Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Renaud en boit, et à l'instant il rougit de son amour, déteste Angélique autant qu'il l'aimait, revient sur ses pas pour sortir de la forêt, et ne s'arrête qu'auprès d'une autre fontaine plus agréable encore que la première. Il s'assied, se repose et s'endort. Ce n'était point Merlin qui avait enchanté cette fontaine; elle tenait de sa nature un effet tout contraire, et l'on ne pouvait en boire sans se sentir brûler d'amour; en un mot, c'était la fontaine de l'Amour même 486. Angélique, échappée aux poursuites de Ferragus, arrive un instant après. La chaleur excessive et une longue course l'ont altérée; elle boit à la fontaine, et au même instant elle aperçoit Renaud endormi. L'eau magique fait son effet; Angélique approche, admire le chevalier, cueille des fleurs, les jette sur son visage. Renaud s'éveille: elle s'attend qu'il va être enchanté de la voir; mais il l'aperçoit à peine, que l'eau de la Haine agissant en lui, il se lève brusquement, remonte sur son cheval, et fuit à toute bride. Angélique le suit de toute la rapidité du sien, en lui disant, ou plutôt lui criant les choses les plus tendres 487; mais il ne l'entend plus; Bayard l'emporte loin de la vue d'Angélique, qui revient alors tristement au lieu d'où elle était partie. Elle reconnaît la place où Renaud s'était endormi, l'herbe et les fleurs qu'il avait foulées, les arbres qui le couvraient de leur ombrage. Elle s'y arrête, adresse à tous ces objets des discours passionnés; et succombant à tant d'agitation et de fatigue, elle s'endort à son tour 488.