Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Pour plus de ressemblance avec son père et son aïeul, Alphonse II eut aussi un frère, le cardinal Louis d'Este, qui, à l'exemple des deux cardinaux Hippolyte, n'eut point de plus grand plaisir que d'accueillir les savants, de les entretenir, et de passer avec eux les jours entiers, soit à Rome ou dans ses voyages, soit dans les jardins de sa charmante villa de Belriguardo, qu'il habitait auprès de Ferrare 188. C'est au cardinal Louis que le Tasse fut premièrement attaché. Il le fut ensuite au duc lui-même. Nous verrons ailleurs le bien et le mal qu'il reçut des deux frères. Ce que l'Arioste avait souffert dans cette cour, n'était rien auprès de ce que le seul rival qu'il ait dans la poésie épique y devait souffrir. Il était de la destinée des deux plus grands poëtes de ce siècle d'illustrer, par les productions de leur génie, les princes de la maison d'Este, et de devoir à l'ingratitude de ces princes tous leurs malheurs. Grande leçon qui ne corrige pas les princes, et qui ne corrige pas non plus les poëtes!