Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
L'Arioste, en courtisan délicat, n'annonça pas d'abord son projet; il ne donna point pour titre à son poëme le nom de Roger, que toutes les branches de la famille d'Este regardaient comme leur souche commune; il n'en parla pour ainsi dire qu'accidentellement dans son invocation adressée au cardinal Hippolyte. Par une méthode qui lui est particulière, tout son début expose dans un ordre rétrograde les matières qu'il doit embrasser. Les amours et les exploits de Roger et de Bradamante, voilà le fond de son sujet: l'amour et la folie de Roland forment son principal accessoire, il y joint d'autres exploits, d'autres amours, les faits d'armes, les aventures galantes d'une foule de dames et de chevaliers, mélange qui constitue essentiellement le roman épique, et qui le différencie de l'épopée proprement dite. Le public était alors enivré de la lecture des romans, et c'est un roman que le poëte annonce d'abord par ce grand nombre d'objets qu'il promet de réunir 617. Le nom de Roland était devenu le plus célèbre des noms romanesques, et l'Arioste s'engage ensuite à raconter de lui des choses que personne n'a encore dites ni en vers ni en prose 618. Enfin il prometà au cardinal Hippolyte de chanter ce Roger, le premier héros de sa race 619.