Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Ce fut pourtant lui que Florence, qui conservait encore le titre de république, reçut pour chef des mains du pape. Clément crut faire assez pour le jeune Hippolyte, qui eût été un excellent militaire, en le créant cardinal. Hippolyte fut, ainsi que les autres cardinaux et les deux papes de sa famille, un très-mauvais et très-scandaleux prince de l'Église; mais il soutint, par sa magnificence et par son amour pour les lettres, l'éclat du nom de Médicis. Aucun souverain de l'Italie ne tenait une cour plus brillante. Trois cents personnes y étaient attachées à différents titres, et cette cour était le point de réunion des poëtes et des beaux-esprits 82. Le jeune cardinal cultivait lui-même la poésie. On trouve de lui, dans différents recueils, des vers italiens qui ne sont inférieurs à ceux d'aucun des poëtes de son temps; et sa traduction en vers libres du second livre de l'Énéide s'est conservée, même après celle d'Annibal Caro. On conserve aussi une de ses réponses, peut-être plus digne d'être citée que ses vers. Clément VII avait payé plusieurs fois ses dettes; le voyant augmenter sans cesse ses profusions, auxquelles les revenus mêmes de l'Église pouvaient à peine suffire, il lui fit faire des remontrances par le majordome ou intendant de sa maison. Celui-ci l'engagea, au nom du pape à réformer une partie de ce luxe inutile d'officiers et de domestiques dont il était environné. «Si je les retiens près de moi, répondit Hippolyte, ce n'est pas que j'aie besoin d'eux, mais c'est qu'ils ont besoin de moi 83.» La mort de cet aimable jeune homme fut très-funeste. Alexandre le soupçonna, peut-être avec quelque raison, d'avoir le projet de lui enlever le gouvernement de Florence; et il se délivra de cette crainte en le faisant empoisonner 84.