Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Bradamante, après une nuit agitée, comme le sont toutes les siennes depuis qu'elle croit Roger infidèle, sort du château et reprend le chemin de Paris. Elle apprend la défaite d'Agramant et sa retraite vers Arles; sûre que Roger est avec lui, elle y tourne ses pas. En approchant d'Arles, elle est instruite que Rodomont, dont on lui conte toute l'histoire, a fait prisonniers plusieurs chevaliers français: elle se détourne de sa route, va le défier sur son pont, lui reproche la mort d'Isabelle, et lui déclare que c'est une femme qui se présente pour la venger 713 Les conditions du combat sont que si elle est abattue, elle sera aussi sa prisonnière, mais que si elle l'abat, il mettra en liberté tous ses prisonniers; de plus, il lui remettra ses armes qu'elle suspendra, en expiation, au mausolée, après en avoir détaché toutes les autres. Rodomont accepte. Ses prisonniers, il est vrai, ont été envoyés en Afrique 714, mais si, par un hasard impossible, il est vaincu, il ne faudra pour les délivrer que le temps d'envoyer quelqu'un les chercher dans ses états; il en expédiera l'ordre sur-le-champ. L'orgueilleux se croit sûr de la victoire; mais la lance d'or, comme à l'ordinaire, le renverse du premier coup. Rodomont reste quelque temps à terre, frappé d'étonnement et de stupeur. Il se relève sans dire un mot, fait quelques pas, arrache ses armes, les jette loin de lui, ordonne à un de ses écuyers d'aller en Afrique délivrer les chevaliers français, s'éloigne, disparaît, et va cacher sa honte loin des humains, dans une caverne obscure 715.