Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
Bradamante ignore l'état dangereux où est Roger; mais elle est tourmentée par d'autres craintes 706. La confidente qu'elle avait envoyée à sa recherche l'a rencontré lorsqu'il était encore avec Vivien, Maugis, Richardet et Marfise. L'amitié qui s'était formée entre Marfise et Roger n'a point échappé aux yeux de cette femme; il l'a chargée de remettre à sa maîtresse la lettre qu'il avait écrite 707; et Bradamante en recevant à Montauban les excuses de Roger, a su ses liaisons avec Marfise. Il n'en fallait pas davantage pour lui faire éprouver tous les tourments de la jalousie. Sur ces entrefaites Richardet, Vivien et Maugis arrivent à Montauban; Alard et Guichard y étaient déjà. Renaud, fatigué de chercher en vain Roland et Angélique, car depuis son retour d'Angleterre il n'a pour ainsi dire fait autre chose, vient se réunir un instant à sa famille, et embrasser son père Aymon, sa mère, ses frères, sa femme et ses enfants. Il repart presque aussitôt pour se rendre enfin auprès de Charlemagne, suivi de ses cousins et de ses frères, petite troupe des plus braves guerriers. La seule Bradamante reste; incertaine encore du parti qu'elle doit prendre, elle se dit malade pour se dispenser de les suivre. Elle disait vrai, ajoute le poëte; mais son mal était le mal d'amour.