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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Roger, à peine échappé de l'île d'Alcine 671, était tombé, malgré son amour pour Bradamante, dans une erreur des sens où la beauté peut entraîner la jeunesse, et qu'ordinairement elle lui pardonne. Il en avait été puni en perdant à la fois Angélique et l'Hippogryphe. Le magicien Atlant avait alors imaginé un nouveau moyen pour s'emparer de lui. Il avait construit par enchantement un palais, et l'y avait attiré par un prestige infaillible. Roger avait cru voir sa chère Bradamante enlevée par un géant et emportée dans ce palais. Il y avait poursuivi le géant; mais au moment où il était entré, la porte s'était fermée; il n'avait plus revu ni le géant ni Bradamante 672. Il croyait entendre la voix de sa maîtresse qui l'appelait à son secours. Il parcourait sans cesse l'édifice, et se fatiguait à chercher ce qu'il ne trouvait jamais. Et dans ce même temps, la véritable Bradamante attendait avec impatience, à Marseille, l'effet des promesses de Mélisse et le retour de son cher Roger 673. Mélisse vient enfin lui apprendre le nouveau stratagême employé par Atlant, et l'engage à se rendre avec elle au château magique, dont elle lui apprend les moyens de détruire l'enchantement. Elles y vont ensemble; pour charmer l'ennui de la route. Mélisse prédit à Bradamante toutes les femmes célèbres qui doivent sortir de son union avec Roger, et qui ajouteront à l'illustration de la maison d'Este par leurs charmes et par leurs vertus 674. Arrivées à la vue du château, Mélisse répète à Bradamante les instructions qu'elle lui a données, et la laisse aller seule, de peur d'être reconnue par le vieil Atlant. Mais Bradamante suit mal ces instructions. Elle croit voir Roger, et l'entendre invoquer son secours. Il fallait, pour le délivrer, qu'elle le tuât de sa main, lui, ou plutôt ce qui n'en est que le fantôme 675. Elle hésite; Roger l'appelle à grands cris en fuyant dans le château. Elle y entre sur ses pas: la porte se referme; et la voilà close et enchantée comme Roger lui-même. Sans cesse ils courent pour se trouver l'un l'autre: ils se rencontrent à tout moment, et ne se reconnaissent pas.

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