Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
L'Arioste a choisi avec beaucoup de discernement le point de l'action du Bojardo où il devait commencer la sienne. C'est lorsqu'une rixe s'étant élevée entre Roland et son cousin Renaud, tous deux amoureux de la belle Angélique, Charlemagne, qui avait besoin d'eux pour la bataille qu'il allait donner, remet cette beauté dangereuse entre les mains du vieux duc de Bavière, et la promet pour récompense à celui des deux rivaux qui se sera le plus distingué dans cette journée 620. La bataille est perdue, l'armée chrétienne en déroute, le duc fait prisonnier. Dans cette déroute, Angélique quitte la tente où elle était en dépôt, monte à cheval et s'enfuit dans la forêt voisine. Elle y rencontre Renaud qui court à pied cherchant son cheval Bayard. On se rappelle qu'Angélique avait bu à la fontaine de la Haine, et Renaud à la fontaine de l'Amour 621. Dès qu'il l'aperçoit, il veut l'aborder; elle le reconnaît et s'enfuit à toute bride. Elle arrive au bord d'une rivière, où elle fait une autre rencontre. Le sarrazin Ferragus, baigné de sueur, avait voulu puiser de l'eau dans son casque, et l'y avait laissé tomber. Il cherchait à le ravoir, lorsqu'il entend les cris d'effroi que jette Angélique en fuyant Renaud qui la suit. Quoique sans casque, il s'élance au-devant de Renaud et l'attaque l'épée à la main. Angélique les laisse se battre et s'enfuit de plus belle. Les deux chevaliers s'en aperçoivent, suspendent leur combat, conviennent de le reprendre quand ils auront retrouvé celle qui en est l'objet, montent tous deux, l'un en selle, l'autre en croupe, sur le cheval de Ferragus, et se mettent à la poursuite d'Angélique 622.