Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Le monstre obéit: aussitôt toutes les têtes de ces guerriers s'enflamment 695. Rodomont et Mandricard se disputent Doralice. Marfise, précédemment insultée par Mandricard, a commencé avec lui un combat qu'elle veut finir. Rodomont s'est emparé du cheval Frontin, qui appartenait à Roger; celui-ci veut qu'il le rende ou qu'il se batte. Tous demandent à la fois le combat. Le roi Agramant ne sait auquel entendre. Il les fait tirer au sort, à qui rompra la première lance. La lice est ouverte entre le camp et Paris; tous les rois et toutes les reines sont assis; les juges du camp sont placés. On attend avec impatience le signal du combat. Rodomont et Mandricard sont les deux premiers champions désignés par le sort. Conduits chacun dans une tente, aux deux extrémités du champ clos, leurs amis les aident à revêtir leurs armes; mais ces armes sont tout à coup dans les deux tentes le sujet de nouvelles querelles. L'un reconnaît une épée, l'autre un cheval qui lui appartient. Tandis que le roi Agramant, descendu de son trône, tâche d'accorder dans l'une des tentes Gradasse, Mandricard et Roger, Rodomont et Sacripant sont aux mains dans l'autre tente, et il faut qu'il coure les séparer. On vient aux éclaircissements. Le cheval que ces deux guerriers se disputent, est celui que Brunel avait jadis volé à Sacripant, le même jour où il déroba l'anneau d'Angélique et l'épée de Marfise. Marfise, qui se trouve là, apprend pour la première fois, que c'est Brunel qui lui a volé son épée, et que c'était pour ces beaux faits, qui méritaient la corde, qu'Agramant en avait fait un roi 696. Ce misérable était assis sur l'estrade, parmi les rois; Marfise le voit, court à lui, le saisit d'un bras robuste, l'enlève et le porte devant Agramant. Elle déclare au roi d'Afrique, qu'elle veut faire justice de ce voleur, et désigne l'endroit où elle va se rendre pour cette exécution. Elle attendra trois jours que quelqu'un vienne le défendre; passé ce terme, c'est un parti pris, elle le pendra. Cela dit, elle monte à cheval, place le pauvre Brunel en travers devant elle, et malgré ses contorsions et ses cris, l'emporte hors de la carrière. Agramant trouve cela trop fort; il se met en colère et veut suivre Marfise, pour lui arracher Brunel et venger le respect dû à sa couronne. Le sage Sobrin s'y oppose, mais il a bien de la peine à le retenir. La Discorde triomphe. Elle jette un horrible cri de joie qui retentit sur les bords de la Seine, du Rhône, de la Garonne et du Rhin.