Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Dans cette guerre paraît pour la première fois une héroïne d'un grand caractère et qui joue dans la suite un grand rôle: c'est la belle et intrépide Marfise, reine d'une partie de l'Inde; elle commande une des armées venues au secours de Galafron et de sa fille 509. La guerre finie, les aventures ne le sont pas. Roland sort avec gloire de toutes celles qu'il entreprend. Une combinaison singulière de circonstances l'oblige, comme dans le Morgante, à combattre contre son cousin Renaud, qui, ayant appris de quelle gloire il se couvrait devant Albraque, était venu de très-loin pour la partager, sans renoncer à sa haine contre Angélique. Ce combat, plus terrible encore que celui de Roland et d'Agrican, dure deux jours 510. Le second jour, Angélique en est témoin. Elle a fait dès le matin à Roland beaucoup de coquetteries. Effrayée de sa supériorité dans le combat et du danger que court son cher Renaud, elle s'avance, retient le bras de Roland, au moment où il va frapper un coup qui peut être mortel 511, lui renouvelle toutes les promesses qu'elle lui a faites, à condition qu'il partira sur-le-champ, pour aller détruire une île enchantée, gardée par un dragon qui a dévoré tous les habitants du pays, et qui dévore encore tous les chevaliers et toutes les dames qui passent aux environs. Roland part comme un trait pour courir cette aventure. Renaud se fait panser de ses blessures; mais quoiqu'il sache bien qu'il doit la vie à Angélique, il semble qu'il ne l'en hait que davantage 512.