← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

Reading edition

Dès le moment de son élection, il annonça que le règne du bon goût commençait, en prenant pour secrétaires, Sadolet et Bembo, qui avaient enfin redonné à la langue latine son élégante pureté. Il voulut que ses lettres et ses brefs ne fussent plus écrits en latin de la Daterie, mais en latin de Cicéron. Il existait encore un de ces Grecs qui avaient transporté en Europe, après la ruine de leur patrie, les trésors de leur langue et de leur savoir. Jean Lascaris avait été en faveur auprès de Laurent de Médicis, père de Léon; Charles VIII l'avait amené en France; Louis XII l'envoya en ambassade auprès de la république de Venise. Quand le roi et la république se brouillèrent, Lascaris resta à Venise, où il vécut en simple particulier, et sans doute en enseignant, comme autrefois, la langue grecque 26; car ce qu'il y a souvent de plus heureux pour l'homme de lettres honnête homme, qui consent à se charger d'emplois publics, c'est de se retrouver, après les avoir perdus, avec les mêmes moyens d'exister par son travail qu'il avait avant de les prendre. Le pape concerta avec ce savant l'exécution d'un dessein digne de son amour pour les lettres, et le meilleur qu'il pût concevoir pour répandre le goût et la connaissance de la langue grecque. Il fit venir à Rome, par le grec Marc Musurus, dix jeunes gens de familles nobles de la Grèce, et les remit entre les mains de Lascaris, qu'il chargea de les instruire à fond dans la littérature grecque et latine, et d'en former une espèce de collége, où les Italiens pourraient apprendre parfaitement le grec 27. Les langues orientales, jusqu'alors négligées, cessèrent de l'être; l'hébreu, le chaldéen, le syriaque, furent enseignés publiquement par des savants italiens, encouragés à ces études difficiles par les bienfaits de Léon X 28.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings