Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Ce fut, comme on se le rappelle, lors de l'invasion de Charles VIII et de l'expulsion de Pierre de Médicis que cette bibliothèque, fruit des soins de Cosme et de Laurent, fut pillée, comme toutes les autres propriétés de leur famille, par l'armée et par le peuple même 73. Mais elle fut dispersée et non détruite. Le gouvernement qui remplaça les Médicis fit recueillir les livres, et les vendit quelque temps après, pour 3000 ducats, aux moines de Saint-Marc 74. Le fanatique Savonarole, supérieur de ce couvent, disposa d'une grande partie de ces livres, et en fit présent aux cardinaux et aux autres personnes puissantes qui pouvaient le défendre des censures et des excommunications du pape 75. Après la chute de ce tyran démagogue, et lorsque les Médicis furent rentrés à Florence, le prieur et le chapitre, se trouvant chargés de dettes, et pressés de payer, résolurent de vendre les restes, encore très-précieux, de cette bibliothèque. Léon X, alors cardinal Jean, saisit avidement cette occasion de rentrer dans une partie si intéressante et si noble des richesses de sa maison; et les religieux, ayant obtenu la permission du gouvernement de Florence, lui envoyèrent les livres à Rome, après en avoir reçu le prix 76. Il se plut, pendant son pontificat, à les conserver et à en augmenter le nombre. Clément VII, soit aussitôt après son élection, soit même quelque temps auparavant 77, les fit reporter à Florence. Il ordonna dans la suite, par une bulle 78, que cette bibliothèque y resterait désormais; et, pour en assurer la conservation et la stabilité, il chargea le grand Michel-Ange de faire les dessins d'un magnifique édifice, où il voulut qu'elle fût déposée. Nous allons bientôt voir comment et par qui cette volonté fut exécutée; mais Clément a toujours la gloire d'avoir conçu cette belle idée, et d'en avoir confié l'exécution au premier artiste de son siècle.