Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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De qui est-elle donc amoureuse, cette superbe reine du Cathay? Hélas! de tout le monde; par enchantement, il est vrai, et par l'effet des vengeances de la méchante fée Alcine, qui croit que c'est elle qui lui a enlevé Roger; mais cet abandon général qu'elle fait de sa personne, quoiqu'involontaire et forcé, imprime au caractère de cet objet de la passion de tant de héros un avilissement, qui détruit tout l'intérêt qu'avait inspiré son amour pour Médor. Dans le palais enchanté où son ennemi la retient, la malheureuse Angélique s'enflamme pour le premier venu, se livre, est prise et quittée chaque jour, et passe de plaisirs imparfaits à la honte et à des regrets amers. Elle est si peu maîtresse d'elle-même, qu'elle se donne au vil Martano, à cet ancien amant de la coupable Origille, fouetté par la main du bourreau dans le poëme de l'Arioste 855. Origille aussi, vêtue en chevalier et couverte d'armes qu'elle a dérobées, arrive à ce palais; Angélique prend feu pour elle; et quand, pendant la nuit, elle s'est aperçue qu'elle aime en vain, elle n'en aime pas moins; et c'est un nouveau genre de peine qu'Alcine lui réservait encore.