Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Bibbiena excellait, dit Paul Jove 41; à faire perdre le sens aux hommes de l'âge et des professions les plus graves. Le pape prenait alors beaucoup de plaisir à s'amuser d'eux; il les comblait d'éloges, de présents, leur persuadait des choses incroyables, et parvenait à les rendre, de sots qu'ils étaient, fous, insensés, et surtout complètement ridicules; c'était précisément ce qu'on a appelé parmi nous des mystifications. C'est ainsi qu'il parvint à persuader à un vieux secrétaire, nommé Tarascon, qu'il était devenu tout à coup très-savant en musique: il le flatta si adroitement, que ce pauvre homme, enflé de sa science, se mit à établir les règles et les principes les plus extravagants. Il voulait, par exemple, que, pour mieux pincer la harpe ou la lyre, on se fît lier les bras, afin que les nerfs et les muscles, mieux tendus, touchassent les cordes avec plus de force et de finesse; et le pape, qui était lui-même très-habile musicien, raisonnant avec lui de proportions, de notes et d'intervales, faisait semblant d'admirer de si belles choses, et se déclarait vaincu dans son art 42.