Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
On ignore aussi l'auteur d'un poëme en soixante-quatorze chants, dont Charlemagne lui-même est le héros. C'est du moins à son sujet, et pour une fantaisie d'amour qui lui prend dans sa vieillesse, que sont entreprises toutes les guerres qui font la matière de ce très-ennuyeux roman. Lorsqu'on en lit le titre: Innamoramento di Re Carlo 860, on s'attend à voir les aventures fabuleuses de la jeunesse de Charles, et ses amours avec Galerane, fille du roi sarrazin, chez lequel il s'était réfugié; mais ce n'est point du tout cela. C'est le vieil empereur Charlemagne à qui Lottier son bouffon de cour fait un si beau portrait de Bélisandre, fille du roi païen Trafumier que l'empereur en devient amoureux fou; il veut l'avoir absolument, et conjure le brave Renaud de lui rendre ce petit service. Renaud prend pour second son cousin Roland. Ils passent en Espagne, où ils s'embarquent pour Brimeste, capitale des états de Trafumier, située sur la côte d'Afrique, dans l'atlas particulier que se sont fait les poëtes romanciers. Les deux paladins se déguisent en marchands. Ils ont l'adresse d'attirer sur leur vaisseau ce pauvre Trafumier et sa fille qui les ont très-bien reçus. Renaud tue le roi, enlève la fille, revient en France, et l'emmène avec lui à Montauban. Il ne la remet entre les mains de Charles que quand l'empereur lui a fait payer comptant dix bonnes sommes ou charges d'argent qu'il lui avait promises; car ce n'est jamais pour rien qu'on fait ce joli métier.