Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Astolphe et les autres paladins accourent au bruit: ils voient cet insensé; et à sa force prodigieuse, et à ce qu'on pouvait encore distinguer de ses traits, ils reconnaissent le malheureux comte d'Anglante. C'était en effet Roland qui, ayant passé, comme on l'a vu 738, le détroit de Gibraltar, suivait la côte d'Afrique, et qui, conservant son intrépidité au milieu de sa folie, dès qu'il avait aperçu une armée, s'était déterminé à l'attaquer. Les chevaliers, ses frères d'armes et ses amis, ne peuvent retenir leurs larmes en le voyant dans un si déplorable état; mais il faut le guérir et non le pleurer. Astolphe va chercher dans sa tente la fiole qui renferme le bon sens du comte d'Angers. Les autres l'environnent avec adresse, et le serrent de si près, tous à la fois, qu'ils parviennent à le saisir, à lui passer des cordes aux bras et aux jambes, et enfin à le faire tomber. Alors ils se jettent sur lui, attachent fortement tous ses membres, et le mettent hors d'état de se défendre. On le porte au bord de la mer, on le lave de toute la fange dont il est couvert. Astolphe vient à bout de placer la fiole de manière que Roland la respire d'un trait. A l'instant il redevient aussi raisonnable qu'il l'ait jamais été. Son amour disparaît en même temps que sa folie 739. On lui donne des vêtements et des armes; il ne songe plus qu'à servir sa patrie, et à la délivrer de ses ennemis. L'armée navale cingle vers les côtes de Provence; l'armée de terre assiége Biserte, capitale des états d'Agramant. Astolphe la commande, et Roland est avec lui.