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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Il propose ensuite des doutes, que la Nature s'empresse de résoudre. De questions en questions, il en fait une dont la solution est remarquable: «Si vous ne créez, dit-il, que le même esprit dans tous les animaux à qui vous donnez la vie, d'où vient que ceux qui sont privés de raison meurent tout entiers, et que de nous autres hommes il reste un autre esprit qui nous rend immortels? D'où vient que la raison se manifeste à l'homme, qu'il a un entendement, et que dans tous les autres animaux, ni la raison, ni l'entendement, ne s'éveillent jamais?--Elle lui répond: Je distribue également les esprits vitaux dans les animaux brutes et dans les hommes; mais j'y place des degrés très-différents d'intelligence: le chien en a plus que le mouton, le serpent plus que la belette, et le dauphin plus que tous les autres poissons. J'en mets encore beaucoup plus dans l'homme, et c'est pourquoi votre savoir surpasse de si loin celui des autres animaux. Quant à cet autre esprit que tu dis être immortel en vous, il n'est point mon ouvrage: si Dieu le fait, qu'il le fasse; je ne sais ce que c'est. Il est très-possible qu'il lui plaise, quand je forme les corps, de mettre quelque chose en vous qui retourne dans ses bras à votre dernier moment; et cela, si tu veux, tu peux le croire 889.» Cette traduction est littérale; le texte prouve de plus en plus ce que j'ai répété plusieurs fois, que les opinions philosophiques les plus hardies étaient communes en Italie au seizième siècle, et que pourvu qu'on n'élevât point de doute sur la discipline, la hiérarchie, et l'autorité du pape, on en pouvait former publiquement sur tout le reste.

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