Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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L'allégorie charmante et profondément morale des îles d'Alcine et de Logistille; celle de ce fleuve où le Temps jette les noms des hommes, et de ces cignes mélodieux qui les portent au temple de l'Immortalité; l'idée aussi originale que philosophique de ce bon Astolphe qui, tout en cherchant dans la lune la fiole qui contient la raison de son cousin Roland, retrouve une partie de la sienne; celle de cette arme perfide dont se sert le barbare Cimosque, d'où une poudre qui s'enflamme chasse une balle meurtrière, que Roland enlève à son lâche possesseur, et qu'il précipite dans la mer en la chargeant de malédictions 779; mille autres fictions dans lesquelles se réunissent la raison, l'esprit, la poésie et les grâces, ne méritent-elles pas qu'on pardonne au petit nombre de celles qu'un goût trop sévère refuserait d'approuver? Et ce très-petit nombre, qu'avec une connaissance parfaite de la langue, de son génie, de celui de l'auteur, du but qu'il se propose et du genre de poëme qu'il a choisi, on est encore très-porté à excuser, suffirait-il pour contrebalancer tant de beautés et pour faire descendre de son rang l'un des poëtes les plus vraiment poëtes que la nature ait jamais produits?