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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Or cette chronique ou cette histoire, qui paraît devoir contenir les idées originales des auteurs welches, gallois ou bretons, porte dans plusieurs de ses parties le caractère des inventions arabes. Les géants Gog et Magog, appelés par les Arabes Jagiouge et Magiouge 252, jouent un grand rôle dans leurs romans: dans l'histoire de Geoffroy de Monmouth, Goëmagot est un géant de douze coudées de haut, qui s'oppose à l'établissement de Brutus dans la Grande-Bretagne 253, et qu'un des chefs de l'armée de Brutus 254, homme modeste et de bon conseil, mais terrible pour les géants, enlève, met sur ses épaules, et précipite dans la mer. Le roi Arthur tue un autre géant sur la montagne de Saint-Michel en Cornouailles 255; et ce géant était venu d'Espagne, dont les Maures ou Arabes étaient alors les maîtres; et ce géant lui en rappelle un autre nommé Rython, si terrible, qu'il s'était fait un vêtement des barbes de tous les rois qu'il avait tués de sa main 256, ce qui n'avait pas empêché qu'Arthur ne coupât la sienne, après lui avoir abattu la tête 257. Il est souvent question dans cette histoire de guerriers espagnols, arabes et africains; de rois d'Espagne, d'Egypte, de Médie, de Syrie, de Babylone, que ni les Bretons, ni les Gallois ne connaissaient alors; et les fictions y sont toutes gigantesques comme celles des poëtes orientaux. Les pierres énormes, douées d'une vertu magique, transportées par des géants des côtes d'Afrique en Irlande, et de là en Ecosse par les enchantements de Merlin; les métamorphoses produites par cet enchanteur au moyen de breuvages ou d'herbes magiques; le combat entre un dragon blanc et un dragon rouge, à la vue duquel il commence à prophétiser; toute sa prophétie, où il ne parle que de lions, de serpents et de dragons qui jettent des flammes; un langage prophétique attribué aux oiseaux; l'emploi fait, dans les enchantements et dans les prédictions, de connaissances astronomiques et de procédés des arts, alors étrangers à l'Europe; tout cela paraît entièrement arabe, et atteste l'origine orientale des fables dont l'histoire de Geoffroy de Monmouth, traduite du celtique ou du langage breton en latin, est remplie 258.

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