Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Mais toutes puissantes qu'étaient ces deux familles, et celle des Rangoni de Modène, et quelques autres encore dont les lettres ont gardé les plus honorables souvenirs, c'étaient pourtant des familles privées et sujettes, qui ne pouvaient rendre d'aussi grands services aux sciences et aux arts que celles qui conservaient, même dans de petits états, leur souveraineté. On doit mettre au premier rang les princes de la maison d'Este, ducs de Ferrare. On les a vus, dès le quinzième siècle, ouvrir dans leur cour un asyle aux lettres. Nicolas III, Lionel, Borso, Hercule Ier., eurent tous le même penchant pour elles. Alphonse Ier., fils d'Hercule, lui succéda en 1505; il ne régna pas moins de trente ans; mais toujours en guerre, tantôt avec les Vénitiens, tantôt avec les papes, Jules II, Léon X et Clément VII, dépouillé par eux de Modène, de Reggio, et d'autres villes de ses états, qu'il ne recouvra que vers les dernières années de sa vie 174; enfin, éprouvé par les plus cruelles traverses, il ne serait pas surprenant qu'il n'eût pu s'occuper de l'encouragement des lettres. Il le serait d'autant moins, qu'il était lui-même peu lettré. Une jeunesse faible, et presque toujours languissante, lui avait interdit l'étude; la guerre et les affaires ne lui avaient pas laissé le temps de réparer ce défaut d'éducation; cependant la cour de Ferrare ne cessa point sous son règne d'accueillir les savants, les artistes et les poëtes. Elle était bâtarde du pape Alexandre VI. Il suffit, parmi ces derniers, de nommer le grand Arioste, et d'être prévenus dès à présent, comme nous le verrons mieux dans la suite, que si ce poëte eut à se plaindre du cardinal Hippolyte, frère d'Alphonse, il ne cessa jamais de jouir auprès du duc lui-même de la plus grande faveur.