Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
Les descriptions de lieux champêtres, de jardins, et de paysages charmants, offrent dans presque tous les chants au lecteur des repos qui le délassent et l'enchantent. Ceci nous rappelle aussitôt les jardins d'Alcine; mais ils sont destinés à nous fournir un parallèle intéressant, et nous devons les tenir en réserve pour cet usage. Sans chercher loin dans le poëme, arrêtons-nous dès le premier chant dans ce bosquet où se réfugie Angélique effrayée et poursuivie par Renaud. «Elle fuit parmi des forêts effroyables et sombres 800, dans des lieux inhabités, déserts et sauvages; le moindre mouvement des feuilles et de la verdure qu'elle entend sur les chênes, les hêtres et les ormeaux, lui cause des terreurs subites, et la fait errer, ça et là, dans les sentiers écartés. A chaque ombre qu'elle aperçoit sur la montagne ou dans la vallée, elle craint toujours d'avoir Renaud sur ses traces. Telle qu'un jeune daim, ou un chevreau timide, qui a vu, sous le feuillage du bosquet où il a reçu le jour, un léopard étrangler sa mère et lui ouvrir la poitrine et les flancs, fuit de forêts en forêts loin du barbare; il tremble de peur et de crainte 801; à chaque tige qu'il heurte en passant, il se croit sous la dent de la bête cruelle.