Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Bientôt de tristes nouvelles parviennent à Bradamante. Avec le combat de Roger et ses blessures, elle apprend les assiduités de Marfise auprès de lui 711. Marfise et Roger, lui dit-on, ne se quittent plus; ils doivent s'épouser dès que Roger sera guéri: c'est le bruit général de l'armée. Bradamante est au désespoir. Elle ignore la défaite d'Agramant, et qu'il s'est retiré loin de Paris. Elle s'arme, prend la lance d'or qu'Astolphe lui a laissée, et dont elle ignore, ainsi que lui, la vertu magique, part de Montauban, et se met seule en chemin vers Paris. Elle veut aller accabler Roger de reproches, et se venger de Marfise. Elle ne manque pas, chemin faisant, de faire diverses rencontres, et de courir des aventures chevaleresques. La plus remarquable est celle du château fort de Tristan 712, où, d'après une loi établie, elle fait coucher dehors, pendant la nuit et sous la pluie, trois rois du Nord qu'elle a renversés à coups de lance. Elle y fait aussi lever de table une très-belle dame islandaise venue avec eux, et qu'un tribunal, composé de femmes et de deux vieillards, juge lui céder en beauté. La loi veut que la moins belle sorte non-seulement de table, mais du château. Le temps qu'il fait afflige autant la dame d'Islande que la sentence l'humilie; mais Bradamante, toujours aussi généreuse et aussi bonne qu'elle est intrépide et qu'elle est belle, prend la défense de celle qu'elle a vaincue, et plaide si éloquemment sa cause qu'elle la gagne. La dame reste; on soupe gaiement dans une salle ornée de belles peintures prophétiques, où l'enchanteur Merlin a fidèlement représenté les guerres des Français en Italie depuis Pharamond jusqu'à François Ier.