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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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On voit que ce ne sont pas les atrocités qui manquent dans l'action de ce poëme, surtout dans la première partie. Cette famille des ducs d'Antone y ressemble assez, pour les crimes, à celle d'Agamemnon. Mais quelle est cette ville d'Antone, chef-lieu de leur puissance? C'est ce que le poëme n'indique en aucun endroit. Le roman des Reali di Francia la place en Angleterre près de Londres, et dit qu'elle fut fondée par Bovet, aïeul de Beuves; qu'a environ trois milles de cette ville, au-delà d'une rivière, était une colline assez élevée, sur laquelle Bovet avait fait bâtir un fort, qu'il nomma le fort St.-Simon 326. Or, dans le poëme dont Beuves est le héros, il est plusieurs fois question de la citadelle St.-Simon, comme d'un fort voisin d'Antone. On trouve aussi dans d'autres anciens romans, que Beuves était sorti d'Angleterre 327. Jean Villani s'est donc trompé lorsqu'il a dit dans sa Chronique 328 que la ville de Volterre en Italie, ville très-ancienne, bâtie par les descendants d'Italus, fut appelée Antonia, et que c'est de-là, selon les romans, qu'était le bon Beuves d'Antone. Ce n'est pas ici le lieu de rechercher ce qui l'a fait se tromper ainsi; mais on peut tirer de son erreur une conséquence très-juste sur l'antiquité de ce poëme; c'est qu'il était déjà composé et même très-connu du temps de Villani. Cet historien mourut en 1348; le poëme est donc antérieur à cette époque. D'un autre côté, dans la stance antépénultième du dernier chant, il est question du Dante:

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