Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
Cette fiction est liée à celle de l'île de Falerine et de Morgane dans l'Orlando innamorato 635. La fée Alcine est sœur de la méchante fée Morgane, et ne vaut pas mieux qu'elle. Elle retient pour son plaisir, dans les délices et dans la mollesse, les chevaliers qui tombent entre ses mains. Elle s'en dégoûte bientôt; et pour qu'ils n'aillent pas lui faire une mauvaise réputation par le monde, elle les change, selon son caprice, en arbres, en fontaines, en animaux ou en rochers. Le vieil Atlant, à qui Roger avait échappé, a imaginé ce nouveau moyen de l'écarter des dangers de la guerre. Il a eu l'art de le faire arriver dans cette île, et celui de fixer l'inconstante Alcine. Elle lui restera fidèle, et sent que désormais elle ne peut plus changer. Mais ce plan ne s'arrange point avec ceux de la bonne Mélisse, qui ne perd pas un instant de vue Roger et Bradamante. Elle instruit la fille d'Aymon du piége où est tombé son amant, et promet de l'en retirer. Elle ne demande pour cela que l'anneau d'Angélique, que Bradamante avait gardé. Avec ce talisman infaillible, déguisée sous la forme du vieil Atlant, elle va chercher Roger dans son île, le fait rougir de l'état où elle le trouve, et pour dissiper les fausses apparences qui l'ont séduit, elle lui met au doigt l'anneau magique. Roger revoit Alcine; il la revoit telle qu'elle est, c'est-à-dire qu'au lieu d'une jeune reine, belle et charmante, il reconnaît qu'il n'a eu affaire qu'à une vieille fée, chauve, édentée et ridée. Il la fuit avec horreur 636.