Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
Excédé de chaleur et de fatigue, il arrive, pendant l'ardeur du midi, dans un paysage délicieux, au bord d'un ruisseau limpide, où tout l'invite à se rafraîchir 665. Il jette les yeux sur l'écorce de quelques arbres. Il y voit le nom d'Angélique et croit reconnaître sa main. Un autre nom inconnu le frappe; c'est celui de Médor. Il lit, à l'entrée d'une grotte, de plus longues inscriptions, des preuves plus manifestes du bonheur de ces deux amants et de son malheur. C'étaient en effet les environs de la cabane qu'Angélique avait habitée avec Médor, où tout offrait les emblêmes et les expressions de leur amour. Le comte d'Angers, saisi d'abord d'étonnement, puis de douleur, s'efforce de douter encore. Il arrive à la cabane qui avait servi de retraite à l'Amour et de temple à l'Hymen. Il ne veut point accepter de nourriture, et ne demande qu'un lit où il puisse trouver quelque repos. Quel repos! Ce qu'il lit gravé sur les murs, sur la porte, sur les fenêtres, lui dit trop dans quelle chambre il se trouve, sur quel lit il s'est jeté! Les villageois hospitaliers ne comprenant rien à sa peine, lui racontent, pour l'adoucir, toute l'histoire dont ils amusaient ordinairement les passagers. Ils lui montrent un bracelet garni de pierres précieuses qu'Angélique leur avait donné pour les récompenser de leurs soins; et ce bracelet, c'était de Roland lui-même qu'Angélique l'avait reçu.