Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Une autre source plus connue, et que personne n'avait besoin d'indiquer au Pulci, c'était la Chronique faussement, mais alors généralement attribuée à Turpin. Il cite en effet dans beaucoup d'endroits le prétendu archevêque de Rheims, et il se conforme assez souvent à ses récits, surtout dans ce qui regarde la bataille de Roncevaux et le dénouement du poëme. Souvent aussi ces citations sont ironiques; c'est un plastron dont le poëte se couvre en riant quand l'exagération est trop forte, et quand les prouesses qu'il raconte sont trop incroyables. Il met alors en avant l'autorité de Turpin, et pour des choses dont il n'est pas plus question dans Turpin que dans l'Alcoran. Il paraît d'ailleurs évident que le Pulci joignit à cette fausse Chronique et aux auteurs que Politien lui fit connaître, les détestables rapsodies qui s'étaient emparées les premières de cette matière poétique. C'est ce qui lui a fait dire qu'il était fâché de voir que l'histoire de Charlemagne eût été jusqu'alors mal entendue et encore plus mal écrite 371. C'est aussi pour cela qu'avec un génie fait pour ouvrir de nouvelles routes il ne fit cependant que marcher d'un meilleur pas dans des routes déjà battues, et que, pouvant être original, il ne fut à beaucoup d'égards qu'un copiste supérieur à ses modèles.