Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Le dessein de Renaud est de passer la mer, de voyager en Syrie, en Palestine; enfin de parcourir la terre jusqu'à la fin de son exil. Je laisse là tout ce qu'il fait avant de s'embarquer; le voilà sur mer, traversant la Méditerranée et parvenu jusqu'auprès de la Sicile. Il n'avait jamais vu de volcans; il en voit un tout en feu dans l'une des îles de Lipari; il demande ce que c'est: son pilote lui répond, comme aurait pu faire celui d'Ulysse ou d'Énée, que c'est là que Vulcain habite et qu'il forge les foudres de Jupiter. Renaud veut aller voir Vulcain dans sa fournaise; il se fait mettre à terre, trouve au pied de la montagne volcanique un petit sentier qui conduit jusqu'au fond du gouffre, y descend l'épée à la main, et arrive enfin à la porte de l'atelier où Vulcain travaillait à grand bruit avec ses cyclopes; il enfonce cette porte d'un coup de pied, dit des injures au dieu boiteux, et n'oublie de lui reprocher ni les difformités de sa taille, ni la parure de son front 885. Vulcain se met en colère, et veut le frapper de son marteau. Renaud, d'un second coup de pied, le jette en l'air jusqu'au haut du soupirail, d'où le pauvre dieu retombe au beau milieu de la fournaise. Il en sort la barbe et les cheveux grillés. Tapi dans un coin, et tremblant de frayeur, il reconnaît de loin dans la main de Renaud l'épée Frusberte qu'il avait forgée autrefois: alors il reconnaît aussi Renaud, se jette à ses pieds, se réconcilie avec lui, et lui fait présent d'un bouclier et d'un casque, fabriqués jadis pour le dieu Mars; ils se quittent enfin les meilleurs amis du monde. Renaud remonte sur la terre, et de là sur son vaisseau qui reprend aussitôt sa route.