← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

Reading edition

Les trois la Rovère, ducs d'Urbin, qui se succédèrent pendant ce même siècle 210, quoique souvent troublés par des orages politiques, se montrèrent animés du même zèle pour le progrès et l'encouragement des lettres. Leur cour, aussi splendide que celles des princes les plus magnifiques de ce temps, mit aussi une partie de son luxe à rassembler et à honorer les savants. Le troisième de ces princes, François-Marie II, égala ses deux prédécesseurs en amour des lettres, et eut sur eux l'avantage d'être plus lettré. Élevé par le célèbre Muzio, instruit dans toutes les parties des sciences par les plus habiles maîtres 211, son délassement le plus doux, dans les moments de liberté que lui laissaient les affaires, était de s'entretenir, non-seulement avec des littérateurs, des orateurs et des poëtes, mais avec des professeurs de philosophie, d'histoire naturelle, de théologie et de mathématiques. Époux de l'une des deux savantes et aimables filles du duc Hercule d'Este et de Rénée de France, secondé par elle dans son goût éclairé pour les jouissances de l'esprit, il fit de sa capitale, qui formait presque tout son état, le rendez-vous de ce qu'il y avait de plus distingué dans les lettres. Cette cour devint l'émule de la cour de Ferrare, et lui survécut peu de temps. Le duc François-Marie II, parvenu, sans enfants, à une extrême vieillesse, se laissa persuader de se démettre en faveur du pape Urbain VIII 212. Ce duché fut ainsi réuni à l'état ecclésiastique, et cessa, comme le duché de Ferrare, d'être compté parmi ces petits états, devenus des centres d'émulation et d'activité littéraires, dont l'action simultanée contribua tant à l'illustration de ce beau siècle.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings