Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
Il est vrai qu'à ces épisodes touchants il s'en joint d'autres d'un différent genre, tels que la changeante Doralice, Joconde, la Coupe enchantée, Gryphon, Martan et la coupable Origille, l'aventure de Richardet et quelques autres encore; parmi tant de personnages nobles, on trouve, il est vrai, la veille et hideuse Gabrine, un vilain Ogre, imitation malheureuse du Polyphême d'Homère, un maître d'hôtellerie et une troupe de voleurs. Mais plus il est évident que l'Arioste pouvait se passer de les introduire dans son poëme, plus il l'est aussi qu'il ne les y a placés que pour délasser l'esprit du lecteur et le tenir en haleine par une plus grande variété. «Il y a, dit Voltaire, presque autant d'événements touchants dans son poëme que d'aventures grotesques; son lecteur s'accoutume si bien à cette bigarrure, qu'il passe de l'un à l'autre sans en être étonné 778.» Et quand il en résulterait quelques disparates et quelques inégalités, a-t-on droit d'exiger que dans une mine si riche et si féconde toutes les veines soient d'un or également pur?