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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Il y a au moins de l'originalité dans la Mort d'Oger le Danois, d'un certain Casio da Narni 869. Ce poëme singulier est divisé en trois livres; le premier contient neuf chants, le second seize, le troisième sept. Les exploits de Roland, de Renaud et des autres paladins, et la mort de ce brave Danois, en sont le sujet; mais l'auteur a mêlé tout cela de facéties, et tantôt employé le style narratif, tantôt le dramatique, selon que sa tête l'a voulu. Il a mêlé dans son récit des sonnets, des églogues, des épitaphes, un capitolo à la louange des dames, un autre à la louange de la Vertu; enfin une assez longue dissertation de Renaud sur la question de savoir lequel des deux sexes jouit le plus dans les plaisirs de l'amour; le tout en un style souvent trivial, et qui est loin de se sentir de l'admiration dont l'auteur fait profession pour l'Arioste, qu'il appelle quelque part son précepteur et son père. Il commence, comme son maître, tous ses chants par des exordes ou des prologues, dont quelques-uns, sans approcher d'un si parfait modèle, ne sont cependant pas sans agrément. Il écrivait à Ferrare, et il rend de fréquents hommages aux jeunes princes de la maison d'Este 870, quoiqu'il ne leur ait pas dédié son poëme. On ne sait rien de la vie de ce Casio da Narni, et l'on ignore si la protection d'Hercule et d'Hippolyte d'Este lui fut plus utile que celle du duc leur père ne le fut à l'auteur du Roland furieux. La bizarrerie de son esprit se fait voir jusque dans une note qui est à la fin de son poëme. Il s'aperçoit qu'il a laissé Roland dans le ventre d'une baleine, et il promet de l'en retirer dans un autre ouvrage, qu'il fera sans doute tout exprès 871.

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