Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Ce ne fut pas la seule que Léon fit représenter dans des fêtes, avec sa magnificence ordinaire; et ce fut une des plus décentes. Il y avait à Sienne une société, ou académie 39 poétique et dramatique, qui jouait des comédies écrites dans le langage du peuple et des paysans siennois, et assaisonnées de tous les proverbes grivois et de toutes les gravelures dont cet idiome était enrichi. La réputation de ces espèces d'atellanes se répandit jusqu'à Rome. Léon X invita les associés à venir lui donner des preuves de leur talent; ils jouèrent dans l'intérieur du palais; et comme le pape entendait fort bien ce langage, il prit tant de plaisir à ces représentations, qu'il faisait revenir tous les ans les académiciens de Sienne 40. Quelque médiocres que leurs pièces pussent être, il faut songer à ce qu'avaient alors de piquant ces premiers essais de la comédie renaissante; il faut se transporter aux temps, se rappeler que, dans tout le reste de l'Europe, on en était encore aux Mystères et aux farces des saints, et croire que, puisque des esprits aussi cultivés qu'un Bembo, un Sadolet, et que Léon X lui-même, prenaient goût à ces divertissements, ils n'étaient pas sans quelque mérite.