Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Quelquefois, comme au cinquième chant, l'Arioste n'aurait pas mieux philosophé sur l'amitié; quelquefois, comme au dix-huitième, ou ne serait pas étonné que ce fût lui qui raisonnât ainsi sur les vertus et sur les imperfections des femmes. Mais on reconnaît peut-être une pointe satyrique plus acérée que la sienne dans ce prologue du septième chant: «Malheur à vous qui ne dormez jamais, à vous qui désirez de devenir de grands personnages, qui, avec tant de fatigues et tant de peines, courez après les dignités et les honneurs! On doit avoir grande pitié de vous puisque vous êtes toujours hors de vous-mêmes; et vous ne connaissez pas bien ce que vous cherchez, car vous ne feriez pas les folies que vous faites. Cette grandeur, cet empire, cet état, cette couronne, il faut l'avoir justement ou injustement; il faut que celui qui l'obtient en soit digne ou ne le soit pas. Dans le premier cas, c'est un vrai métier d'homme de peine 832; dans le second, l'on est le but, l'objet, le point de mire de la haine, de l'envie; on est livré soi-même à la crainte jalouse, et il n'y a point d'ennemi, de maladie, de souffrance d'enfer comparable à la vie d'un tyran. J'ai comparé l'un de ces rois à un homme qui est, en-dessous, dévoré de maladies honteuses, et couvert, en-dessus, d'un beau vêtement d'or, qui empêche de voir sa misère. Encore ont-ils de plus toutes ces galanteries que je vous ai dites, la haine, l'envie, et les complots que l'on fait chaque jour contre eux. Ce pauvre homme de Charlemagne 833 avait toujours quelque triste fusée à débrouiller. Tout le monde avait les yeux sur lui, etc.»