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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Le héros voyageur se préparait à revenir en Europe, lorsqu'il apprend que Charlemagne approche de l'Euphrate avec ses paladins pour aller conquérir la Terre-Sainte. Il va au-devant des chrétiens avec sa belle Juive, arrive au moment où ils sont aux mains avec l'innombrable armée du soudan d'Égypte, et contribue puissamment à la victoire. Elle avait été long-temps disputée; aussi les Sarrazins perdirent-ils dans cette journée un million d'hommes, moins 44,000, tandis que la perte des Francs ne fut que de vingt-trois personnes 904. Renaud rentre en grâce, par cet exploit, auprès de Charlemagne; mais il lui reste un voyage à faire, et malgré tout ce que l'empereur emploie pour le retenir, sa belle Juive et lui vont chercher la montagne au haut de laquelle habite la Vertu 905. Le pays où elle est située est la Grèce, et cette montagne n'est autre que le Parnasse 906. Les deux amants y gravissent ensemble, et après avoir traversé le séjour harmonieux d'Apollon et des Muses dont ils entendent les concerts, ils arrivent sur le sommet, au temple que la Vertu habite. Ce temple est rempli de siéges, brillants d'or et de pierreries, placés à différents degrés d'élévation, et plus ou moins près du trône de la déesse 907. Les deux siéges qui en sont le plus voisins sont vides. Sur les autres, ou vides ou occupés par des personnages vénérables, on voit inscrits les noms de ceux qui les remplissent ou qui doivent un jour les remplir. Dans les premiers, sont assis tous les anciens sages, les philosophes, les héros, les femmes célèbres par leurs vertus, les poëtes. Sur les siéges destinés à ces derniers, mais encore vacants, on lit d'abord les noms de Dante, de Pétrarque et de Boccace; puis un grand nombre de noms plus ou moins illustres dans la poésie et dans les lettres aux quatorzième et quinzième siècles, ensuite une seconde liste de noms fameux dans la seizième. L'auteur y fait entrer ceux de ses plus illustres contemporains et de ses meilleurs amis. Il croit même que Renaud y a lu le nom de Lodovici, qui est le sien 908. La déesse trace tout à coup sur les deux siéges qui étaient le plus près d'elle les deux noms qui y manquaient encore; et ce sont toujours ceux du doge Gritti et de cette grande et belle dame, pour qui l'auteur se consume inutilement depuis dix années. Nouveaux éloges et de Gritti et de la dame. Renaud descend enfin de la montagne, l'ame remplie des grandes leçons qu'il a reçues: il s'embarque, prend le chemin de France, et trouve en mer, non la flotte, mais l'immense vaisseau impérial, orné de tous les attributs du triomphe, que Charlemagne, après avoir conquis Jérusalem et toute la Terre-Sainte, avait fait construire pour revenir, avec ses paladins, dans ses états. Renaud est reçu à bord avec la plus grande joie; et Charles arrive enfin triomphant en Provence, non sans avoir encore remporté, avec son seul vaisseau, sur la grande flotte des infidèles, une brillante victoire.

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