Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Il avait voulu donner, en quelque sorte, un commencement aux deux Roland du Bojardo et de l'Arioste; un autre poëte osa vouloir donner une suite au Roland furieux et faire pour ce poëme ce que l'Arioste avait fait pour celui du Bojardo. L'entreprise était hardie, et le poëte, quoiqu'il ne fût pas sans talent, n'était pas de force à pouvoir la soutenir. Vincenzo Brusantini ou Brugiantini était un gentilhomme de Ferrare, d'un esprit bizarre et capricieux. Après avoir inutilement tenté fortune à Rome, il y parla plus indiscrètement et plus haut qu'il n'était permis sur certaines matières, fut mis en prison, en sortit plus pauvre qu'auparavant, et parcourut ensuite l'Italie, réussissant auprès de tous les princes, mais perdant toujours, par son humeur fantasque et par ses imprudences, les occasions de corriger son sort, que lui procuraient sa vivacité d'esprit et ses talents. Il se retira enfin dans sa patrie, sous la protection du duc Hercule II, à qui il dédia son poëme; et il y mourut d'une maladie pestilentielle, vers l'an 1570 852. Le titre de ce poëme est Angelica innamorata 853; le sujet est la mort de Roger, tramée par les intrigues de la coupable maison de Mayence, et la vengeance que sa fidèle Bradamante et Marfise sa sœur, tirent de Ganelon son meurtrier 854. La continuation de la guerre entre Marfise et les Sarrasins d'Espagne d'une part, Charlemagne et ses paladins de l'autre, est toujours le grand fond sur lequel cette action particulière est placée. Angélique amoureuse n'est pas seulement ici le principal épisode, comme Roland furieux dans le poëme de l'Arioste; même après la mort de Roger, ses aventures continuent et ne se terminent qu'avec le poëme. On ne peut dire pourtant qu'elle en soit l'héroïne; ce noble titre lui conviendrait mal, pour des causes que l'on va voir.