Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Bradamante arrive enfin à Arles. Agramant y était avec son armée. Elle fait avertir Roger qu'un chevalier le défie au combat, pour lui prouver qu'il est un traître et qu'il lui a manqué de foi 716. Tandis que Roger se prépare à descendre dans la plaine, et qu'il se perd en conjectures sur le nom de l'ennemi qui ose le défier, d'autres chevaliers demandent au roi Agramant la permission d'aller combattre. Serpentin, Grandonio, Ferragus, y vont l'un après l'autre; Bradamante les abat sans la moindre peine, aide chacun d'eux à remonter sur son cheval, et ne leur impose d'autre loi que d'aller dire dans la ville que c'est un plus fort et un plus brave qu'eux qu'elle attend. «Je ne vous refuse pas, dit-elle à Ferragus, mais j'en aurais préféré un autre.--Et qui? demande Ferragus; elle répond: Roger; et à peine peut-elle prononcer ce nom; et en le prononçant, une couleur aussi vermeille que la rose se répand sur son charmant visage.» Trait délicieux de nature et de sentiment, qui rappelle toujours que cette redoutable guerrière est une jeune fille belle et sensible. Une autre guerrière qui n'a point ces faiblesses aimables, Marfise vient ensuite; elle est désarçonnée jusqu'à trois fois 717. Pendant ce temps-là, des guerriers sarrazins sortent en foule d'Arles, et des guerriers chrétiens campés à peu de distance sortent aussi de leur camp. Bientôt le combat s'engage entre eux. Roger paraît enfin; Bradamante l'attaque, mais d'un bras faible, et lui qui l'a reconnue se défend de même; il ne sait à quoi attribuer la fureur dont elle paraît animée. Enfin, il crie à Bradamante qu'il la prie en grâce de l'entendre. Ils se retirent de la mêlée, et se rendent dans un bois de cyprès, au milieu duquel est un tombeau en marbre blanc 718.