Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Cette galanterie est adressée à Charles VIII; mais dès le chant suivant, ce n'est plus que le brouillard gallican qui est descendu des montagnes, et qui a couvert de sa maligne influence toutes les plaines où le Tésin, le Tanaro, l'Adda et la Trébie, montrent leurs eaux teintes de sang. On lui dit cependant toujours qu'il faut qu'il chante les armes, les amours, les choses les plus agréables et les plus douces; mais le temps est si contraire au chant, que chacun de ses vers se résout en larmes 456. L'hiver survient, et lui rend son entreprise encore plus difficile à suivre 457. Il la suit cependant avec courage. Enfin, le printemps vient lui rendre le génie et la voix 458; mais la guerre arrive encore avec le printemps: il faut qu'il chante au bruit des armes 459. Ses malheurs deviennent plus insupportables; il est abandonné des Muses 460, des hommes et du ciel. La pauvreté d'un côté; de l'autre, les fureurs de la guerre l'enlèvent tellement à lui-même, que souvent il compose, il écrit, sans savoir s'il est mort ou vivant 461. Mais enfin il avance dans son ouvrage; il le termine, et n'invoque plus au dernier chant que le secours des Muses 462.