Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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En effet, cet intrépide chevalier qui ignore sa naissance, qui va partout cherchant son père, se recommandant à Dieu, redressant les torts, replaçant les rois sur leurs trônes, pourfendant les géants et les oppresseurs, arrivant, comme Énée, chez la Sibylle de Cumes, apprenant d'elle, et de quel sang il est né, et ce qu'il doit faire pour pénétrer jusqu'au centre de la terre, par le puits de St.-Patrice; allant en Irlande chercher ce puits, y descendant instruit par de bons ermites à conjurer par le nom de Jésus tous les dangers qui vont le menacer, toutes les diableries dont il va être témoin, se faisant, dans toutes ces longues épreuves, un rempart de ce nom et du signe révéré des chrétiens, n'a rien qui puisse effaroucher la pudeur. Et pourtant une de ces épreuves se sent beaucoup trop encore des anciens penchants de Tullie; c'est celle que l'antique Sibylle lui fait subir dans sa demeure souterraine. Elle s'y est conservée toute jeune et toute fraîche, au moyen d'un changement de peau qu'elle éprouve toutes les semaines, lorsqu'elle est transformée en couleuvre, car l'imagination moderne du vieux romancier n'a pas manqué de faire de cette Sibylle une fée. Elle reçoit donc le chevalier comme l'aurait reçu Alcine. Le soir enfin, après un souper délicat et splendide, voulant prendre sa revanche d'une première tentative qui lui avait mal réussi, elle conduit Guérin dans une chambre éclairée par deux grosses escarboucles; elle le fait mettre au lit, s'y met sans façon près de lui, et nul détail n'est épargné pour nous faire comprendre à quel péril le Meschino était exposé, s'il n'eût employé la recette du saint nom, qui le tire de tous les mauvais pas 939.