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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Rien ne paraissait manquer au bonheur et à l'illustration de la maison d'Este. Sans parler de sa gloire dans les armes, de l'accroissement qu'elle avait donné à ses états, et de ses grandes alliances, à ne considérer Ferrare que comme une seconde patrie des lettres et des arts, elle pouvait se comparer à Florence, et ses ducs étaient devenus les rivaux des Médicis; mais Alphonse II mourut sans enfants 189, et toute cette prospérité s'évanouit. César d'Este, son cousin, qu'il avait institué, par testament, son successeur, et qui fut proclamé par les magistrats de Ferrare, le jour même de la mort d'Alphonse, était né d'un fils naturel d'Alphonse Ier. Le duc avait ensuite légitimé ce fils, en épousant sa mère 190. Le judicieux Muratori le prouve dans ses Antiquités de la maison d'Este, et le répète dans ses Annales 191; les historiens de Ferrare le prouvent de même 192; mais il convenait au pape Clément VIII de ne pas admettre ces preuves. Sa chambre apostolique, qui aurait été sans doute désavouée par les apôtres, déclara le duché de Ferrare dévolu au Saint-Siége, pour fin de lignée ou pour d'autres causes, ce sont ses termes 193. Le Saint-Père fulmina une bulle terrible contre César d'Este, et ne lui donna que quinze jours pour comparaître devant lui, et pour se démettre provisoirement du duché de Ferrare entre ses mains. César ne se pressant pas d'obéir, Clément fit marcher contre lui vingt-cinq mille hommes d'infanterie et quelques mille chevaux. Il rappela de Hongrie ses troupes commandées par son neveu J.F. Aldobrandini, cette affaire l'intéressant, selon l'expression de Muratori 194, plus que la guerre contre les Turcs.

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