Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Renaud fait part au duc Aymon son père des engagements qu'il a pris pour sa sœur avec Roger 761. Le vieux duc est fort en colère: il l'a engagée de son côté avec Léon, fils de l'empereur Constantin Copronyme. Sa femme Béatrice et lui veulent absolument que leur fille soit impératrice. La sensible Bradamante se désespère. Roger forme le dessein d'aller défier au combat ce Léon, cet Auguste, ce fils d'un empereur grec, de les détrôner son père et lui, et de se rendre ainsi, aux yeux mêmes des parents de sa maîtresse, digne d'être son époux. Bradamante n'ose opposer à ses parents aucune résistance, mais elle va trouver Charlemagne, et obtient de lui qu'il ordonne qu'aucun chevalier ne puisse obtenir sa main, à moins qu'il ne l'ait vaincue en combat singulier. Aymon et Béatrice, mécontents de cet ordre sollicité par leur fille, la renferment dans un château fort, entre Perpignan et Carcassonne. Bradamante se soumet à ses parents avec autant de respect et de modestie qu'une jeune fille qui ne les aurait jamais perdus de vue 762. Cette peinture de mœurs est admirable. Quoiqu'elle soit idéale, on sent qu'elle est de la plus grande vérité, tant il y a de différence en poésie, de l'idéal à ce qui n'est que fantastique. Bradamante devient plus intéressante que jamais au moment où elle et Roger occupent presque seuls la scène. L'Arioste a fort bien senti que la destinant à servir de tige à l'illustre maison d'Este, il devait réunir en elle, dans la vie domestique, toutes les vertus et toute la sensibilité de son sexe à l'éclatante valeur qu'elle fait briller dans les combats. Intrépide et chaste comme Marfise, elle est aussi tendre amante, fille aussi obéissante et aussi timide que si jamais elle n'eût quitté le toit paternel.