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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Elle arrive auprès de Paris; le hasard la conduit dans ce lieu même, où le jeune Médor gisait étendu sur la terre et baigné dans son sang 664. Elle croit apercevoir qu'il respire encore. Touchée de sa jeunesse, elle descend auprès de lui, met en usage la science des simples que les filles de rois possèdent dans l'Orient, étanche d'abord le sang qui coulait de sa large blessure, le fait transporter, pour le guérir, dans la cabane d'un berger qui vient à passer en cet endroit, y reste pour achever sa cure, mais bientôt se sent elle-même atteinte d'un mal plus doux et plus difficile à guérir. Enfin, cette reine superbe, qui avait dédaigné les plus grands rois et les plus illustres chevaliers, devient la conquête d'un jeune page, qui n'a pour lui que sa beauté, mais chez lui la beauté est accompagnée d'un grand courage et de sentiments généreux dont il vient de donner des preuves. Il semble que le sort devait une récompense au dévouement qu'il a fait de sa vie, et que c'est la belle Angélique qui vient lui en apporter le prix. Elle n'en fait pas seulement son amant, mais son époux. Enchantés l'un de l'autre, ils séjournent plus d'un mois dans cette humble chaumière. Les rochers, les grottes, les arbres d'alentour sont chargés de leurs chiffres, de leurs devises, de leurs noms entrelacés. Ils y gravent de tendres serments, et l'histoire naïve de leurs amours. Mais bientôt lasse de ce bonheur obscur, pour lequel on dit qu'en général les reines ont peu de goût, Angélique veut enfin retourner dans ses états, et placer la couronne du Catay sur la tête de Médor.

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