 · Note 722: (retour) Celle de Marganor et des trois femmes à qui ce brigand avait coupé les jupes. C. 37, st. 26 et suiv.Note 158 · Il tire cependant parti de la fin de ce récit pour la suite de son action. Il en résulte non-seulement que depuis Constantin les aïeux de RoNote 159 · Note 723: (retour) C. XXXIII, st. 96 et suiv.Note 160 · Note 724: (retour) C. XXXIV, st. 48.Note 161 · Un de ses paladins, éloigné depuis long-temps de son armée, le servait alors dans des pays lointains plus utilement que s'il ne l'eût pas quNote 162 · Note 725: (retour) Ibid., st. 59.Note 163 · Il y trouve une plaine charmante et des jardins enchantés: c'est le paradis terrestre. Un vieillard vénérable et très-poli lui fait le plus Note 164 · Note 726: (retour) Sol la puzzia non v'è, poca nè assai, Chè sta quaggiù, nè se ne parte mai. (Ibid., st. 81.)Note 165 · Qui nous reste ici-bas, pour n'en sortir jamais 726.Note 166 · Note 727: (retour) Lo scrittor dell'oscura Apocalisse. (St. 86.)Note 167 · Le paladin et l'apôtre arrivent au magasin du bon sens. Il y en a une masse aussi haute qu'une montagne. Ce sont des fioles bien fermées, reNote 168 · Note 728: (retour) Ci-dessus, p. 357.Note 169 · Note 729: (retour) C. XXXV, st. 12.Note 170 · Avant de quitter le globe de la lune, l'apôtre le conduit à un palais situé sur le bord d'un fleuve. C'est le palais des Parques; elles y fiNote 171 · Note 730: (retour) Che vivono a le corti, e che vi sono, Più grati assai che'l virtuoso e'l buono. (Ibid. st. 20.)Note 172 · Note 731: (retour) Gli scrittori amo, e fo il debito mio, Ch'al vostro mondo fui scrittore anch'io. (St. 28.) Deux stances après, le poëteNote 173 · Saint-Jean explique à Astolphe toute cette ingénieuse allégorie. «Ce fleuve est le fleuve d'Oubli; ce vieillard est le Temps qui y précipiteNote 174 · Car chez vous autrefois je fus auteur aussi 731.Note 175 · Note 732: (retour) C. XXXVIII, st. 24.Note 176 · Note 733: (retour) Ottanta mila, cento e due in un giorno Fè di pedoni Astolfo cavalieri. (St. 35.) Tout cela est conté avec un sérieux trNote 177 · Redescendu sur la montagne du paradis, avec Astolphe qui emporte la fiole du bon sens de Roland 732, l'évangéliste lui fait connaître une heNote 178 · Note 734: (retour) C. XXXIX, st. 25.Note 179 · Note 735: (retour) O filici, dal ciel ben dilette alme, Grazia che Dio raro a' mortali infonde! (St. 26.) Voyez l'avant-dernière note.Note 180 · Astolphe à la tête d'une armée qui aurait suffi, dit l'Arioste, pour conquérir sept Afrique 734, continuait à ravager les états d'Agramant. Note 181 · Note 736: (retour) Voyez ci-dessus, p. 441, et note 2.Note 182 · Note 737: (retour) C. XXXIX, st. 26.Note 183 · Tandis que cette flotte, pourvue de tous ses équipages, attend un bon vent, le hasard amène au milieu des vaisseaux celui qui portait les prNote 184 · Note 738: (retour) Ci-dessus, p. 418.Note 185 · Note 739: (retour) St. 61 à 64.Note 186 · Astolphe et les autres paladins accourent au bruit: ils voient cet insensé; et à sa force prodigieuse, et à ce qu'on pouvait encore distinguNote 187 · Note 740: (retour) C. XXXIX, ci-dessus, p. 453.Note 188 · Note 741: (retour) St. 66 et suiv.Note 189 · Cependant le combat avait commencé en France entre Roger et Renaud 740. Le premier ne pouvait s'empêcher de ménager l'autre, et se défendaitNote 190 · Note 742: (retour) Même chant, st. 81, jusqu'à la fin. Le poëte s'interrompt alors, et commence le chant XL, en rappelant au duc Alphonse unNote 191 · Note 743: (retour) Ibid., st. 45.Note 192 · Le malheur qui le poursuit veut qu'il rencontre en pleine mer la flotte créée par Astolphe et commandée par le brave Dudon. Attaqués à l'impNote 193 · Note 744: (retour) L'Arioste les y quitte encore, st. 61, et nous laisse dans l'attente jusqu'à la st. 36 du c. XLI, où, après nous avoir inNote 194 · Note 745: (retour) St. 102.Note 195 · Note 746: (retour) C. XLII, st. 7 et suiv.Note 196 · Note 747: (retour) St. 18.Note 197 · Gradasse, roi de Sericane, venait d'y aborder dans une autre barque. Après avoir agité entre eux plusieurs projets, ayant appris comment lesNote 198 · Note 748: (retour) C. XLI, st. 7.Note 199 · Note 749: (retour) St. 22.Note 200 · Note 750: (retour) Il craint, dit le poëte, que J.-C. ne se venge de lui, et que pour s'être si peu soucié d'être baptisé dans l'eau épurée,Note 201 · Note 751: (retour) St. 61 et suiv.Note 202 · Pendant que cela se passe en Afrique, Roger n'ayant pu en France terminer son combat avec Renaud, ni empêcher la défaite totale de l'armée dNote 203 · Note 752: (retour) C. XLII, st. 63.Note 204 · Note 753: (retour) C. XLIII, st. 11 à 46.Note 205 · Note 754: (retour) St. 72 à 143.Note 206 · Note 755: (retour) St. 151 et suiv.Note 207 · Note 756: (retour) Elles sont simples et touchantes; les regrets de Roland sont exprimés avec une éloquence naturelle, très convenable à sonNote 208 · Note 757: (retour) St. 187 et suiv.Note 209 · Renaud de son côté, tout-à-fait guéri de son amour pour Angélique, et ayant trouvé, par une rencontre heureuse et imprévue, dans la fontaineNote 210 · Note 759: (retour) C. XLIV, st. 11.Note 211 · Note 760: (retour) St. 25 et 26.Note 212 · Roger était encore dans l'ermitage. L'ermite le fait connaître pour ce qu'il est aux paladins de France, qui, sachant qu'il s'est fait chrétNote 213 · Note 761: (retour) St. 35.Note 214 · Note 762: (retour) Ibid., st. 39 à 74.Note 215 · Renaud fait part au duc Aymon son père des engagements qu'il a pris pour sa sœur avec Roger 761. Le vieux duc est fort en colère: il l'a engNote 216 · Note 763: (retour) St. 78.Note 217 · Note 764: (retour) St. 99.Note 218 · Roger part pour exécuter son entreprise. Il trouve auprès de Belgrade l'empereur Constantin à la tête d'une armée, qui veut reprendre cette Note 219 · Note 765: (retour) C. XLV, st. 10 et suiv.Note 220 · Il arrive dans une ville et descend dans une auberge où, à ses armes et à son bouclier sur lequel était peinte une licorne, il est reconnu pNote 221 · Note 766: (retour) St. 22.Note 222 · Note 767: (retour) St. 42.Note 223 · Cependant Charlemagne avait, suivant sa promesse, fait publier dans tout son empire que celui qui voudrait obtenir Bradamante devait se présNote 224 · Note 768: (retour) St. 53.Note 225 · Note 769: (retour) St. 86.Note 226 · Il s'en présente un moyen auquel il ne s'attendait pas. Le cartel publié par ordre de Charlemagne parvient à la connaissance de Léon 768. IlNote 227 · Note 770: (retour) St. 103, jusqu'à la fin du chant.Note 228 · Bradamante n'est pas moins désespérée que lui. Marfise vient à son secours. Elle se présente devant l'empereur, et affirme que Bradamante n'Note 229 · Note 771: (retour) C. XLVI, st. 21.Note 230 · Le nœud va toujours se serrant et se brouillant de plus en plus. C'est la bonne et sage Mélisse qui vient enfin le dénouer 771. Elle va trouNote 231 · Note 772: (retour) Ibid., st. 76.Note 232 · L'Arioste, pour rappeler aux lecteurs son but principal, charge Mélisse de préparer aux deux époux un logement magnifique 772. La bonne magiNote 233 · Note 773: (retour) Ci-dessus, p. 441.Note 234 · Note 774: (retour) St. 101.Note 235 · Note 775: (retour) Vitaque cum gemitu fugit indignata sub umbras. (Énéide.)Note 236 · Note 776: (retour) Bestemmiando fuggi l'alma sdegnosa Che fu sì altera al mondo e sì orgogliosa. (Rol. fur.)Note 237 · Ces fêtes, où la joie éclate, ne sont troublées que par l'apparition subite et inattendue du seul ennemi qui restât, en France, à Roger et àNote 238 · Note 777: (retour) Roland, après leur grand combat dans l'île de Lipaduse, le trouve expirant. Brandimart, après l'avoir conjuré de prier DiNote 239 · Si j'ai réussi à donner une idée claire de cette triple et immense action du Roland furieux, il me semble qu'on en doit également admirer l'Note 240 · Note 778: (retour) Diction. philos., édit. de Kelh, t. LI, in-12, au mot Épopée.Note 241 · Il est vrai qu'à ces épisodes touchants il s'en joint d'autres d'un différent genre, tels que la changeante Doralice, Joconde, la Coupe enchNote 242 · Note 779: (retour) C. IX, st. 90 et 91.Note 243 · L'allégorie charmante et profondément morale des îles d'Alcine et de Logistille; celle de ce fleuve où le Temps jette les noms des hommes, eNote 244 · Note 780: (retour) Voyez ci-dessus, p. 394.Note 245 · Si l'on veut par un seul exemple juger de la supériorité de cet art sur le talent des portraits, qui fait l'un des plus grands mérites de quNote 246 · Note 781: (retour) C. IX, st. 16.Note 247 · Breaco e Landriglier lascia a man manca 781.Note 248 · Note 782: (retour) Perche l' Ariosto fu primo e trasportó nel suo poema le più belle e vaghe comparationi usate da' greci e latini poeti....Note 249 · La beauté de ses récits, la vivacité de ses peintures sont encore relevées par des comparaisons fréquentes, dans lesquelles on ne sait ce quNote 250 · Note 783: (retour) J'ai dit à plus forte raison, quoique ces trois poëmes soient plus courts que ceux d'Homère, et ne crois pas avoir besoinNote 251 · Cette correspondance continuelle entre les lecteurs et le poëte est encore un caractère particulier aux poëmes romanesques, que l'Arioste adNote 252 · Note 784: (retour) L'Arioste, qui a pris en général dans le Bojordo l'idée de ces débuts, y a pris même ici le premier vers de son vingt-sepNote 253 · Note 785: (retour) Mettendo lo Turpino, anch'io lo messo. Il nous donne souvent cette excuse plaisante, surtout quand son imagination l'a emNote 254 · Le lendemain, on se rassemble, on attend avec impatience; le poëte paraît, et de courtes réflexions sur les injustes caprices de l'amour ramNote 255 · Note 786: (retour) Ubi supr., tom. LI, au mot Epopée.Note 256 · «Le poëme de l'Arioste, dit l'auteur du Dictionnaire philosophique, est à la fois l'Iliade, l'Odyssée et Don Quichotte; car son principal chNote 257 · Note 787: (retour) Ibid.Note 258 · «Le fond du poëme, dit encore Voltaire, est précisément celui de notre roman de Cassandre.... Ce fond du poëme est que la plupart des héros Note 259 · Note 788: (retour) Ubi supr.Note 260 · Note 789: (retour) Il aurait pu en excepter Lucrèce.Note 261 · Note 790: (retour) Voyez ci-dessus, p. 296 à 300.Note 262 · «Il y a dans l'Orlando furioso, dit Voltaire 788, un mérite inconnu à toute l'antiquité 789, c'est celui de ses exordes. Chaque chant est coNote 263 · Note 791: (retour) C. XIX.Note 264 · C'est l'événement que le poëte commence ou continue de raconter qui lui dicte le sujet et le ton de chaque exorde. Quand le jeune Médor fut Note 265 · Note 792: (retour) C. V.Note 266 · Renaud a délivré une jeune femme à qui des brigands allaient arracher la vie 792. Cette férocité indigne l'Arioste; et sans savoir encore l'Note 267 · Note 793: (retour) C. XXXII.Note 268 · Quelquefois, il s'embarrasse lui-même dans les interruptions fréquentes de ses récits, et il est le premier à rire avec vous de l'embarras oNote 269 · Note 794: (retour) Ma poi che'l carro e i draghi non avea, La gìa cercando al meglio che potea.Note 270 · Quelquefois, la fantaisie poétique l'emporte loin de son sujet, et il suffit des moindres rapports pour qu'il se permette d'aller où il veutNote 271 · Note 795: (retour) C. XXXV.Note 272 · Note 796: (retour) Ub. supr., p. 82.Note 273 · Il paraît ne pas prendre un ton moins élevé lorsqu'il veut terminer le voyage d'Astolphe dans la lune, où il a retrouvé dans une fiole le boNote 274 · Mais sous tes lois il restera toujours 796.Note 275 · Note 797: (retour) C. XLVI.Note 276 · L'idée du début du dernier chant est originale et très-heureuse 797. Après une si longue et si pénible route, le poëte se voit enfin près duNote 277 · Note 798: (retour) C. XIV, st. 92.Note 278 · Note 799: (retour) Est prope Cimmerios lungo spelunca recessus, Mons cavus, ignavi domus et penetralia somni, etc. (Métam., l. II, v. 592.Note 279 · L'Arioste, qui tenait à la fois d'Homère et d'Ovide par son génie, ressemble surtout à ce dernier dans ses descriptions; c'est, pour ainsi dNote 280 · Note 800: (retour) C. I, st. 38 et suiv.Note 281 · Note 801: (retour) E di paura trema e di sospetto. Je crois pouvoir mettre la même nuance en français entre peur et crainte, qu'il y en a enNote 282 · Les descriptions de lieux champêtres, de jardins, et de paysages charmants, offrent dans presque tous les chants au lecteur des repos qui leNote 283 · Note 802: (retour) La verginella è simile alla rosa Che in bel giardin su la nativa spina, etc. (St. 43.) Ut flos in septis secretis nascNote 284 · Au beau matin sur l'épine naïve, etc. 802Note 285 · Note 803: (retour) C. XVIII, st. 14.Note 286 · Note 804: (retour) Il ne faut point dissimuler dans une traduction ces traits naïfs qui appartiennent au génie de l'auteur, et qui sont le cNote 287 · Note 805: (retour) St. 19.Note 288 · Note 806: (retour) St. 22.Note 289 · Voyez Rodomont dans Paris, lorsqu'à la voix de l'empereur marchant contre lui en personne, le peuple qui fuyait se rassure, lorsque de tous Note 290 · Note 807: (retour) Elle l'est en partie de l'assaut de Pyrrhus au palais de Priam ( Énéid. , l. II), et en partie de l'irruption de Turnus dNote 291 · Non-seulement cette comparaison, mais cette grande scène tout entière est imitée de Virgile 807; et si dans quelques parties la supériorité Note 292 · Note 808: (retour) C. XL.Note 293 · Note 809: (retour) St. 29.Note 294 · Note 810: (retour) St. 31. Imité de Virgile ( Géorg. , l, I, v. 446); mais l'imitation se réduit à ces trois vers: Produit insano contorquenNote 295 · Note 811: (retour) Ne i campi Ocnei. Ocnus fut le fondateur de Mantoue, et donna à cette ville le nom de sa mère Manto.Note 296 · Note 812: (retour) Je passe à dessein les deux derniers vers, où l'Arioste, après s'être si heureusement rappelé Virgile, s'est moins heureuNote 297 · Dans les comparaisons en général, soit que l'Arioste invente, soit qu'il imite, il va de pair avec les plus grands poëtes. Voyez encore dansNote 298 · Note 813: (retour) C. XIX, st. 7.Note 299 · Note 814: (retour) Voici la comparaison de Stace ( Théb. , l, X): Ut Lea quam sævo fœtam pressere cubili Venantes numidæ, natos erecta supeNote 300 · Mais de toutes les belles comparaisons qui s'offrent presque à chaque page dans le Roland furieux, la plus sublime peut-être est celle dans Note 301 · Note 815: (retour) Voyez sa note intitulée: de i cinque canti, après l'Avis aux lecteurs, dans la bonne édition de Valgrisi, 1556.Note 302 · Aussi les avis ont-ils été partagés en Italie sur ce que c'était que ces cinq chants et sur leur destination. Les uns, choqués des imperfectNote 303 · Note 816: (retour) Pensar cosa miglior non si può al mondo, D'un signor giusto e in ogni parte buono, etc.Note 304 · Note 817: (retour) Ma nè senza martir sono essi ancora, Ch' al cor lo sta non minor pena ogn'ora. (St. 6.)Note 305 · Note 818: (retour) Quinci dimostra che timor sol d'uno Han tutti gli altri, ed essi n' han d'og'uno. (St. 9.)Note 306 · Dans l'exorde de ce chant, le poëte commence par faire un bel éloge des bons rois, et par féliciter les nations qui vivent sous leur empire Note 307 · Note 819: (retour) Di sospettoso ch'era stato in prima Hor divenuto era il sospetto stesso. (St. 17.)Note 308 · Note 820: (retour) E ferro sopra ferro e ferro veste, Quanto più s'arma è tanto men sicuro. (St. 20.)Note 309 · Les sages des enfers s'assemblèrent. Ils ne voulurent pas qu'un tel scélérat pût rester impuni; ils décrétèrent donc qu'il retournerait sur Note 310 · Note 821: (retour) St. 32 et suiv.Note 311 · Le quatrième chant en contient une moins heureuse. Son extravagance paraît passer toutes les bornes de ce merveilleux même de la féerie, donNote 312 · Note 822: (retour) Qu'on ne soit pas inquiet de la fumée: Che per lungo condotto di fuor esce Il fumo a i luoghi onde sospira il pesce. (SNote 313 · Note 823: (retour) St. 52 à 74.Note 314 · Note 824: (retour) St. 89.Note 315 · Note 825: (retour) Voyez il Ricciardetto, c. V.Note 316 · Ils vivent de poisson, qu'ils pèchent dans un réservoir formé par les eaux que la baleine absorbe en respirant. Il y a au bord de cette espèNote 317 · Note 826: (retour) Della ragione poetica, l. II, Nº. XVI, p. 104.Note 318 · Ce n'est pas qu'on ne pût aussi relever dans cet admirable ouvrage quelques défauts, dont aucune production humaine n'est exempte; mais ces Note 319 · Note 827: (retour) M. Delille, poëme de l'Imagination, c. V.Note 320 · Note 828: (retour) Tome VI, part. II, l. III, c. III. Così non ne avessi egli offuscati i pregi co' motti e co' racconti troppo liberi ed emNote 321 · Ce n'est pas que le Berni s'élève jamais aussi haut que l'Arioste le fait quelquefois, ni qu'il ait cette vigueur poétique que l'Homère de FNote 322 · Note 829: (retour) Il Berni, colla piacevolezza del suo stille l'ha voluto cangiare in facezia. (Ragion. poet., l. II, XV.)Note 323 · Note 830: (retour) Storia e Reg. d'ogni poesia, vol. VI, p. 155.Note 324 · D'autres critiques ont pensé que le Berni avait voulu faire du Roland amoureux un poëme burlesque et une pure facétie. Le Gravina lui-même eNote 325 · Note 831: (retour) L. I, c. XXIX.Note 326 · «J'ai envie aussi moi, dit le Berni 831, d'être amoureux d'Angélique, puisque tant d'autres le sont; car elle m'a fait un plaisir plus grandNote 327 · Note 832: (retour) E una gran facchineria. Pour saisir le sens de ce mot, il ne faut pas oublier que facchino en italien ne signifie point dNote 328 · Note 833: (retour) Quel povero uom di Carlo sempre aveva Da pettinar qualche lana sardesca. (St. 5.)Note 329 · Quelquefois, comme au cinquième chant, l'Arioste n'aurait pas mieux philosophé sur l'amitié; quelquefois, comme au dix-huitième, ou ne seraiNote 330 · Note 834: (retour) Ci-dessus, p. 296.Note 331 · Note 835: (retour) Voyez c. XVI, st. 3.Note 332 · Dans le poëme du Bojardo, parmi quelques débuts de chant qui s'écartent un peu de la manière sèche, ou des formules légendaires des premiersNote 333 · Note 836: (retour) Se non si diventasse irregolare, etc. (L. II, c. XXIII.)Note 334 · Note 837: (retour) Ed un remedio anc' ho che m'assicura, Che mi so fare il segno della croce. (St. 2.)Note 335 · Il paraît même qu'il ne craignait pas de se faire des querelles dans l'autre, et qu'il en traitait fort cavalièrement les puissances. On le Note 336 · Note 838: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. II, p. 343.Note 337 · Note 839: (retour) Apostolo Zeno, notes sur Fontanini, l. I, p. 147.Note 338 · Note 840: (retour) Ibid., t. II, p. 461.Note 339 · Note 841: (retour) Ibid., p. 65.Note 340 · Note 842: (retour) Ibid., p. 286.Note 341 · Note 843: (retour) Ub. supr.Note 342 · Une renommée moins brillante que celle du Bojardo et du Berni est celle de Louis Dolce; et cependant il fut loin d'être un écrivain et un poNote 343 · Note 844: (retour) Sacripante Paladino, Venezia, 1536, in-4º., canti X, ibidem, 1604.Note 344 · Note 845: (retour) Canti XXV, Venezia, 1572, in-4º.Note 345 · Parmi ses nombreux ouvrages, on ne compte pas moins de six romans épiques, plus remarquables par leur nombre et par leur longueur, que par lNote 346 · Note 846: (retour) Voyez ci dessus, chap. IV, p. 169 et suiv.Note 347 · Note 847: (retour) Ub supr.Note 348 · Il faut nous rappeler ici des faits déjà séparés de nous par bien des fictions poétiques et des aventures romanesques 846; le brave chevalieNote 349 · Note 848: (retour) Ci-dessus, p. 444.Note 350 · Cependant le siége continue. Roger avait un frère nommé Bertrand, aussi lâche et aussi traître qu'il était brave et loyal. Ce Bertrand devieNote 351 · Note 849: (retour) Aux dix dernières octaves près, qui sont remplies par un complot des Mayençais contre Renaud. Ils se mettent en embuscadeNote 352 · Ce coup finit la guerre. Dans les fêtes qui se donnent alors à la cour de Charlemagne, Roland devient amoureux d'Alde-la-Belle, sœur du marqNote 353 · Note 850: (retour) Il dit dans son dixième chant, st. 48: Il buon e saggio vescovo Turpino quale è autor de l'Istoria presente; et ailleursNote 354 · Note 851: (retour) La première édition parut en 1572, et il était mort trois, ou même six ans auparavant. Voyez ci-dessus, p. 532.Note 355 · L'action, comme on voit, en est triple, ou plutôt divisée en trois parties qui se succèdent, et qui embrassent au moins l'espace de vingt-ciNote 356 · Il avait voulu donner, en quelque sorte, un commencement aux deux Roland du Bojardo et de l'Arioste; un autre poëte osa vouloir donner une sNote 357 · Note 852: (retour) Mazzuchelli, Script. d'Ital., tom. II, part. IV, p. 2235. On a du même poëte un autre ouvrage encore moins heureux que soNote 358 · Note 853: (retour) Venezia, 1550, 1553, in-4º.Note 359 · Note 854: (retour) Voi qui l'acerba morte empia e crudele Vedrete di Ruggier saggio e cortese, E che di ciò cagion fu la infedele E sceleNote 360 · Note 855: (retour) Orlando fur., c. XVIII, st. 92.Note 361 · De qui est-elle donc amoureuse, cette superbe reine du Cathay? Hélas! de tout le monde; par enchantement, il est vrai, et par l'effet des veNote 362 · Note 856: (retour) Ibid., c. VII, st. 72 et 73.Note 363 · Alcine de son côté s'est remparée de Roger, qu'elle a réussi à séparer de Bradamante, comme Angélique de Médor. Roger, à qui le sage LogistiNote 364 · Note 857: (retour) Era ella giunta al quadragesimo anno, Ed era quasi alhor più che mai bella. (C XXIV, st. 27.)Note 365 · Angélique, depuis sa délivrance, allait partout cherchant Médor. Elle le retrouve enfin, et se garde bien de lui dire la conduite qu'elle a Note 366 · Note 858: (retour) Le poëme est intitulé: Altobello e Rè Trojano suo fratello, historia, nella quale se leze (si legge) li gran facti di CarNote 367 · Note 859: (retour) Persiano figliuolo d'Altobello, Venezia, 1493, 1506, in-4º.Note 368 · Si l'on veut remonter jusqu'à la fin du quinzième siècle, et même avant le temps où parut le poëme du Bojardo, on en trouve un autre dont l'Note 369 · Note 860: (retour) Après ce titre on lit: Incomincia et primo libro de re Carlo Magno, e de li suoi paladini Orlando e Rinaldo, Venezia, canNote 370 · On ignore aussi l'auteur d'un poëme en soixante-quatorze chants, dont Charlemagne lui-même est le héros. C'est du moins à son sujet, et pourNote 371 · Note 861: (retour) J'ai parlé de lui comme poëte lyrique, ci-dessus, t. III, p. 546.Note 372 · Note 862: (retour) I Reali di Francia di Cristofano Altissimo, Venezia, 1534, in-8º.Note 373 · On n'imprima non plus qu'au seizième siècle un long poëme qui reprend les choses de plus haut, et qui dut être rimé vers la fin du siècle prNote 374 · Note 863: (retour) Libro chiamato Aspramonte, nel qual si contiene molte battaglie, massimamente dello advenimento d'Orlando, e de molti altNote 375 · Note 864: (retour) Le Quadrio, t. VI, p. 551.Note 376 · L'Aspramonte 863 est un autre roman épique dont l'auteur est inconnu, et mériterait de ne pas l'être. Il montre parfois de l'esprit; son styNote 377 · Note 865: (retour) Trebisonda..... nella quale se contiene molte battaglie con la vita e morte di Rinaldo, etc., Venezia, 1518, in-4°., 1554Note 378 · Note 866: (retour) Venezia, 1542, in-4°.Note 379 · Je n'en dirais pas autant du poëme intitulé Trébisonde 865, qui ne fut cependant publié que deux ans après. Il est tiré d'un roman espagnol Note 380 · Note 867: (retour) Innamoramento di Guidon Selvaggio, etc., di Giamb. Dragoncino da Fano, Milano, 1516, in-4°.; Bologna, 1678, in-16.Note 381 · Note 868: (retour) Marfisa bizarra, in-8º., sans date; Vinegia, 1532, in-4º.; Verona, 1622, in-8º.Note 382 · Dragoncino se nomma de même en tête d'un poëme sur les amours de Guidon le Sauvage 867, fils naturel de Renaud de Montauban; et il est aussiNote 383 · Note 869: (retour) La Morte del Danese, poema di Casio da Narni, Ferrara, 1521, in-4º.; Venezia, 1534, idem (avec un titre beaucoup plus éteNote 384 · Note 870: (retour) Hercule et Hippolyte, fils d'Alphonse Ier.Note 385 · Note 871: (retour) E perche ha lassato Orlando ne la balena, te promette in l'altra opera de cavarlo.Note 386 · Il y a au moins de l'originalité dans la Mort d'Oger le Danois, d'un certain Casio da Narni 869. Ce poëme singulier est divisé en trois livrNote 387 · Note 872: (retour) Antheo Gigante di Francesco de' Ludovici da Venezia, etc., canti XXX, in ottava rima, Vinegia, 1524, in-4º.Note 388 · Note 873: (retour) Oronte Gigante de l'eximio poeta Antonino Lenio Salentino; continente le battaglie del re di Persia e del re di Scithia, Note 389 · Note 874: (retour) Libro chiamato Falconetto delle battaglie, che lui fece con gli paladini in Francia, et de la sua morte, Bressa, 1546, inNote 390 · Note 875: (retour) Libro chiamato Antifor, d'autres éditions portent Antifior di Barosia, el qual tratta de le gran battaglie d'Orlando e diNote 391 · Note 876: (retour) Libro chiamato dama Rovenza dal Martello, nel quale si può vedere molte sue prodezze, etc., Brescia, 1566, Venezia, 1671,Note 392 · Note 877: (retour) La gran guerra e rotta della Scapigliato. Firenze, senta anno (vers 1550), in-4º.Note 393 · Note 878: (retour) Libro d'arme e d'amore chiamato Leandra nel quale tratta delle battaglie e grand facti delli baroni di Francia e principaNote 394 · Note 879: (retour) Le prodezze di Rodomontino, figliuolo di Rodomonte, libro d'arme e d'more, etc., canti IV; per Antonio Legname Padovano, Note 395 · Note 880: (retour) Le pazzie amorose di Rodomonte seconde; poema di Mario Teluccini soprannominato il Bernia, Parma, 1568, canti XX, in-4º.Note 396 · On ne cessa point, pendant tout le seizième siècle, de retourner de cent manières les aventures fabuleuses de Charlemagne et de ses pairs. INote 397 · Note 881: (retour) Francesco de' Lodovici voyagea en France lors même qu'il composait ce poëme, comme on le voit par un vers du trente-huitiNote 398 · Note 882: (retour) Ce qui le prouve, c'est que son Anteo gigante est dédié à Lucrèce Borgia, femme du duc Alphonse Ier.; que c'est par ordreNote 399 · Note 883: (retour) Triomphi di Carlo, libro novo di romanzo...... a modo novo da tutti gli altri diverso, etc., Vinegia, 1535, in-4º.Note 400 · C'est ce qu'on entrevoit dans un seul peut-être de tous ces poëmes romanesques, et ce qui peut engager à s'y arrêter un peu plus que sur lesNote 401 · Note 884: (retour) Vulcain.Note 402 · Presque tous les chants ont un exorde, ou un prologue sur différents sujets, selon la fantaisie de l'auteur. La plupart de ces digressions sNote 403 · Note 885: (retour) Dunque tu se' colui di cui si spande, Disse Rinaldo, che le corna porti Là dove portan gli altri le ghirlande? (Part. Note 404 · Le dessein de Renaud est de passer la mer, de voyager en Syrie, en Palestine; enfin de parcourir la terre jusqu'à la fin de son exil. Je laiNote 405 · Note 886: (retour) Che forse 'l tranguggiò pel suo men male. (C. XLV.)Note 406 · Note 887: (retour) E come gatto ben sempre si serra D'alto cadendo, si che nel terreno A dar de' propri piedi unqua non erra, Cosi RinaldNote 407 · Note 888: (retour) C. L.Note 408 · Le vaisseau fait naufrage: une baleine engloutit Renaud, mais c'est pour son bien 886; car cette baleine va plus vite qu'un trait vers les cNote 409 · Note 889: (retour) Quell'altro poi ch'in voi dici immortale Io non lo fa, se Dio lo fa, se'l faccia; Che cosa ella si sia non so, ne qualeNote 410 · Il propose ensuite des doutes, que la Nature s'empresse de résoudre. De questions en questions, il en fait une dont la solution est remarquaNote 411 · Note 890: (retour) C. LVI.Note 412 · Renaud demande ensuite comment il se peut que la Nature faisant tous les hommes égaux, les uns soient nobles dans le monde et les autres ne Note 413 · Note 891: (retour) Ibid.Note 414 · Toutes ces explications n'interrompent pas un instant le travail dont s'occupe la Nature. Elle continue de fabriquer une foule d'êtres diverNote 415 · Note 892: (retour) C. LVIII.Note 416 · Il soumet encore une question à la Nature. A-t-elle jamais fait quelque chose qu'elle regarde elle-même comme au-dessus de toutes les autresNote 417 · Note 893: (retour) C. LXI.Note 418 · Note 894: (retour) C. LXXI. Les dix chants intermédiaires sont remplis par Charlemagne, Roland, Olivier et les autres paladins.Note 419 · Il est temps enfin que Renaud sorte du grand atelier de la Nature. Il avait été jeté par une baleine sur les sables qui conduisent au mont ANote 420 · Note 895: (retour) C. LXXX.Note 421 · Note 896: (retour) C. XCV.Note 422 · Note 897: (retour) C. XCVI.Note 423 · Renaud s'enfonce dans l'Afrique. Ayant pénétré jusqu'en Éthiopie, il trouve dans un bois charmant un enfant ailé, qui voltige sur les branchNote 424 · Note 898: (retour) Part. II, c. IV.Note 425 · Note 899: (retour) C. XX et XXI.Note 426 · Je ne dis rien de ses amours, ni de ses guerres contre le roi de Cathay, son rival, ni de toutes les autres aventures qui lui arrivent dans Note 427 · Note 900: (retour) . . . . . . . . . La mia persona Sarà da quelle genti si gradita Ch'io portarò fra lor sempre corona. (C. XXVIII, à laNote 428 · Note 901: (retour) C. XXIX.Note 429 · Entre le mont Immaüs et la mer, les deux amants trouvent un homme tout défiguré, difforme, sale et dégoûtant. Sa conversation avec eux est cNote 430 · Note 902: (retour) C. XXXIII.Note 431 · Note 903: (retour) C. XXXVI.Note 432 · Une autre rencontre était prédite depuis long-temps au paladin français. La Nature lui avait annoncé qu'il trouverait la Fortune sa sœur danNote 433 · Note 904: (retour) Moriro alhor di men d'un millione Quaranta quattro millia Sarracini; E'n quei di Francia venti tre personne. (C. LXVIINote 434 · Note 905: (retour) Il est singulier que l'auteur, qui en général est fort grave, ait gardé pour ce moment la rencontre de deux pélerins et dNote 435 · Note 906: (retour) C. LXXX et suiv.Note 436 · Note 907: (retour) C. LXXXVI.Note 437 · Note 908: (retour) C. LXXXVIII.Note 438 · Le héros voyageur se préparait à revenir en Europe, lorsqu'il apprend que Charlemagne approche de l'Euphrate avec ses paladins pour aller coNote 439 · Note 909: (retour) Di Ruggiero, canti IV di battaglia, par un certain Bartolommeo Horiuolo, Venezia, 1543, in-4º.Note 440 · Note 910: (retour) Il pianto di Ruggiero, di Tommaso Costo, da lui medesimo correcto, ampliato, etc., Napoli, 1582, in-4º.Note 441 · Note 911: (retour) La morte di Ruggiero continuata alla meteria dell'Ariosto, di Giamb. Pescatore, canti XXX, Vinegia, 1549, petit in-4º, 15Note 442 · Note 912: (retour) Le vendetta di Ruggiero continuata alla materia dell'Ariosto, di Giamb. Pescatore, canti XXV, Vinegia 1556, in-4º. On a eNote 443 · Note 913: (retour) Ruggieretto figliuolo di Ruggiero, re di Bulgaria con ogni riuscimento di tutte le magnanime sue imprese, etc., per M. PaNote 444 · Les noms de Charlemagne, de Roland et de Renaud ne décorèrent pas seuls les titres de ces poëmes: Roger fut le sujet de quatre ou cinq, dansNote 445 · Note 914: (retour) Amor di Marfisa del Danese Cataneo, Venezia, 1561, in-4º. Ce poëme n'est qu'en vingt-quatre chants; il en avait quarante,Note 446 · Note 915: (retour) Voyez ci-dessus, p. 552, note 2.Note 447 · Note 913: (retour) Due primi canti di Marfisa del divino Pietro Aretino, in-4º., sans date.Note 448 · Note 917: (retour) Delle lagrime d'Angelica di M. Pietro Aretino, due primi canti, 1538, in 8º. Ces deux essais de poëmes ont été réimprimésNote 449 · Note 918: (retour) Bradamante gelosa, di M. Seconda Tarentino, première édition inconnue; la deuxième corrigée et ornée de figures, Venise, Note 450 · Note 919: (retour) Quattro canti di Ricciardetto innamorato, di M. Giovan Pietro Civeri, colle figure di messer Cipriano Fortebraccio, VenezNote 451 · Note 920: (retour) Astolfo borioso di Marco Guazzo, Mantovano, Venezia, 1523, in-4º.; tutto riformato ed accresciuto dall' autore, Venezia, Note 452 · Note 921: (retour) Artemidoro di Mario Teluccini soprannomia ato il Bernia, dove si contengono le prodezze degli antipodi, Venezia, 1566, inNote 453 · Note 922: (retour) Libro nuovo di battaglie, chiamato Argentino nel quale si tratta della liberazione di Terra-Santa, etc., di Michele BonsiNote 454 · Note 923: (retour) Belisardo fratello del conte Orlando, dal strenuo milite Marco di Guazzi, Mantovano, Venezia, 1525, 1533 et 1534, in-4º.,Note 455 · Note 924: (retour) Di Orlando santo, vita e morte con venti mila cristiani uccisi in Roncisvalle, cavata dal Catalogo de' santi, di Giulio CNote 456 · D'autres chantèrent les amours de Marfise, sa sœur 914, et ses bizarreries 915; elle fut aussi chantée par cet effronté de Pierre Aretin, doNote 457 · Note 925: (retour) Voyez ci-dessus, p. 167.Note 458 · Note 926: (retour) Elle assure dans son Avis aux lecteurs qu'elle l'a versifié d'après un livre écrit en langue espagnole; mais il serait siNote 459 · Note 927: (retour) Voyez t. II de cette Hist. littér., p. 24, 25 et 26.Note 460 · Dans la généalogie fabuleuse de Charlemagne, on a vu que Beuve d'Antone descendait de Constantin au même degré que Pepin, père de Charles 92Note 461 · Note 928: (retour) Sa mère, que le cardinal connut à Rome, était une jolie femme de Ferrare, qu'on ne connaît que sous le nom de Giulia.Note 462 · Note 929: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. III, p. 45, dit en parlant d'elle: Questa celebre rimatrice che fu frutto d'amore e ne accese, Note 463 · Note 930: (retour) Dans un capitolo satyrique, intitulé; Pasione d'amor di maestro Pasquino per la partita della signora Tullia, e martello Note 464 · Note 931: (retour) Nous verrons bientôt (chap. XII) des preuves de la manière dont elle vécut à Venise.Note 465 · Tullie d'Aragon porta toute sa vie avec orgueil ce nom illustre, quoiqu'il lui rappelât une naissance illégitime, dont on ne croirait pas quNote 466 · Note 932: (retour) Venise, 1547, in-8º., réimprimées plusieurs fois.Note 467 · Note 933: (retour) Dialogo dell' infinita d'amore, Venise, 1547, in-8º.Note 468 · Note 934: (retour) L'un est le célèbre Benedetto Varchi, l'autre Lactance Benucci, beaucoup moins connu.Note 469 · Note 935: (retour) Il Meschino altramente detto il Guerrino fatto in ottava rima dalla signora Tullia d'Aragona, etc., Venetia, 1560, in-4º.Note 470 · Note 936: (retour) C'est elle-même qui le dit dans l'Avis aux lecteurs qui précède son poëme.Note 471 · Note 937: (retour) Non perdonando ad onor di donne maritate, non di vedove, non di monache, non di vergini secolari, non di commari, non di Note 472 · Note 938: (retour) Vieille expression proverbiale qui me paraît rendre le mieux celle dont Tullie se sert ici: Non essendo però cosa nuova cNote 473 · Ses Rime ou poésies diverses 932 lui donnent un rang parmi les lyriques italiens de ce siècle. Elle n'a écrit en prose qu'un dialogue sur l'Note 474 · Note 939: (retour) Fe por nel letto il cavaliero intanto, Ed ella ignuda gli si pose a canto. Se sarai buon guerrier, se sarai forte, ConNote 475 · En effet, cet intrépide chevalier qui ignore sa naissance, qui va partout cherchant son père, se recommandant à Dieu, redressant les torts, Note 476 · Note 940: (retour) Voyez le chap. CXLVI de la première édition, 1473, in-fol. Come la Sibilla molto instava Guerrino di Luxuria, etc.Note 477 · Je dois ajouter, en conscience, que les plus vifs de ces détails ne sont point dans le vieux roman italien en prose 940, et ne sont dus qu'àNote 478 · Note 941: (retour) Manuscrit de la Bibl. imp., fonds de Cangé, Nº. 78.Note 479 · Ne énorez, ne conjoïz 941.Note 480 · Note 942: (retour) Academ. des Inscr., t. XXIII, Histoire, p. 239.Note 481 · Note 943: (retour) Ibidem.Note 482 · Page 160, ligne 10.--«Il est certain que le succès de cette dernière fiction (Artus et sa Table ronde) avait précédé de plus d'un siècle, mêNote 483 · Note 944: (retour) Fist Artus la réonde table Dont Bretons dient mainte fable.Note 484 · Note 945: (retour) Ne tot mensonge ne tot voir, Ne tot folie ne tot savoir.Note 485 · Note 946: (retour) Ub. supr., p. 243.Note 486 · Les rapports entre Charlemagne et Artus sont sensibles, et en accordant, avec M. de Caylus, la priorité aux fables qui portent le nom de TurNote 487 · Note 947: (retour) Acta regis Arthuri, l. I. Voyez ci-dessus, p. 123, note 1.Note 488 · Note 948: (retour) De regis Arthuri mensâ rotundâ, l. I. Ibid., note 2.Note 489 · Note 949: (retour) Il ne parle du moins de Thélésin que comme d'un barde, et ne dit mot de Melkin. Voyez ci-dessus, p. 132, note 1.Note 490 · Cela est très-bien s'il ne s'agit de décider qu'entre la Chronique de Turpin et celle de Geoffroy de Montmouth; mais si Thélésin et Melkin o
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