Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Ses ancêtres avaient fondé et successivement accru la bibliothèque, dont on fait remonter jusqu'au marquis Lionel, la première création; mais il était réservé au duc Alphonse II de rivaliser sur ce point avec Sixte V et Cosme Ier., peut-être même de les surpasser. Leur soin principal avait été de rassembler des manuscrits; Alphonse en ajouta un grand nombre à ceux qu'il possédait déjà; mais de plus, il donna ordre, dès l'instant même de son avénement, que, sans regarder à la dépense, on lui achetât tous les livres publiés depuis l'invention de l'imprimerie, c'est-à-dire depuis un siècle; et, peu de mois après, cet ordre était déjà presque entièrement exécuté 187. Il ne cessa, depuis lors, d'augmenter ce riche dépôt; et s'il eût eu, comme les Médicis, des successeurs qui eussent pu suivre ses traces, la bibliothèque d'Este aurait pu aller de pair avec les plus grandes et les plus belles de l'Europe; mais nous verrons bientôt que ce bonheur lui fut refusé. Il eut fort à cœur de faire prospérer l'université de Ferrare, et n'épargna rien pour que les plus savants professeurs qu'eût alors l'Italie, vinssent s'y fixer. Sa cour était le rendez-vous des hommes les plus distingués dans tous les genres; et l'on y comptait un grand nombre de femmes qui joignaient le mérite des connaissances et du goût pour les lettres, aux avantages de la naissance et de la beauté.