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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

PAR P. L. GINGUENÉ,

Reading edition

DE L'INSTITUT DE FRANCE.

SECONDE ÉDITION,

REVUE ET CORRIGÉE SUR LES MANUSCRITS DE L'AUTEUR, ORNÉE DE SON PORTRAIT, ET AUGMENTÉE D'UNE NOTICE HISTORIQUE PAR M. DAUNOU.

TOME TROISIÈME.

À PARIS, CHEZ L. G. MICHAUD, LIBRAIRE-ÉDITEUR, PLACE DES VICTOIRES, N°. 3. M. DCCC. XXIV.

PREMIÈRE PARTIE.

CHAPITRE XV.

BOCCACE.

Notice sur sa Vie; Coup-d'œil général sur ses différents ouvrages, autres que le Décameron; en latin, Traités mythologiques, historiques, etc.; seize Églogues; en italien, Poëmes; Romans en prose; la Vie du Dante; Commentaire sur la Divina Commedia.

L'effort que la nature fit en Italie au quatorzième siècle, en y produisant presque à la fois trois grands hommes, fut d'autant plus heureux qu'ils reçurent d'elle tous trois un génie différent. Ils prirent, pour monter sur le Parnasse, trois routes si diverses, qu'ils arrivèrent au sommet sans se rencontrer ni se nuire; et l'on jouit aujourd'hui de leurs productions, sans que celles de l'un puissent ni donner l'idée de celles de l'autre, ni y être préférées ou même comparées, ni, par conséquent en tenir lieu. Celui qui vint le dernier des trois parut s'élever moins haut que les deux autres; mais c'est le genre où il excella qui n'a pas la même élévation. La manière dont il le traita n'est pas moins parfaite; et il est, comme eux, au premier rang, puisque, comme eux, il n'a pu encore être surpassé.

Le père de Boccace, qui était un bonhomme, le voyant si invinciblement passionné pour les lettres, lui permit enfin de s'y livrer: il exigea seulement qu'il étudiât aussi le droit canon. Boccace essaya de lui obéir; mais il fit comme Pétrarque et comme tant d'autres hommes célèbres, il ne put prendre aucun goût pour tout ce fatras des Décrétales, et revint avec une nouvelle ardeur à la poésie et aux lettres. Il approfondit plus qu'il ne l'avait fait jusqu'alors l'étude de la bonne latinité; il apprit les éléments de la langue grecque, soit en Calabre, où elle était assez commune, soit à Naples, où il s'était intimement lié avec Paul de Pérouse, grammairien très-versé dans cette langue, et bibliothécaire du roi Robert. Il s'éleva même à de plus hautes études, et cultiva les mathématiques, l'astronomie ou plutôt l'astrologie, où il eut pour maître un Génois alors célèbre, nommé Andalone del Nero, qui avait beaucoup voyagé. Il étudia aussi la philosophie sacrée ou la théologie, mais il ne paraît pas qu'il y eût fait de grands progrès.

Ce séjour de Boccace à Milan fait époque dans l'histoire de la littérature grecque en Italie. Parmi les différents objets dont les deux amis s'entretinrent, Pétrarque parla de la rencontre qu'il avait faite, quelque temps auparavant, à Padoue, d'un petit Calabrois nommé Léonce Pilate, qui, ayant passé presque toute sa vie en Grèce, se donnait pour Grec, et l'était du moins par la connaissance la plus étendue et l'habitude la plus familière de la langue. Pétrarque lui avait fait traduire en latin quelques morceaux d'Homère, qui lui avaient donné le plus vif désir d'en avoir une traduction complète. L'imagination de Boccace s'échauffe à ce récit; Léonce Pilate était alors à Venise, d'où il comptait se rendre à la cour d'Avignon: il conçoit le dessein de l'attirer à Florence, et de l'y fixer par un enseignement public. Il part de Milan, va proposer au sénat de Florence de créer dans cette ville une chaire de langue grecque, en obtient avec beaucoup de peine le décret, part pour Venise, porte lui-même ce décret au Calabrois, qu'il persuade par son éloquence, qu'il emmène comme en triomphe, et qu'il loge dans sa propre maison.

Ce n'était pas toujours de littérature et de philosophie qu'il était question entre ces deux fidèles amis. La vie que menait Boccace, et la licence de ses premiers écrits, ne plaisaient point à Pétrarque, qui lui parlait et lui écrivait là dessus avec toute la tendresse et toute l'autorité d'un père.

Au milieu de ce travail que la destruction presque entière de ses forces lui rendait très-pénible, et qu'il était même forcé d'interrompre de temps en temps, le coup le plus terrible qu'il pût recevoir vint le frapper. Il apprit, d'abord par la voix publique, la mort de celui qu'il appelait son père et son maître: François de Brossano, gendre de Pétrarque, lui confirma ensuite cette triste nouvelle, en lui envoyant, de Venise, les cinquante florins que Pétrarque lui avait légués par son testament.

Cette lettre est beaucoup plus longue, mais ceci suffit pour faire voir combien Boccace fut affecté de cette perte. Son imagination est émue comme son cœur. On aime à retrouver ces traces du sentiment qui unissait deux hommes célèbres. Elles deviendraient surtout précieuses, et pourraient n'être pas sans utilité, dans des temps où les gens de lettres s'isoleraient entièrement les uns des autres, se concentreraient chacun dans leur intérêt particulier, n'auraient même plus pour intérêt commun celui de la gloire et du progrès des lettres, et sembleraient ignorer quel charme prêtent à l'exercice des facultés de l'esprit les communications, les conseils et les doux épanchements de l'amitié.--Boccace ne put en effet se rétablir ni par le séjour de la campagne, ni par les secours de l'art, ni par le ralentissement qu'il mit, mais trop tard, dans l'activité de ses travaux. Il languit encore jusqu'à la fin de 1375, et mourut à Certaldo le 21 décembre, âgé de soixante-deux ans.

Patria Certaldum, studium fuit alma poësis.

Boccace fut généralement regretté à Florence; où il n'avait cependant pas trouvé dans sa pauvreté beaucoup de secours. Plusieurs poëtes, et surtout Franco Sacchetti, firent des vers à sa louange. Il fut frappé deux médailles en son honneur; et la république voulant, vingt ans après, rendre un hommage plus solennel à sa mémoire, délibéra de lui ériger un tombeau magnifique, ainsi qu'à Dante et à Pétrarque, dans l'église de Sancta-Maria del Fiore; mais ce projet ne fut exécuté pour aucun de ces trois grands hommes.

Le goût dominant de Boccace, dans l'âge des passions, avait été l'amour du plaisir, tempéré par celui de l'étude. Dans son âge avancé, l'amour de l'étude resta seul, et l'occupa tout entier. Il ne s'y joignit aucune ambition de rang ni de fortune. Les emplois qui lui furent confiés vinrent le chercher, et dès qu'il put en déposer le fardeau, il le fit. Il avait la même aversion pour les affaires domestiques que pour les autres, et ne voulut jamais se charger ni de tutelles, ni d'aucune de ces fonctions privées qui engagent dans des discussions d'intérêts avec les hommes. Son caractère était franc et ouvert; il n'était pourtant pas exempt d'un fierté dont on peut blâmer l'excès, mais qui, surtout dans la mauvaise fortune, garantit des condescendances viles, et sert de sauve-garde à l'honneur et à la vertu. Sa figure était belle; son visage rond et plein; ses traits en général un peu gros, mais réguliers; sa taille haute et forte; ses manières libres et engageantes; sa conversation gaie, spirituelle et pleine d'agrément. La philosophie, l'érudition et la poésie en étaient les sujets les plus familiers, et il ne contribua peut-être pas moins par ses entretiens que par ses écrits à répandre dans sa patrie l'amour de l'étude et le goût des lettres.

Le poëme est divisé en douze livres. Thésée, qui lui donne son nom, n'en est cependant pas le héros. Ses exploits n'y forment qu'un grand épisode; mais c'est en quelque sorte dans cet épisode qu'est contenue l'action principale. Le sujet de cette action est l'amour de deux jeunes Thébains, Arcitas et Palémon, pour Émilie, l'une des amazones. Ces femmes guerrières paraissent les premières sur la scène. Leurs combats contre Thésée, la victoire de ce héros, son amour pour leur reine Hippolyte, son mariage avec elle, et les fêtes de ce mariage, célébrées en Scythie, remplissent le premier livre. Pendant ce temps, une autre guerre celle de Thèbes, s'est terminée. Créon a refusé la sépulture aux guerriers tués pendant le siége. Thésée étant revenu de Scythie à Athènes, avec son épouse Hippolyte, les veuves et les mères des guerriers à qui Créon refuse les derniers devoirs, viennent l'implorer contre ce tyran. Thésée marche vers Thèbes, défait Créon en bataille rangée, et le tue de sa main. Les morts sont ensevelis; les blessés faits prisonniers, mais traités avec humanité. Parmi la foule de ces derniers se trouvent, Arcitas et Palémon, deux jeunes guerriers du sang royal de Thèbes. Thésée instruit de leur naissance, fait prendre d'eux le plus grand soin; mais il les retient prisonniers comme les autres, et les destine à orner son triomphe. Les deux amis sont enfermés dans une prison à Athènes, auprès des jardins de Thésée. Une jeune amazone de la suite de la reine, vient le matin dans ces jardins et chante en cueillant des fleurs. Arcitas et Palémon l'aperçoivent, en deviennent amoureux, et c'est leur rivalité et leur amitié, ce sont vicissitudes de leur passion pour Emilie qui font le véritable sujet du poëme.

Après diverses aventures, Thésée, qui est instruit de leur amour, se donne un plaisir dont l'idée appartient aux siècles chevaleresques, et point du tout aux siècles héroïques. Il leur ordonne de combattre l'un contre l'autre, chacun à la tête de cent guerriers, et promet au vainqueur la main d'Emilie. Arcitas remporte la victoire; mais une Furie échappée de l'enfer fait tomber son cheval; et il est blessé mortellement dans cette chute. Quoiqu'il sente sa fin prochaine, il veut recevoir le prix qui lui avait été promis, et mourir époux d'Emilie. Il expire après avoir reçu sa main; Emilie, qui aimait Arcitas, et Palémon, qui n'avait point cessé d'être son ami, le pleurent. Tous deux paraissent inconsolables, mais tous deux ont recours à la même consolation. Thésée veut qu'ils soient unis, ils le sent; et c'est ainsi que finit le poëme. La narration en est facile et naturelle; les événements, assez bien conduits, ne sont pas enchaînés sans art les uns aux autres: il y a de l'abondance et de la facilité dans les descriptions et dans les discours, de l'imagination dans les détails, mais non dans le style, qui est faible, terne et sans couleur. L'octave y a la même forme qu'elle a toujours conservée depuis; mais elle n'a point encore la noblesses, la grâce, les chutes heureuses et l'harmonie soutenue que Politien le premier, et l'Arioste ensuite, devaient lui donner.

Le Filostrato poëme en dix parties, aussi en ottava rima, est à peu près du même temps. Boccace l'adresse de même à Fiammetta, ou à la princesse Marie, qui était alors absente de Naples, et obligée de suivre la cour à Baies. Le sujet en est encore pris de l'histoire des temps héroïques accommodée à la moderne. Filostrato n'est point le nom du héros, c'est Troïle, fils de Priam, roi sérénissime de Troie, comme notre auteur; et il intitule son poëme Philostrate, nom composé, selon sa mauvaise méthode étymologique, d'un mot grec et d'un mot latin qui signifient ensemble vaincu, ou abattu par l'amour, parce que le malheur qui arrive à Troïle est d'être ainsi vaincu, et de l'être si bien qu'il en perd la vie. Ce jeune prince devient amoureux de Chryséis, qui n'est pas ici, comme dans Homère, fille de Chrysès, grand-prêtre d'Apollon, mais fille de Calchas, évêque de Troie; c'est ainsi qu'il est qualifié dans l'argument du premier livre. Troïle fait confidence de son amour à Pandarus, cousin de Chryséis, qui lui rend de très-bons offices auprès de sa cousine. Chryséis hésite quelque temps à se rendre; mais elle cède à l'amour, aux soins empressés de Troïle, et aux conseils de Pandarus. Les deux amants sont heureux. On reconnaît l'auteur du Décaméron dans la description un peu vive de leur bonheur. Cette description, au reste, est mêlée d'anachronismes qui n'avaient alors rien de choquant, mais à qui l'on ne ferait pas aujourd'hui la même grâce. Un fils de roi ne pouvait se dispenser d'aimer beaucoup la guerre et la chasse: aussi Troïle pendant le siége, s'arrachait-il souvent des bras de Chryséis, soit pour aller combattre les Grecs, soit, lorsqu'il y avait quelque trêve, pour aller chasser dans les forêts, tenant sur le poing un faucon ou quelque autre oiseau de chasse.

Mais cette douce vie ne dure pas. Chalchas était passé dans le camp des Grecs, et avait laissé sa fille à Troie. Les Troyens, vaincus dans plusieurs combats, demandent une trêve; entr'autres conditions, les Grecs exigent que Chryséis soit rendue à son père. Les deux amants sont séparés. Troïle est au désespoir. Chryséis est reçue au camp des Grecs avec des acclamations de joie. Elle y reste quelque temps accablée de tristesse, et ne pensant qu'a son cher Troïle. Diomède entreprend de la consoler; le guerrier qui blessa Vénus ne peut pas être aussi aimable que Troïle; mais Troïle est absent; Diomède devient plus pressant de jour en jour; le cœur de Chryséis est faible. Il cède enfin, et le malheureux Troïle est oublié. Il ne cesse, pendant ce temps-là, de penser à elle et de la pleurer. Il la voit en songe, et croit la voir infidèle; il veut se tuer; Pandarus l'en empêche, ses frères et ses sœurs s'empressent autour de lui, et cherchent à le distraire de sa douleur. Sa sœur Cassandre, à qui l'infidélité de Chryséis est révélée, tâche de le dégoûter d'elle. Si du moins, lui dit-elle, tu étais amoureux d'une femme de noble origine! mais tu te consumes d'amour pour la fille d'un prêtre scélérat qui a lâchement abandonné sa patrie. Troïle se fâche contre sa sœur, dont le talent, comme on sait, n'était pas de se faire croire: il lui soutient que Chryséis est une honnête personne et incapable de lui manquer de foi. Cependant la trêve est rompue; les Grecs continuent d'être vainqueurs. Achille tue Hector. La famille de Priam est plongée dans le deuil. Rien ne distrait Troïle de son amour. Il combat à la tête des phalanges troyennes. Il revient couvert de sang et de poussière, et recommence à pleurer Chryséis. Mais il est enfin instruit de son infidélité: il en a des preuves qui ne lui permettent plus aucun doute; il veut mourir. Les combats sanglants qui se donnent tous les jours sous les murs de Troie lui en offrent les moyens. Il se précipite avec fureur, et est enfin tué par Achille.

On remarque dans ce poëme les mêmes qualités et à peu près les mêmes défauts que dans la Théséide. Peut-être a-t-il cependant plus d'intérêt; peut-être aussi le style en a-t-il un peu plus d'élégance, et les sentiments plus de chaleur et de vérité. Des critiques habiles, tels que Salvini et Apostolo Zeno, en ont fait de grands éloges; enfin il est mis, par MM. de la Crusca, au nombre des ouvrages qui font autorité, ou texte de langue. Il fut imprimé à Paris en 1789, et l'éditeur l'annonça comme paraissant au jour pour la première fois; mais on connaît quatre éditions plus anciennes, dont la première est de 1498.

L'Amorosa visione est un poëme d'un genre tout différent. C'est une vision, selon l'usage alors très-commun, et comme son titre l'annonce. Le poëte rêve qu'il est introduit dans un temple par une femme que l'on croit d'abord être la Sagesse; mais ce temple est divisé en cinq parties; il voit dans l'une le triomphe de la Sagesse, dans l'autre celui de la Gloire, dans la troisième celui de la Richesse; enfin, dans les deux dernières parties, le triomphe de l'Amour et celui de la Fortune. On ne sait donc plus quelle est sa conductrice. Peut-être est-ce sa maîtresse, à qui son poëme est adressé sans qu'il la nomme, et qu'il a fallu découvrir comme nous l'allons voir, sous le voile singulier qui la couvre. Toutes ces divinités sont assisses sur des trônes, ornés de tous leurs attributs, et environnés des personnages fameux dans l'histoire que leurs faveurs ont rendus célèbres. On croit voir ici une imitation évidente des Triomphes de Pétrarque; mais ce qui va suivre prouve que c'est une fausse apparence.

Ce poëme est en tercets ou terza rima, et partagé en cinquante chants ou chapitres assez courts, comme ceux du poëme du Dante. Une bizarrerie qui lui appartient, et dont Boccace n'avait trouvé l'idée ni dans le Dante ni dans Pétrarque, mais dans les poëtes provençaux, c'est que l'ouvrage, dans son entier, est un grand acrostiche. En prenant la première lettre du premier vers de chaque tercet, depuis le commencement du poëme jusqu'à la fin, on en compose deux sonnets et une canzone, en vers très-réguliers, que le poëte adresse à sa maîtresse, et dans lesquels se trouvent cachés leurs deux noms. Celui de Madama Maria y est tout entier, ainsi que celui du poëte, tel qu'il le signait toujours: Giovanni di Boccaccio da Certaldo, et ce nom forme le dernier vers d'un tercet ajouté au premier des deux sonnets. On voit par l'autre nom que ce poëme est encore un ouvrage de sa jeunesse, fait dans le temps de ses amours avec Fiammetta, ou la princesse Marie. Or, Pétrarque ne fit ses Triomphes que dans les dernières années de sa vie, et n'eut même pas le temps d'y mettre la dernière main. Si l'un des deux poëtes avait imité l'autre, ce qu'il n'est nullement nécessaire de supposer, ce serait donc ici Pétrarque qui serait l'imitateur.

L'action commence à Rome: mais en quel temps? il serait difficile de le deviner. Jupiter, Junon, Pluton et Vulcain, y figurent d'abord; puis Rome est désignée comme la ville où règne le successeur de Céphas. Le pape se trouve même être le vicaire de Junon. Elle lui envoie Iris; sa messagère, vient ensuite le trouver elle-même, et lui donne ses ordres. Les noms des principaux personnages sont anciens comme ceux des dieux. Quitus Lælius Africanus et Julia Topazia, son épouse depuis cinq ans, n'ont point d'enfants. Pour en obtenir, Lælius fait vœu d'aller en pélerinage au temple du Dieu qu'on adore en Ibérie; et c'est tout simplement Saint-Jacques en Gallice. Julia devient enceinte; le mari et la femme partent pour accomplir leur vœu, après avoir fait leur prière au souverain Jupiter, al sommo Giove. Le Dieu de l'Achéron est fâché de ce voyage, et entreprend de le traverser. Il prend la figure d'un chevalier, et va se jeter aux pieds de Félix, roi mahométan d'une partie de l'Espagne. Il lui fait un faux rapport de l'arrivée de guerriers romains dans ses états, qui ont déjà brûlé une de ses villes, et l'engage à les chasser et à les poursuivre avec ses troupes. Le roi marche à la tête de son armée. Lælius arrive avec sa suite. Le roi les prend pour l'armée ennemie. La bataille se donne, si l'on peut appeler ainsi la lutte d'une poignée d'hommes avec une armée entière. Lælius et ses compagnons d'armes se font tuer jusqu'au dernier. Julia vient sur le champ de bataille chercher le corps de son époux. Elle se précipite sur lui, se roule sur ses blessures, se baigne dans son sang, et remplit l'air de ses cris. Le roi vainqueur la traite avec humanité, et apprend d'elle que Lælius et ses amis, elle et ses compagnes, loin de venir avec des intentions hostiles, allaient en Gallice, accomplir un vœu que son mari avait fait au Dieu qu'on y adore, pour en obtenir un enfant. Le roi, fâché de la méprise, s'en retourne à Séville, et y emmène avec lui l'inconsolable veuve. Il la présente à la reine; ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour adoucir sa douleur. La reine était enceinte comme Julia, et au même terme qu'elle. Toutes deux accouchent le même jour; la reine d'un garçon, Julia d'une fille; la première très-heureusement, la seconde avec des douleurs qui la conduisent au tombeau. La reine lui fait faire des obsèques magnifiques, prend sous sa protection la fille qu'elle laisse orpheline, et la garde dans son palais, où elle la fait élever avec son fils.

La Fiammetta, autre roman divisé en sept livres, beaucoup moins long que le premier, est écrit d'un style plus naturel, ou, si l'on veut, moins ampoulé. L'héroïne y raconte elle-même l'histoire de ses amours avec Pamphile. Si Boccace a voulu, comme on le croit, se désigner sous ce nom, il donne une haute idée de la passion qu'il avait inspirée à Fiammetta, et du bonheur dont il avait joui avec elle. Mais ce bonheur ne dure pas long-temps. Pamphile est obligé de la quitter. Ce qu'elle souffre pendant son absence, les alternatives d'espérance et de crainte, selon les nouvelles qu'elle en reçoit, sa tristesse quand elle le croit infidèle, sa joie aux moindres apparences de retour, remplissent le reste de ce triste ouvrage, auquel on a donné, dans quelques éditions, le titre d'Élégie, et qui souvent est moins un récit qu'une complainte.

Sous prétexte d'expliquer Dante, on voit que le commentateur dit tout ce qu'il sait, et souvent ce qu'il importe peu de savoir. Mais de toutes ces explications qui furent sans doute alors très-admirées, parce que tel était l'esprit du temps, il en est peu qui puissent servir aujourd'hui pour la simple intelligence du texte; et il faut quelque patience pour les chercher dans ces deux gros volumes, où elles sont comme ensevelies.

CHAPITRE XVI.

Des Cent Nouvelles, ou du DÉCAMÉRON de Boccace.

Nous parcourons depuis long-temps les productions de l'un des hommes qui ont dans la littérature moderne la réputation la plus grande et la plus universellement répandu. Nous avons vu en lui un savant littérateur, un érudit, autant qu'on pouvait l'être de son temps; un poëte qui cherchait des routes nouvelles, qui tâchait de ressusciter l'Épopée, inventait des formes poétiques, et les appropriait dans sa langue à ce genre de poésie; enfin, un conteur abondant, mais prolixe d'événements romanesques où les lois de la vraisemblance étaient peu consultées, et qui ne rachetait même pas toujours, par les agréments de la narration, le vide et le peu d'intérêt des faits. Enfin, nous avons vu passer sous nos yeux environ quinze ouvrages de différents genres et d'inégale étendue, mais dont la destinée est à peu près la même, et qui, s'ils étaient seuls, auraient probablement entraîné le nom de leur auteur dans l'oubli presque total où ils sont plongés.

L'occasion qui donna naissance à cet ouvrage, ou du moins l'événement auquel il eut l'art de l'attacher, ne paraissait pas devoir fournir matière à des contes plaisants. J'ai parlé plusieurs fois, surtout dans la Vie de Pétrarque, d'une peste terrible qui dévasta l'Europe entière, et particulièrement l'Italie, en 1348. Florence, plus qu'aucune autre ville, en avait éprouvé les ravages. Elle était presque dépeuplée; les places et les rues étaient désertes, les maisons vides, les temples presque abandonnés. C'est dans cette situation déplorable que sept jeunes femmes, belles, sages et bien nées, se rencontrent dans l'église de Sainte-Marie-Nouvelle. Après s'être quelque temps entretenues du triste sujet des calamités publiques, l'une d'elles propose à ses compagnes de se distraire de tant de malheurs et de fuir la contagion, en se retirant ensemble pendant quelques jours à la campagne dans un lieu délicieux, où elles iront respirer un meilleur air, jouir des agréments de la belle saison, et des plaisirs d'une société libre, honnête et choisie. Mais des femmes ne peuvent aller seules et sans quelques hommes qui les accompagnent. Trois jeunes gens de la ville, amants des unes, parents ou amis des autres, vont avec elles. Les préparatifs sont bientôt faits. Dès le lendemain matin, la troupe aimable se rend à deux milles de Florence, dans une maison de campagne agréablement située, décorée de beaux jardins et d'appartements nombreux et commodes. Là, il ne pensent qu'à faire bonne chère, à chanter, danser, jouer des instruments, se promener dans les jardins, s'égayer par des conversations joyeuses et galantes, s'asseoir à l'ombre sur les gazons, pendant la plus grande ardeur du jour, et raconter des nouvelles tristes ou gaies, satiriques ou touchantes, libres et même quelque chose de plus, selon qu'elles leur viennent dans la tête; mais en gardant un ordre qui prévient la confusion et qui assure, pour ainsi dire, à chaque jour sa provision de récits.

Le premier y réussit par le récit de deux aventures; mais la belle et méchante femme toujours présente, en conte une à son tour qui détruit l'effet des premières. Le lendemain, le second philosophe raconte au roi des faits qui font encore révoquer l'arrêt de mort; mais il est porté de nouveau quand le roi a entendu un nouveau conte de sa maîtresse. Cette alternative de récits et de résolutions contradictoires qui s'entre-détruisent pendant sept jours, fait tout le fond du roman. Le roi reconnaît enfin l'innocence de son fils, et veut punir de mort sa maîtresse. Le jeune prince a la générosité de prouver, par un apologue, qu'elle ne doit pas être mise à mort. Le roi veut au moins qu'on la mutile: elle raconte elle-même un autre apologue qui prouve qu'elle ne doit pas être mutilée. Enfin, son arrêt est changé en une punition humiliante et publique.

Le plus redoutable des fléaux qui affligent cette malheureuse terre,

La peste, puisqu'il faut l'appeler par son nom,

Celui de Thucydide est peint d'une grande manière. L'historien décrit les symptômes du mal plus soigneusement qu'Hippocrate lui-même: ils sont vrais, circonstanciés, effrayants; mais, c'est la peinture qu'il fait de ses effets moraux, ce sont surtout les traits suivants que nous devons observer: on en verra bientôt la raison. «L'affluence des gens de la campagne, qui venaient se réfugier dans la ville, aggrava les maux des Athéniens et les leurs mêmes; il n'y avait pas de maisons pour eux; ils vivaient pressés dans des huttes étouffées pendant les plus grandes chaleurs; ils périssaient confusément; et les mourants étaient entassés sur les morts. Des malheureux dévorés de soif, se roulaient dans les rues, et venaient expirer près des fontaines. Les lieux sacrés où l'on avait dressé des tentes, étaient comblés de corps que la mort y avait frappés.

«Bientôt personne ne sachant plus que devenir, on perdit tout respect pour les choses divines et humaines; toutes les cérémonies des funérailles furent violées. Chacun ensevelit ses morts comme il put. Pressés par la rareté des choses nécessaires, les uns se hâtaient de les poser et de les brûler sur un bûcher qui ne leur appartenait pas, prévenant ceux qui l'avaient dressé: d'autres, au moment où on brûlait un mort, jetaient sur lui le corps qu'ils apportaient eux-mêmes, et se retiraient aussitôt. La peste introduisit bien d'autres désordres. En voyant chaque jour de promptes révolutions dans les fortunes, des riches frappés de mort, des pauvres succédant à leurs biens, on osa s'abandonner ouvertement à des plaisirs dont auparavant on se serait caché. On cherchait des jouissances promptes, et l'on ne s'occupa plus que de voluptés, quand on crut ne posséder que pour un jour et ses biens et sa vie. Personne ne daigna plus se donner la moindre peine pour des choses honnêtes, dans l'incertitude où l'on était de finir ce qu'on aurait commencé. Le plaisir, et tous les moyens de se le procurer, voilà ce qui devint utile et beau. On n'était plus retenu ni par la crainte des dieux, ni par les lois humaines: il semblait égal de révérer ou de négliger les dieux quand on voyait périr indifféremment tout le monde.»

Le philosophe se montre ici dans l'exposition des suites morales d'un mal physique. Lucrèce était aussi un philosophe; mais il parle en poëte, et c'est surtout des objets sensibles qu'il lui faut pour les peindre. Aussi ne laisse-t-il passer aucun des effets physiques décrits par Thucydide sans l'exprimer en beaux vers. Il y ajoute même quelquefois; mais il ne touche des effets moraux que ce qui pouvait être rendu en images, tel que cette violation des funérailles, et ces bûchers envahis par des cadavres auxquels ils n'étaient pas destinés. C'est même par les rixes qu'occasionent ces violences qu'il termine sa description, son sixième livre et son poëme.

Boccace décrit la peste de Florence en philosophe, en historien et en poëte. Il l'a fait venir d'Orient, non parce que Thucydide en a fait venir celle d'Athènes, mais parce que celle de Florence en vint aussi. Dans la description des symptômes, il s'accorde quelquefois avec l'auteur grec, et quelquefois il s'en écarte, selon que la vérité l'exige. Il s'étend beaucoup plus que lui sur la plupart des circonstances; sur la communication contagieuse du mal entre les hommes, et des hommes aux animaux; sur les terreurs qui en étaient la suite, le soin que chacun prenait de fuir le mal et l'abandon où restaient les malades. Mais il s'attache surtout à peindre les suites de la contagion, et son influence sur le régime de vie et sur les mœurs.

«Les uns croyant que la tempérance et la modération en toutes choses étaient le meilleur préservatif, se retiraient, vivaient à part, se renfermaient en petit nombre dans des maisons où il n'y avait aucun malade, n'y vivaient que de mets choisis et de vins exquis dont ils buvaient modérément; fuyaient toute sorte d'excès, ne parlaient point et ne permettaient à personne de venir leur parler de mort ni de maladie, enfin passaient leurs jours à entendre de la musique, ou à goûter tous les autres plaisirs tranquilles qu'ils pouvaient se procurer. D'autres, au contraire, tenaient pour certain que le meilleur remède d'un si grand mal était de boire beaucoup, de jouir de toutes manières, de chanter et de s'amuser sans cesse, de satisfaire, autant qu'on le pouvait, toutes ses fantaisies, et quoi qu'il pût arriver, de rire et de se moquer de tout. Ils vivaient conformément à ce système; passaient les jours et les nuits à aller d'une taverne à l'autre, et à boire sans fin et sans mesure. Ils en faisaient autant, et plus volontiers encore, dans les maisons de leur connaissance, dès qu'ils y savaient quelque chose qui fût à leur convenance, ou pût leur faire plaisir; ce qui leur était d'autant plus facile, que chacun, comme s'il ne devait plus vivre, abandonnait le soin de ce qui lui appartenait, et le soin de lui-même. La plupart des maisons étaient devenues communes; l'étranger y entrait et usait de tout comme le maître. Ils n'étaient attentifs à éviter que les malades.

«Cet abandon était général. Les citoyens s'entr'évitaient: presque aucun voisin ne prenait soin de l'autre; les parents cessaient de se voir, ou ne se voyaient que rarement et de loin: la terreur alla même au point qu'un frère ou une sœur abandonnait son frère, l'oncle son neveu, la femme son mari, et, ce qui est plus fort encore et presque impossible à croire, les pères et les mères craignaient de visiter et de soigner leurs enfants, comme s'ils leur fussent devenus étrangers. Les malades, dont la multitude était presque innombrable, ne recevaient donc de secours que de la tendresse d'un petit nombre d'amis, ou de l'avarice des domestiques qui ne les servaient que dans l'espoir d'un gros salaire: encore étaient-ils rares, presque tous gens bornés, peu au fait d'un pareil service, seulement bons pour donner aux malades ce qu'ils demandaient, ou pour observer l'instant de leur mort, et qui souvent en servant ainsi se perdaient, eux et le gain qu'ils avaient fait. De cette désertion des voisins, des parents, des amis et de la rareté des domestiques, vint un usage presque inouï jusqu'alors; aucune femme, quelque jolie, ou même quelque belle et de quelque naissance qu'elle fût, ne fît difficulté, lorsqu'elle était malade, d'avoir à son service un homme, ou jeune ou vieux, de se découvrir sans honte devant lui, comme elle l'eût fait devant une femme, dès que sa maladie l'exigeait. Il en résulta que celles qui guérirent, eurent dans la suite moins d'honnêteté peut-être, ou certainement moins de pudeur. De cette cause et de plusieurs autres naquirent parmi ceux qui survécurent des habitudes toutes contraires aux anciennes mœurs des Florentins.»

Ici, comme l'auteur grec, mais avec les différences apportées par les temps, les pays, les religions et les rites, Boccace décrit fort au long les changements occasionnés par la peste dans la célébration des funérailles. «On ne mourait plus entouré de femmes, de parentes et de voisines qui venaient pleurer autour du lit; les voisins, les proches, la foule des citoyens, et selon la qualité du mort, le clergé ne l'attendaient plus au sortir de sa maison; des hommes de son état ne le portaient plus sur leurs épaules, avec des chants funèbres, et précédés de cierges funéraires, jusqu'à l'église qu'il avait désignée lui-même. Plusieurs sortaient de la vie sans témoins; et ce n'était qu'à un très-petit nombre qu'étaient accordés les gémissements et les larmes de leurs proches et de leurs amis. À la place de ces signes de douleur, on entendait le plus souvent des éclats de rire, des plaisanteries et des bons mots, usage que les femmes, dépouillant la pitié naturelle à leur sexe, et le croyant plus sain pour elles, avaient trop facilement appris. Il était rare que les corps fussent accompagnés à l'église de plus de dix ou douze voisins. Ce n'était point eux, mais des enterreurs à gages qui venaient enlever la bière, et la portaient à grands pas à l'église la plus voisine, précédés de cinq ou six prêtres qui, sans se fatiguer par de trop longues prières, la faisaient jeter au plus vite dans la première fosse vacante. Le sort du petit peuple, et même de la classe moyenne, était encore plus misérable. On trouvait le matin leurs corps aux portes des maisons où ils avaient expiré pendant la nuit. On les entassait deux ou trois dans une seule bière; il arriva même plus d'une fois que le même cercueil emporta la femme et le mari, le père et le fils, les deux ou même les trois frères. Très-souvent lorsque deux prêtres allaient avec la croix chercher un mort, ils rencontraient trois ou quatre bières, dont les porteurs se mettaient à la suite des premiers, et au lieu d'un seul corps qu'ils croyaient enterrer, ils en avaient six, huit, et quelquefois davantage. Ni luminaire, ni larmes, ni cortége ne les accompagnaient, et les choses en vinrent au point qu'on ne tenait pas plus de compte d'un homme mort qu'on en tient aujourd'hui du plus vil bétail.

«La condition des campagnes environnantes n'était pas meilleure que celle de la ville. Dans les fermes, dans les chaumières, dans les chemins, au milieu des champs, le jour, la nuit, les pauvres et malheureux cultivateurs, sans secours du médecin, sans l'aide d'aucun domestique, périssaient avec leur famille. Bientôt leurs mœurs se relâchèrent comme celles des citadins. Leurs propriétés, leurs affaires ne les intéressèrent plus. Tous regardant chaque jour, comme celui de leur mort, ne songeaient ni à faire travailler, ni à travailler eux-mêmes, ni à retirer le fruit de leurs travaux passés, mais s'efforçaient de consommer ce qu'ils avaient devant eux, par tous les moyens qu'ils pouvaient imaginer. Les bestiaux, les troupeaux, les animaux de basse-cour, les chiens mêmes, ces fidèles compagnons de l'homme, erraient dans la campagne, dans les terres labourées, à travers les moissons, sans guides et sans maîtres. Enfin, pour en revenir à la ville, la violence du mal y fut telle, que, dans le cours de quatre ou cinq mois, plus de cent mille créatures humaines y périrent, nombre, ajoute l'auteur, auquel on n'aurait pas cru, avant cette maladie terrible, que dut s'élever celui de ses habitants.

«Ô combien, s'écrie-t-il, en terminant ce triste tableau, combien de grands palais, de belles maisons, de nobles demeures, auparavant remplies de familles nombreuses, restèrent vides de maîtres et de serviteurs! Ô combien de races illustres, combien d'opulents héritages, combien d'amples richesses demeurèrent sans successeurs! Combien d'hommes de mérite, de belles femmes, de jeunes gens aimables, que Galien, Hippocrate, ou Esculape lui-même auraient jugé dans l'état de santé la plus parfaite, dînèrent le matin avec leurs parents, leurs compagnons, leurs amis, et soupèrent le lendemain au soir dans l'autre monde avec leurs ancêtres!» Cette dernière phrase se ressent du commerce que l'auteur entretenait avec les anciens: elle est empreinte de leurs opinions sur l'autre monde, et tout-à-fait étrangère aux opinions modernes; mais dans la description qu'elle termine et que j'ai infiniment réduite pour n'en prendre que les traits les plus frappants, quoiqu'il y en ait quelques-uns que l'on peut prendre pour des imitations, on voit que le tout ensemble est conçu et dessiné d'après nature. Tel était donc le relâchement des mœurs, occasioné par la peste même, lorsque Boccace écrivit son Décaméron; et cette cause de désordres est d'autant plus remarquable, qu'abstraction faite des temps et des croyances religieuses, elle fut la même à Athènes et à Florence, et qu'elle est également développée dans Thucydide et dans Boccace.

L'auteur florentin écrivait sous les yeux de la génération même qui avait vu cet affreux spectacle, et qui était, pour ainsi dire, un débris de cette grande ruine. Nous ne pouvons apprécier aujourd'hui que le talent du peintre; mais, ce qui frappa le plus alors, fut la ressemblance et la fidélité du tableau. Les couleurs en étaient bien sombres, et paraîtraient au premier coup-d'œil assez mal assorties avec les peintures gaies dont on croit communément que la collection entière est remplie; mais, en passant condamnation sur la gaîté trop libre d'un grand nombre de ces peintures, on ne doit pas oublier qu'elles ne sont pas, à beaucoup près, toutes de ce genre, et qu'il y en a d'intéressantes, de tristes, de tragiques même, et de purement comiques, encore plus que de licentieuses. Boccace répandit cette variété dans son ouvrage, comme le plus sûr moyen d'intéresser et de plaire; et ce qui est admirable, c'est que, dans tous ces genres si divers, il raconte toujours avec la même facilité, la même vérité, la même élégance, la même fidélité à prêter aux personnages les discours qui leur conviennent, à représenter au naturel leurs actions, leurs gestes, à faire de chaque Nouvelle un petit drame qui a son exposition, son nœud, son dénouement, dont le dialogue est aussi parfait que la conduite, et dans lequel chacun des acteurs garde jusqu'à la fin sa physionomie et son caractère.

Les prêtres fourbes et libertins, comme ils l'étaient alors; les moines livrés au luxe, à la gourmandise et à la débauche; les maris dupes et crédules, les femmes coquettes et rusées, les jeunes gens ne songeant qu'au plaisir, les vieillards et les vieilles qu'à l'argent; des seigneurs oppresseurs et cruels, des chevaliers francs et courtois, des dames, les unes galantes et faibles, les autres nobles et fières, souvent victimes de leur faiblesse, et tyrannisées par des maris jaloux; des corsaires, des malandrins, des ermites, des faiseurs de faux miracles et de tours de gibecière, des gens enfin de toute condition, de tout pays, de tout âge, tous avec leurs passions, leurs habitudes, leur langage: voilà ce qui remplit ce cadre immense, et ce que les hommes du goût le plus sévère ne se lassent point d'admirer.

Aussi notre grand Molière, qui prenait partout et à toutes mains des matériaux qu'il se rendait propres par l'art de les employer et par son génie, Molière, qui emprunta de Boccace le sujet entier de deux de ses petites pièces, l'École des Maris, et Georges Dandin, qui est encore une école des maris, faisait-il du Décaméron un cas particulier. Ce n'était pas seulement dans Plaute, dans Térence et dans quelques comiques italiens et espagnols, qu'il puisait pour augmenter nos richesses, et qu'il étudiait les secrets de l'art du dialogue, et même les secrets plus profonds des caractères, c'était aussi dans Rabelais et surtout dans Boccace.

Bien d'autres que Molière ont puisé dans cette source féconde. Lafontaine et d'autres conteurs après lui n'y ont pris que des sujets d'un seul genre, et en cela d'abord ils ont marqué une prédilection dont une morale austère est en droit de les blâmer: mais, de plus, ils se sont privés du plus grand charme de l'ouvrage de Boccace, je veux dire de cette riche et inépuisable variété. On voit, et l'on ne peut leur en savoir gré, que c'est par choix qu'ils ont tiré du Décaméron tout ce qui pouvait irriter les sens, exciter les passions, enflammer les imaginations et les corrompre; tandis que Boccace au contraire semble n'avoir traité ces mêmes sujets que parce qu'ils entraient dans la composition générale du grand tableau qu'il voulait tracer, et ne leur a donné en quelque sorte d'autre place dans son ouvrage que celle qu'ils tenaient dans les mœurs.

Sans se donner la peine de feuilleter, on n'a qu'à ouvrir la première Journée, et en lire de suite les trois premières Nouvelles; on verra dans la première un coquin de Ser Ciappelletto, scélérat impénitent et endurci, qui se moque, au lit de mort, d'un pauvre imbécille de confesseur, lui fait, dans le plus grand détail, une confession niaise, et, après la vie la plus scandaleusement débordée, qu'il couronne par ce dernier acte, meurt en odeur de sainteté, au moyen de cette confession hypocrite, est révéré comme un saint après sa mort, a plus de dévots, plus de neuvaines, et fuit autant de miracles qu'aucun autre. Dans la seconde, un marchand juif, très-honnête homme, mais entêté de ses rêveries hébraïques, tiraillé par un ami pour se faire chrétien, prend le parti d'aller à Rome, afin d'observer de près celui qu'on appelle le Vicaire de Dieu sur terre, et les cardinaux, et toute cette cour. S'ils sont tels qu'il en puisse conclure que la foi du Christ vaut mieux que celle de Moïse, il se fera baptiser; sinon, il restera juif. Son ami craint les suites d'un tel examen, et veut le détourner de ce voyage; mais il n'en peut venir à bout. Le juif, arrivé à Rome, y voit, depuis le pape, les cardinaux et les prélats, jusqu'au dernier des courtisans, un train de vie dont on doit s'attendre qu'il va éprouver un grand scandale, et qui paraît devoir le rendre inébranlable dans sa foi; tout au contraire; de retour à Paris, et interrogé par son ami: Je me rends, dit-il, je ne puis résister à une preuve si forte. Le pasteur et tous les autres, qui devraient être les fondements et les soutiens de votre religion, semblent employer tous leurs soins, tout leur art, tout leur génie pour la détruire. Ils n'en peuvent venir à bout; elle croît sans cesse, et devient chaque jour plus florissante, plus brillante et plus respectée. J'en conclus que c'est Dieu lui-même qui en est le fondement et le soutien. Ma résolution est donc prise; qu'on me baptise et n'en parlons plus.

Enfin, dans la troisième Nouvelle, le sultan Saladin veut éprouver un autre juif, et le prendre par ses paroles pour tirer de lui de l'argent. Il lui demande quelle est celle des trois religions, juive, musulmane, ou chrétienne, qu'il croit être la véritable. Le juif, qui devine l'intention du sultan, se tire ainsi d'affaire. Un homme riche, lui dit-il, avait dans son trésor, entre beaucoup d'autres bijoux, une bague du plus grand prix. Il voulut en perpétuer la propriété dans sa famille, et régla, par son testament, que celui de ses fils, à qui il aurait laissé cette bague ou cet anneau, serait reconnu son héritier, respecté et honoré par ses frères comme leur aîné. Le premier qui en hérita fit de même, le second encore, et ainsi des autres, jusqu'à ce que l'anneau parvint à un homme qui avait trois fils également beaux, également vertueux, également obéissants à leur père, et qu'en récompense il aimait tous également. Ne voulant donner à aucun des trois la préférence, il fit faire par un ouvrier habile, deux autres anneaux si parfaitement semblables au premier, que, ni lui ni l'ouvrier lui-même, ne pouvaient plus les reconnaître. Il donna en mourant à chacun de ses fils, en cachette des deux autres, un de ces trois anneaux. Le père mort, chacun des frères réclama l'hérédité, et présenta son anneau pour preuve. La ressemblance totale des trois anneaux occasiona un procès qui embarrassa tellement les juges, quand ils voulurent décider quel serait le véritable héritier du père, que la cause fut appointée, et qu'elle l'est encore. J'en dis autant, ajouta le juif, des trois lois données aux trois peuples par Dieu leur père. Chacun croit voir son héritage, sa loi, ses commandements; mais lequel les a véritablement? Cette question est encore indécise comme celle des trois anneaux.

La mère en prescrira la lecture à sa fille,

est une entreprise folle, et l'on a bien fait d'y renoncer.

Après ce jugement d'un esprit sage et aussi instruit des lois du goût que de celles de la décence, on ne doit pas cesser de regretter que Boccace ait gâté un si délicieux ouvrage par des détails qui défendent de le laisser entre les mains de la jeunesse; mais à l'âge où il est permis de tout lire, on peut faire du Décaméron une de ses lectures favorites, une étude utile pour la langue, pour la connaissance des mœurs d'un siècle, et des hommes de tous les siècles: on peut, à l'exemple du sage Molière, y apprendre à représenter au naturel les vices, les ridicules et les travers: on en peut tirer des sujets de tragédies touchantes, de comédies gaies, de satires piquantes, d'histoires agréables et utiles, de discours éloquents et persuasifs: on peut enfin, en passant quelques endroits qui n'offrent plus aucun aurait à ceux pour qui ils n'ont plus aucun danger, jouir d'une production variée, amusante, attachante même, entremêlée de descriptions, de narrations, de dialogues; pleine de verve, d'imagination d'originalité, de naturel, et d'une élégance de style qui, si l'on en excepte un petit nombre d'expressions et de tours que le temps a fait vieillir, est à l'abri de toutes les critiques, comme au-dessus de tous les éloges.

CHAPITRE XVII.

État général des lettres en Italie pendant la dernière moitié du quatorzième siècle. Universités; suite des études publiques; études particulières; histoire, poésies latines et italiennes; Nouvelles dans le genre du Décaméron; grands poëmes à l'imitation de celui du Dante; dernières observations sur le quatorzième siècle.

On l'a dit avec vérité,

Quand un roi veut le crime, il est trop obéi.

Un art moins conjectural que la médecine, avait eu, dès le commencement de ce siècle, un écrivain qui a joui et jouit encore d'une grande réputation. Pierre Crezcenzio écrivit, dans un âge fort avancé, sur le premier des arts, l'agriculture. Sa vie active appartient plus au treizième siècle qu'au quatorzième. Né à Bologne d'une famille honnête et aisée, après y avoir fait ses premières études en philosophie, en médecine et dans les sciences naturelles, il se livra plus particulièrement à l'étude des lois. Il ne prit cependant point le degré de docteur et se borna au titre de juge, qui était alors celui des simples jurisconsultes. Ils avaient le pouvoir de traiter, de débattre et de défendre les causes; mais ils ne pouvaient pas occuper les chaires publiques et y donner des leçons, privilége réservé aux seuls docteurs.

C'est une triste consolation d'avoir des semblables. J'aimerais mieux être malade tout seul. Je suis tourmenté par mes maux et par ceux des autres. On ne me laisse pas respirer. Tous les jours des vers, des épîtres viennent pleuvoir sur moi de tous les coins de notre patrie: mais ce n'est pas assez; il m'en vient de France, d'Allemagne, d'Angleterre, de Grèce. Je ne puis me juger moi-même et l'on me prend pour juge de tous les esprits. Si je réponds à toutes les lettres que je reçois, il n'y a point de mortel plus occupé que moi: si je ne réponds pas, on dira que je suis un homme insolent et dédaigneux. Si je blâme, je suis un censeur odieux: si je loue, un fade adulateur. Ce ne serait encore rien, si cette contagion n'avait pas gagné la cour romaine. Que pensez-vous que font nos jurisconsultes et nos médecins. Ils ne connaissent plus ni Justinien, ni Hippocrate. Sourds aux cris des plaideurs et des malades, ils ne veulent entendre parler que de Virgile et d'Homère. Mais que dis-je? les laboureurs, les charpentiers, les maçons abandonnent les outils de leur profession, pour ne s'occuper que d'Apollon et des Muses. Je ne puis vous dire combien cette peste, autrefois si rare, est commune à présent, etc.»

Corona porto per la patria degna Acciocchè liberta ciascun mantegna.

Malheureux! si je pense encore Au peu qu'a gagné par ses vers Le grand Pétrarque auprès de Laure, Aux longs tourments qu'il a soufferts... Je frémis, je me sens de glace: J'écris pourtant, et le temps passe.

Il les écrivit pour son amusement, lorsqu'il était podestat ou premier magistrat d'une petite ville, que l'on croit être Bibbiena. Elles étaient au nombre de trois cents. On n'en a retrouvé et publié que deux cent cinquante-huit. Sacchetti ne les a point encadrées, comme Boccace, dans une fiction générale, ni entremêlé d'entretiens, de descriptions et de vers. C'est lui qui raconte, en son nom, des faits dont souvent il a été témoin lui-même. Le style en est extrêmement pur, et fait autorité dans la langue. Il est plus familier et descend plus habituellement au langage commun que celui du Décaméron; et c'est surtout dans les sujets gais et populaires qu'il peut être utile de l'étudier. On y acquiert l'intelligence d'un grand nombre de mots et de proverbes toscans, qui y sont employés dans leur vrai sens et dans toute leur force. Quand aux aventures, aux bons mots et aux faits plaisants, il y en a moins de libres et d'indécents que dans Boccace, mais trop encore pour que ce recueil puisse être mis entre les mains de tout le monde. La plupart de ces traits servent à faire connaître le caractère et les mœurs des Florentins de ce temps-là. Plusieurs ont pour acteurs des hommes connus dans l'histoire politique et dans celle des lettres, et offrent des particularités de leur vie, que l'on ne trouve point ailleurs. Comparés avec des passages des anciens historiens de Florence, ces traits servent quelquefois à les éclaircir.

Sacchetti ne se donne pas moins carrière que Boccace sur les moines, les hypocrites, les caffards; il a, dans ce genre, un assez grand nombre de contes naïfs et piquants; et remarquons bien que l'Inquisition n'a jamais proscrit ces Nouvelles, qu'elles n'ont été mises sur aucun index, ni soumises à aucune correction apostolique, et qu'elles ont toujours été lues et réimprimées librement.

Le même siècle fournit un autre conteur qui n'a pas moins de mérite que Franco Sacchetti, et que plusieurs même lui préfèrent. C'est l'auteur d'un Recueil qui porte le singulier titre de Pecorone. Cet augmentatif de pecora signifie en italien la même chose qu'en français, une pécore, un imbécille. Il plut à un homme d'esprit de se donner ce titre par bizarrerie; mais personne en le lisant n'est tenté de le prendre au mot. En tête de son recueil est un sonnet qui n'est pas plus bête que le reste. En voici à peu près le sens:

S'il y a doute et partage sur l'état de l'auteur du Pecorone, il n'y en a point sur son mérite. Les philologues toscans le placent fort peu au dessous de Boccace, quant à la pureté du langage, aux agréments du style et aux termes propres de la langue, dans laquelle il fait autorité. Il voulut, comme Boccace, lier ensemble ses Nouvelles, et les placer dans un cadre qui leur donnât de l'intérêt et de l'unité. Pour de l'unité, il y en a sans doute, mais ce cadre est froid et mesquin, et n'a rien de l'intérêt, de la grâce et de la variété de son modèle.

Il y avait à Forli, dans un monastère de femmes, une prieure et plusieurs religieuses qui menaient toutes la vie la plus sainte et la plus exemplaire du monde. Entre elles, on distinguait une sœur Saturnine, jeune, belle, sage, et de mœurs si pures et si angéliques, que la prieure et les autres sœurs étaient remplies d'amour et de vénération pour elle. La réputation de sa beauté et de sa vertu était répandue dans tout le pays. Il se trouvait alors à Florence un jeune homme nommé Auretto, plein de sagesse, de sensibilité, de bonnes mœurs et de talents, qui avait dépensé en galanteries une grande partie de son bien. Il entendit parler de l'aimable Saturnine, en devint éperduement amoureux, sans l'avoir vue, et imagina de se faire moine, d'aller à Forli, et de se présenter pour chapelain à la prieure, afin de voir la jeune sœur tout à son aise. Il exécuta ce projet et suivit sa vocation de point en point; il arrangea ses affaires, prit le froc, se rendit à Forli, et, par l'entremise d'une personne adroite, devint peu de temps après le chapelain du couvent. Il se comporta si bien dans cette place, qu'il mérita bientôt par sa conduite l'amitié de la prieure, celle des sœurs, et surtout de sœur Saturnine. Or il advint, dit naïvement l'auteur, que ledit frère Auretto, regardant honnêtement plusieurs fois ladite sœur Saturnine, et elle le regardant de même, et leurs regards se rencontrant, ils s'entendirent si bien, que, du plus loin qu'ils s'appercevaient, ils se saluaient en souriant. Leur amour faisant des progrès, plusieurs fois ils se prirent la main, et ils se parlèrent, et ils s'écrivirent souvent. Enfin ils prirent le parti de se trouver à une certaine heure au parloir, qui était dans un endroit retiré et solitaire. Ils y vinrent, et trouvèrent tant de plaisir à causer ensemble, qu'ils résolurent d'y revenir une fois par jour. Ils s'imposèrent pour règle, de se raconter tous les jours l'un à l'autre une Nouvelle, pour s'amuser et passer agréablement leur temps. C'est ce qu'ils font pendant vingt-cinq jours, et ce qui produit une suite de cinquante Nouvelles, beaucoup mieux racontées qu'elles ne sont liées avec adresse: car ce frère Auretto et cette sœur Saturnine, qui ne font chaque jour que revenir au parloir, se saluer, se prendre la main, s'asseoir, conter chacun son histoire, chanter une chanson ou ballade (car cette imitation du Décaméron ne manque point à ce recueil), se lever, se remercier du plaisir qu'ils se sont fait, et se quitter pour revenir de même, ne sont pas de l'invention la plus heureuse, et finissent même, à parler franchement, par être mortellement ennuyeux.

Les choses se passent, comme on voit, le plus honnêtement du monde entre ces deux amants, qui seulement, à la fin de trois ou quatre de leurs visites, ajoutent à leurs autres politesses un baiser d'amour. Cela n'empêche pas que M. le chapelain et madame Saturnine ne s'émancipent quelquefois dans leurs récits, plus que ne le devraient faire de si sages personnes. Dans les deux premières Journées, toutes les Nouvelles sont assez semblables, pour le fond, à celles de Boccace; mais les détails ne sont jamais licencieux, et l'expression est aussi plus décente. Dans la troisième, malgré son attachement pour la cour de Rome, l'auteur s'égaie aux dépens d'un cardinal que sa maîtresse va rejoindre à Avignon, déguisée en jeune moine. Il est vrai qu'il faut prendre garde à ce lieu où résidait alors la cour romaine. Tous les Italiens, guelfes ou non, semblent s'être accordés alors pour regarder comme de bonne guerre tout le mal qu'ils pouvaient dire des mœurs de la Babylone de l'Occident. Ce n'est pas non plus, dans la Journée suivante, marquer un trop grand respect pour le consistoire papal, que de le montrer embarrassé tout entier par un misérable sophiste, et sur le point de tomber dans l'hérésie, faute de pouvoir lui répondre, si un étranger pauvre et modeste ne venait les tirer tous de peine. C'est pourtant à Rome que ce joue cette espèce de farce théologique, précédée même de quelques traits où le pape et le sacré collége ne sont pas plus ménagés que s'ils étaient encore à Avignon. Nous qui ne sommes ni Guelfes ni Gibelins, nous pouvons, puisque cette Nouvelle n'a rien de contraire aux mœurs, avantage que toutes sont loin d'avoir, y jeter les yeux, pour faire connaissance avec la manière de l'auteur.

Cependant ses domestiques, après l'avoir attendu plusieurs jours, croyant que leur maître avait été volé et tué, avaient regagné la France. Arrivés à Paris, ils y répandent le faux bruit de sa mort. On le regrette universellement. Il n'y a que son rival Jean-Pierre qui en ait de la joie. À présent, dit-il, je pourrai faire ce que je désire depuis si long-temps. Il part à son tour pour Rome, va proposer en plein consistoire une question contraire à la foi, et tâche, par ses subtilités, d'introduire une hérésie dans l'Église. Le pape assemble tout le collége des cardinaux, et ne trouvant rien à répondre, ils délibèrent avec eux d'appeler de toutes les parties de l'Italie les plus savants décrétalistes, évêques, abbés, et prélats, de les réunir dans un consistoire où l'on examinera la question proposée par maître Jean-Pierre. L'appel est fait. L'abbé du couvent où s'est retiré maître Alain est convoqué comme les autres. Alain apprenant de quoi il s'agit, le prie en grâce de le mener avec lui. L'abbé, qui le croit un homme simple, ignorant, et sachant à peine lire, le refuse d'abord. Alain insiste; l'abbé cède; ils arrivent à Rome. Alain veut que son abbé le mène au consistoire. L'abbé le croit devenu fou. Alain le suit, et comme beaucoup de monde se trouve à l'entrée du palais, il se glisse dans cette presse, se cache sous la chape de l'abbé, et entre avec la foule. L'abbé, forcé de le laisser faire, va s'asseoir avec les autres abbés; Alain s'assied entre ses jambes, et regarde par l'ouverture du devant de la chape, pour voir ce qu'on va faire et entendre ce qu'on va dire.

Un instant après, Jean-Pierre arrive, monte à la tribune en présence du pape, des cardinaux et de tous les docteurs, énonce hardiment sa proposition, et la prouve par les raisons les plus astucieuses et les plus subtiles. Maître Alain démêle sur-le-champ le sophisme; et voyant que personne n'ose se lever pour y répondre, il met la tête hors de la chape, et crie d'une voix forte le mot jube. C'était la forme pour obtenir la permission de parler, ou, comme on dit aujourd'hui, pour demander la parole. L'abbé lève la main, lui donne un grand coup sur la tête, et lui ordonne de se taire. On regarde; on ne sait d'où est venue cette voix. Alain remet la tête à l'ouverture, et crie plus fort que la première fois; chacun regarde encore, et demande à l'abbé ce qu'il a sous lui. C'est, répondit-il, un frère convers qui est fou.--Et pourquoi amenez-vous des fous au consistoire? Voilà une grande querelle et un grand bruit. Les massiers s'avancent avec leurs masses pour mettre le fou dehors. Alain s'élance de dessous la chape, prend sa course, et va se jeter aux pieds du pape. Il lui demande avec instance la permission de répondre à la question proposée. Le pape la lui accorde. Alors il monte posément à la tribune, reprend avec ordre la proposition et les preuves, répond à tout, met dans sa discussion tant de clarté, dans sa réfutation tant de force, que Jean-Pierre reste confondu. Ou tu es, lui dit-il, l'esprit de maître Alain, ou tu es quelque malin esprit. Alain se fait enfin connaître. Le pape, enchanté de lui, veut le faire cardinal, et reconnaît que sans lui l'Église de Dieu allait tomber dans une grande erreur. Alain refuse cette haute fortune; et, quoi que dise le pape, quoi que fasse l'abbé lui-même, il retourne humblement à l'abbaye reprendre ses fonctions de frère convers. Cela est très-édifiant sans doute dans maître Alain; mais quelle farce ridicule que celle de ce consistoire, et quel respect est-ce avoir pour la croyance qu'il est chargé de maintenir, que de faire dire gravement par le pape, que, sans un moyen si extraordinaire, l'Église entière, vaincue par un sophiste, allait errer dans sa foi! Il en est pourtant du Pecorone comme du Recueil de Franco Sacchetti, il n'a jamais été prohibé ni mis à l'index.

Le poëte était dans la saison de notre âge qui partage l'année, lorsque le soleil passe au front de la Vierge et quitte le Lion, ce qui signifie, si je ne me trompe, la même chose que Dante a dite en un seul vers, qui est le premier de son poëme! «Au milieu du chemin de cette vie humaine.» Il s'apperçoit que dans la vie tout est vanité, excepté de contempler Dieu, ou de faire quelque chose qui ait du prix après la mort. Cela fait naître en lui le désir de se donner de la peine pour laisser après lui quelques bons fruits. En pensant à ce qu'il pourra faire, il se décide à voyager, à voir le monde et les peuples qui l'habitent, à écouter, à s'instruire des lieux, des faits et du nom des hommes qui se sont le plus distingués par leurs vertus. Il se met aussitôt en chemin, et va cherchant la bonne route. Il était encore engagé dans la mauvaise, où il s'était égaré jusqu'alors, il sentait encore les mêmes épines qui le piquaient dans sa marche en se cachant parmi des fleurs, lorsqu'il est forcé de s'arrêter, au déclin du jour, accablé de fatigue et de sommeil; il se couche sur le côté gauche, s'endort, et voit en songe des choses qui l'encouragent dans son dessein.

Il voit venir à lui une femme avec des ailes étendues, et un air si noble et si honnête qu'il n'a jamais rien vu de pareil. Elle était vêtue d'une robe aussi blanche que la neige, et portait une couronne sur laquelle on lisait ces mots: «Je suis la Vertu; c'est par moi que la race humaine s'élève au-dessus de tous les autres animaux. Je suis cette lumière qui guérit l'ame et embellit le corps.» Plusieurs femmes, avec des ailes de diverses couleurs, paraissaient tranquillement plongées dans les rayons de sa lumière, comme les poissons, pendant l'été, dans une onde claire et limpide. Cette femme s'approche de lui au milieu de ces belles fleurs, et parait lui-dire: «Lève-toi, répare le temps que tu as ainsi perdu; ne reste plus enfermé dans ce bois; ne cherche plus à cueillir la rose sur sa dangereuse épine. Songe que celui qui a le plus voyagé ici bas, lorsqu'il arrive au but, trouve que la somme entière de ses jours est moins qu'une matinée. La faim, la soif, les veilles, ton corps doit apprendre à tout souffrir, si tu veux acquérir de l'honneur, de vrais biens et me suivre.» Elle lui recommande d'éviter désormais les fausses routes, de ne se plus égarer comme les compagnons d'Ulysse avec Circé, comme César avec Cléopâtre; d'être patient comme Job et Jacob. Après quelques autres exhortations, elle souffle dans sa poitrine une ardeur inconnue. Elle ne le quitte point; mais il s'éveille en sentant cette force nouvelle pénétrer jusqu'à son cœur.

A son réveil, il entend raisonner, parmi les rameaux verts, la douce mélodie du printemps. Il se tourne vers ces doux chants, se souvenant du plaisir qu'il avait eu à les entendre. Il éprouve que lorsque l'amour s'est introduit dans un cœur on a beau l'en arracher, on a bien de la peine à faire qu'il n'en germe encore quelque fleur. Il résiste cependant à cette amorce, reprend son généreux dessein, et se sent devenu un autre homme, puisqu'il peut résister à la douceur de ces chants, et à celle des rêveries qui déjà s'étaient emparées de son esprit. Il lève les yeux, voit le soleil fort élevé sur l'horizon, et le reporte vers la terre, pour se rappeler ce qu'il a vu en songe et les discours qu'il a entendus. Enfin il se lève, et monte sur un tertre, pour tâcher de découvrir son chemin, mais il ne voit de tous côtés que les halliers et les bois. Alors, de même qu'un voyageur égaré, qui ne trouve personne à qui demander sa route et ne peut la deviner lui-même, a recours à l'objet de sa croyance et lui demande conseil et secours, de même il se jette à genoux, joint les mains, et adresse à Dieu une fervente prière.

Elle est à peine achevée, qu'il voit une clarté subite briller comme un éclair et disparaître. Au même instant, il croit entendre une voix qui lui dit d'écarter la peur, la vanité, la négligence, et d'espérer en celui qu'il prie. Il sent alors se dissiper les ténèbres de son intelligence, et, au lieu d'un bois épais et sombre, il voit devant lui une route libre et ouverte. Il s'y avançait avec joie et marchait avec légèreté, lorsqu'au pied d'un rocher il aperçoit un ermite. Sa pâleur et sa faiblesse annonçaient son grand âge. Une barbe blanche descendait jusque sur sa poitrine, et ses sourcils tombaient si bas qu'ils lui ôtaient presque la vue. Le poëte le prie de se faire connaître à lui. L'ermite écarte avec sa main ses longs sourcils, découvre ses yeux, le regarde tranquillement, et lui dit qu'il se nomme Paul et qu'il n'a pas besoin de lui en dire davantage. Il demande à son tour au poëte qui il est, et ce qu'il cherche dans ces déserts. Satisfait de ses réponses, il l'invite à passer la nuit auprès de lui.

Libre désormais de suivre sa route, il voit à quelque distance un homme d'un aspect agréable et qui annonce un génie élevé, tenant un livre dans sa main gauche et dans sa droite un compas. C'est Ptolémée; il l'aborde, lui fait part de son projet, et reçoit de lui des conseils pleins de sagesse. Ptolémée, pour le préparer à voyager avec fruit, lui apprend à connaître la structure générale du monde, la division de la terre en ses principales parties, les deux hémisphères, les deux pôles, les différentes zones, les mers, et les précautions à prendre pour y voguer avec sûreté. Après cette leçon de cosmographie, Ptolémée quitte le voyageur. Celui-ci, resté seul, repassant dans son esprit tout ce qu'il vient d'entendre, est effrayé de nouveau des périls et des fatigues qui l'attendent. Il restait en suspens, quand cette belle femme, qui lui avait apparu la première, et qui ne s'était point éloignée de lui, l'interroge, lui demande ce qui l'arrête, et, par des exhortations nouvelles, lui rend toutes ses résolutions et toute sa force.

Cependant il s'adresse encore à ce Dieu qu'il a déjà prie, et c'est avec le même fruit; car il voit aussitôt paraître et s'approcher de lui un sage qui l'accueille et l'écoute, à qui il expose son dessein, ce qu'il a déjà tenté pour l'exécuter, et le besoin qu'il a de secours. Ce sage est enfin celui qu'il cherche; c'est Solin qui s'offre à lui servir de guide, et lui promet de le conduire dans toutes les parties de la terre. Le poëte s'abandonne entièrement à lui; Solin commence par le faire voyager sur une carte. Il lui montre d'abord les trois parties du monde, seules connues alors, les différents pays et les grands états qu'elles renferment, les montagnes qui s'y élèvent, les principaux fleuves qui les arrosent. Le voyageur interrompt cette longue leçon de géographie pour demander à son maître où était le paradis terrestre. Solin lui apprend ce qu'il en sait, et ce qui se réduit à peu près à rien. Ensuite ils se mettent en marche, et, après un peu de chemin, ils arrivent au bord d'un fleuve qui coulait dans une belle vallée.

Ici se trouve encore une vision ou apparition, mais la plus grande et la plus poétique de toutes. Une femme se présente à eux, vieille, affligée, baignée de larmes, en habits de deuil tout déchirés et souillés de poussière, et, malgré ce triste appareil et ce vêtement misérable, ayant un air si noble et si rempli de dignité, qu'on voit dans toute sa personne l'habitude du commandement, et les traces d'une ancienne puissance. C'est Rome qui déplore ses malheurs, et qui, interrogée par le poëte, en raconte toute l'histoire. Elle remonte jusqu'aux premiers habitants de l'antique Italie, et redescend jusqu'aux temps modernes, et jusqu'à l'époque même où l'on était alors; cet abrégé de l'histoire romaine, mis dans la bouche de Rome personnifiée, n'est pas une idée commune, ni dépourvue de grandeur; l'exécution n'est pas non plus sans mérite. Elle a du moins celui de la rapidité, de la concision, du choix des faits, et d'un ordre clair et facile, dans une suite d'événements qui ne contient pas moins de vingt-quatre ou vingt-cinq siècles, et qui est ici renfermée dans quarante-huit chapitres.

C'est Rome elle-même qui conduit les voyageurs dans sa ville, et qui leur en fait admirer les plus beaux monuments. Ils la quittent pour aller à Naples, vont jusqu'à la pointe de l'Italie, reviennent par la marche d'Ancône et la Romagne; visitent Venise, d'où ils remontent dans la Lombardie, en parcourent tous les états, vont à Florence, redescendent à Gênes, enfin voyagent dans l'Italie entière. Solin expliquant toujours au poëte tout ce qui l'embarrasse, ou dans la connaissance des lieux ou dans celle des faits. Ils montent sur un vaisseau, et parcourent les îles de la Méditerranée, la Corse, la Sardaigne et la Sicile; puis les voilà débarqués dans la Grèce, où il serait trop long de les suivre, car il n'y aurait alors aucune raison pour s'arrêter aux limites de l'Europe, et pour ne point passer avec eux en Afrique et en Asie.

Il blesse en effet pour lui une nymphe de Junon, que cette déesse avait donnée à Diane; mais à peine est-elle devenue sensible, que Junon l'apprend, la rappelle, la fait battre par ses autres nymphes, et l'envoie captive sur le mont Olympe. Nouveau désespoir du poëte, qui veut aller trouver Junon et obtenir la liberté de celle dont il a causé la disgrâce. Mais Junon, reine et habitante de l'air, est inaccessible. Il est obligé de renoncer à ce dessein. Vénus lui apparaît, assise sur l'arc d'Iris, et lui promet la nymphe Ilbine. Cette Ilbine s'est promise à Minerve, qui a promis aussi de la choisir entre toutes ses compagnes. La déesse descend, environnée d'un nombreux cortége, fait le choix qu'elle avait annoncé et emmène avec elle sa nouvelle sujette, que le poëte appelle en vain. Minerve veut l'engager à la suivre et à venir habiter sa cour, mais enchaîné par la puissance de l'Amour et de sa mère, il y reste soumis et Minerve l'abandonne.

En lisant pour titre du second livre de ce poëme, il Regno di Satanasso, le règne de Satan, on ne devine pas quel peut être le conducteur du poëte dans les états de cet ennemi du salut des hommes. C'est Minerve; il va la trouver de la part du seigneur de Trinci, qui est très-bien avec elle; et quand il lui a donné sa parole qu'il est entièrement brouillé avec l'Amour, elle consent à lui servir de guide vers le séjour de la Vertu, qui est le but de son voyage; mais il doit encore trouver bien des obstacles et combattre bien des ennemis. Le premier de tous est Satan; c'est lui qui gouverne le monde. Depuis long-temps il est sorti de l'enfer, et, dans sa fureur contre les hommes, il s'est établi au milieu d'eux; il y règne avec ses géants, menace le ciel, et se dit roi de l'univers. Il s'est fait une demeure tout-à-fait semblable au véritable enfer; il y rassemble les Vices, la Mort et toutes les misères humaines. Pour bien connaître cette constitution infernale, il faudra descendre d'abord au fond de l'abîme, d'où vient tout ce qu'il y a de mal sur la terre. Après en avoir vu tous les cercles et les ames qui y sont tourmentées, ils remonteront aux lieux où Satan a établi son trône et le siége de son empire. Telle est en effet la marche de l'action du poëme dans ce livre, où l'on trouve beaucoup de choses imitées du Dante, les cercles ou Bolge, Juda, Caïn, Cerbère, la cité de Pluton, les limbes, les divers supplices, Titye, Phlégias, Sisyphe, les Centaures, Circé, les trois Furies; enfin, Satan au milieu de sa cour; et parmi tout cela des allusions fréquentes à l'histoire de ce temps-là, et des prédictions en bien ou en mal de choses arrivées dans les divers états d'Italie.

Ayant vu Satan et tout examiné dans ses états, il s'agit de le combattre corps à corps et de le vaincre pour pénétrer dans l'enceinte où sont les Vices, non plus déguisés et cachés sous des dehors attrayants, mais avec leurs véritables formes et sous leurs propres couleurs. Satan a des proportions et des forces qui pourraient effrayer les athlètes les plus vigoureux; mais elles sont peu redoutables pour un homme conduit par Minerve. C'est elle qui instruit le poëte à lutter contre ce terrible adversaire. Il profite de ses leçons, et au moment où Satan croit l'avoir terrassé, il le prend par un pied et le renverse. Alors plus d'obstacle pour lui. Il parcourt avec sa conductrice les sept enceintes des péchés que l'on nomme mortels. Il les examine à loisir; elle les définit, les décrit avec leurs attributs; explique l'origine, les effets, les modifications différentes et comme les ramifications de chacun. C'est encore, sous une autre forme, l'idée de Brunetto Latini, dans le Tesoretto, et de Cecco d'Ascoli, dans l'Acerba, mais plus approfondie et plus étendue que dans l'un et dans l'autre.

Ses deux nouveaux guides lui font connaître toutes les merveilles du lieu où il les a trouvés; ils le font ensuite entrer dans le séjour dont ce n'est en quelque sorte que l'avenue. Chaque Vertu y a son temple et sa cour particulière. Les explications que l'auteur reçoit tantôt des Vertus elles-mêmes, et tantôt d'Énoc ou d'Élie, remplissent le quatrième livre. Elles sont très-théologiques, très-orthodoxes, et rien n'empêche de croire que tout ce dernier livre, et même le second et le troisième aient été l'ouvrage d'un bon dominicain et d'un saint évêque. C'est aussi, à beaucoup d'égards, celui d'un poëte. Le style, quoique moins hardi, moins figuré, moins neuf que celui du Dante, a quelque chose de toutes ces qualités, et l'on voit aisément que l'auteur en avait fait sa principale étude. Ce ne sont pas seulement ses inventions et ses idées qu'il emprunte; il imite aussi ses expressions et ses tours. Il est tout aussi bon théologien que lui; et s'il ne l'est que suffisamment pour l'état qu'il avait dans le monde, il l'est beaucoup trop pour le rang qu'il pourrait avoir sur le Parnasse. Il a fallu tout le génie du Dante pour le maintenir dans celui qu'il occupe; et si, des trois parties de son poëme, la première n'eût frappé l'imagination par tant d'objets nouveaux et terribles; si la seconde ne l'eût souvent enchantée par des tableaux riants, par des descriptions angéliques et par tous les charmes de l'espérance; si la troisième enfin, avec sa théologie et sa doctrine, toute poétique qu'elle est par l'expression, fût restée seule, ou si elle eût communiqué aux deux premières son ton scholastique et doctoral, on admirerait peut-être encore l'auteur de la Divina Commedia, à cause de ce génie créateur qui tira du chaos une langue, mais depuis long-temps on ne lirait plus.

Hélas! le temps, l'heure et les cloches, Dont tous mes sens sont étourdis, Me répètent souvent l'avis De la mort et de ses approches.

Nous voici enfin arrivés à la fin de ce quatorzième siècle qui nous occupe depuis si long-temps. L'importance dont il est dans l'histoire des lettres me servira d'excuse pour les détails où j'ai cru devoir entrer. Trois grands hommes le remplissent presque tout entier de leur nom et de leurs ouvrages; mais ils n'y méritent pas seuls l'attention; elle doit toujours se porter sur le mouvement général des esprits. Ce mouvement était devenu presque universel, et se communiquait de l'Italie aux autres nations de l'Europe. Il allait toujours croissant depuis trois siècles, et commençait à se diriger mieux, à s'écarter des fausses routes, à se porter sur de plus dignes objets. Si l'on en considère un instant les progrès dans le cours de ces trois siècles, on peut partager en deux classes la somme de connaissances qui était en circulation. La première embrasse les études publiques, et l'autre les études particulières. Les Universités, avec leurs lois, leurs méthodes, leurs professeurs, et les ouvrages qu'elles ont produits remplissent l'une de ces classes: la littérature, toujours séparée jusqu'alors de l'enseignement public, occupe l'autre.

Quant aux études particulières, elles ne faisaient que de naître, et déjà leur influence était sensible. Dante, Pétrarque et Boccace en furent les fondateurs. L'antiquité avait en quelque sorte disparu toute entière de la mémoire des hommes. L'étude assidue que le Dante fit de Virgile, la passion constante de Pétrarque pour Virgile et pour Cicéron, celle de Boccace pour toute l'antiquité grecque et latine sont les premiers traits de cette nature qui brillent parmi les modernes. Les heureux fruits de cette passion qu'on apperçoit dans leurs ouvrages font plus vivement sentir quel retardement funeste dans les progrès de l'esprit humain avait résulté de l'obstination à les écarter des études, depuis qu'avait commencé ce qu'on appelait la renaissance.

Elle a été surtout sensible en Italie, de l'aveu des Italiens les plus éclairés: c'est un mal presque inévitablement attaché à un grand bien, celui de la culture de l'esprit, de la multiplication des talents et de la propagation des lumières; ces deux derniers bienfaits ne vont pas toujours ensemble. Les talents se multiplient quelquefois sans que les lumières se répandent en même proportion. Le quatorzième siècle en Italie fut surtout remarquable par les grands talents qu'il produisit. Le siècle suivant n'eut point de pareils phénomènes, mais de grandes découvertes y firent faire à l'esprit humain en général des pas immenses; et ce qui est principalement remarquable, elles le portèrent rapidement à un point d'où il pouvait s'élancer dans des espaces presque sans bornes, et d'où il ne pouvait plus rétrograder.

CHAPITRE XVIII.

Coup-d'œil général sur l'état politique et littéraire de l'Italie pendant la première moitié du quinzième siècle. Grand schisme d'Occident. Protection accordée aux Lettres par les papes; autres puissances d'Italie amies des Lettres; à Milan, le dernier Visconti; la maison d'Este à Ferrare; les Gonzague à Mantoue; les Médicis à Florence; Alphonse Ier. à Naples; Cosme de Médicis, sa vie, son pouvoir, ses richesses, ses bienfaits envers les Lettres et les Arts.

Le quinzième siècle s'ouvrit en Italie sous d'heureux auspices. Le siècle précédent lui avait légué les chefs-d'œuvre et les exemples de trois hommes de génie, une langue créée par eux et fixée, enfin la connaissance et l'admiration renaissante des anciens, source de toute bonne littérature. Les trois sources d'erreurs, de faux esprit et de mauvais goût, qui avaient été long-temps les seuls objets d'étude, la théologie scolastique, la dialectique de l'école et le chaos embrouillé des deux jurisprudences, reléguées dans les Universités, n'empêchaient pas que les études particulières ne se portassent avec ardeur vers cette lumière de l'antiquité qui sortait de dessous des ruines et qui brillait d'un nouvel éclat. Les républiques qui existaient encore, et les princes qui s'étaient élevés et agrandis sur des républiques éphémères, rivalisaient de magnificence dans les édifices, de luxe dans l'appareil et le cortège du pouvoir, de zèle à encourager tout ce qui pouvait accroître la prospérité des états, et par conséquent les sciences et les lettres, déjà reconnues pour l'un des moyens de prospérité le plus noble et le plus puissant. La protection qu'ils leur accordèrent à cette époque était d'autant plus importante que si l'on apercevait de toutes parts une grande émulation pour les lettres, et si un grand nombre d'esprits distingués se montrait avide de recherches et de travaux, il n'y eut point durant ce siècle, de ces génies extraordinaires et transcendants qui sont tout par eux-mêmes et qui n'ont besoin ni d'encouragement ni d'appui. On ne voit, quand on l'examine attentivement, presque nul moyen possible d'empêcher Dante, Pétrarque et Boccace d'être ce qu'ils ont été. Il n'est presque aucun des hommes célèbres du quinzième siècle dont on en puisse dire autant. Animés et encouragés comme ils le furent, ils firent de grandes choses, augmentèrent la masse des connaissances, et firent faire à leurs contemporains des progrès dans la culture des lettres; mais on ne voit pas aussi bien ce qu'ils auraient été sans les circonstances heureuses que rassemblèrent autour d'eux la faveur et la protection des gouvernements et des princes, et sans les rivalités mêmes qu'excitaient entre eux cette protection et cette faveur.

Il est donc ici plus nécessaire que jamais de connaître la situation politique des différents états de l'Italie, et ce qui fut fait dans chacun pour accélérer et pour diriger ce mouvement d'émulation générale qui entraînait tous les esprits. Deux des grands événements qui signalent ce siècle, la découverte de l'imprimerie et la chute de l'empire grec, arrivèrent presque ensemble au milieu de son cours. Alors le sort des lettres éprouva une révolution qui forme une grande époque dans l'histoire morale des peuples. La littérature du quinzième siècle se partage donc en deux moitiés comme le siècle même. On pourrait dire en général que l'influence de l'un de ces deux événements a été si forte, qu'elle forme non seulement une époque, mais une ère; et que, dans la chronologie de l'esprit humain, l'on devrait dater les années avant la découverte de l'imprimerie ou après.

La Puissance qui, depuis plusieurs siècles, semblait dominer sur toutes les autres, et qui, par sa prépondérance politique et religieuse, pouvait en exercer le plus sur ce mouvement universel, la puissance pontificale se trouvait alors dans une position critique et singulière qui la neutralisait en quelque sorte et rendait presque nulle son influence. Déjà pendant vingt-deux ans le grand schisme d'Occident avait déchiré l'Église. Depuis le pape Urbain VI et l'anti-pape Clément VII, les papes et les antipapes se succédaient, s'excommuniaient réciproquement. Les cardinaux qui nommaient les uns et les autres se prétendaient également inspirés de l'Esprit saint. Les gouvernements de l'Italie et de l'Europe se partageaient entre eux par des considérations purement temporelles. Le sang coulait pour des querelles de conclave; et les peuples, sans rien entendre à ces querelles, servaient le parti qu'avaient épousé leurs maîtres, et se laissaient ruiner ou se faisaient tuer en sûreté de conscience, pour l'un ou pour l'autre également. Les cardinaux se lassèrent enfin de ce partage. Ils se réunirent, en 1409, au concile de Pise. Chacun des deux conclaves fit le sacrifice de son pape; et ils s'accordèrent tous pour en nommer un troisième qui devait être l'unique. Mais si Alexandre V, qu'ils nommèrent alors, eut des partisans parmi les puissances de l'Europe, Grégoire XII, l'un des deux papes destitués, en eut aussi: l'Espagnol Benoît XIII, dont le nom était Pierre-de-Luna, ne perdit point les siens; et au lieu de deux papes on en eut trois.

Si l'état de l'Église était agité, comme nous venons de le voir, au commencement de ce siècle, l'état civil de l'Italie n'était pas beaucoup plus tranquille. Jean Galéas Visconti, duc de Milan, le plus puissant des princes qui s'y étaient formé des souverainetés indépendantes, partagea en mourant, en 1402, ses immenses domaines entre Jean-Marie et Philippe-Marie, ses deux fils légitimes, et Gabriel son fils légitimé. Mais la jeunesse de ces princes, confiée à un conseil de régence mal assorti et bientôt divisé, sous le gouvernement d'une mère violente et cruelle, fit que ce grand héritage dépérit promptement entre leurs mains. Plusieurs villes s'affranchirent, ou reconnurent pour maîtres des hommes puissants parmi leurs concitoyens; les princes voisins et les républiques de Florence et de Venise s'agrandirent aux dépens des trois frères. Jean-Marie se rendit odieux par ses cruautés, et fut massacré après environ dix ans de règne. Philippe-Marie, héritier de ses états, éprouva pendant trente-cinq ans toutes les vicissitudes de la fortune, tantôt porté au comble du bonheur et de la puissance, tantôt tout-à-fait abattu. Les dernières années de sa vie furent les plus malheureuses. Il vit plusieurs fois les troupes vénitiennes s'avancer jusque sous les murs de Milan, et piller toutes les campagnes. Le chagrin abrégea ses jours. Il mourut, en 1447, ne laissant aucun enfant mâle pour lui succéder, mais seulement Blanche, sa fille naturelle, mariée avec François Sforce, fils du célèbre capitaine de ce nom, grand capitaine lui-même, et que ce mariage, sa bravoure et son adresse élevèrent bientôt après au souverain pouvoir.

Cosme, resté maître de cette immense fortune et de ce grand pouvoir, ajouta encore à l'une et à l'autre. Les orages qui s'élevèrent contre lui, son exil, son rappel; l'accroissement de puissance qui en fut la suite, et qui lui donna pour toute sa vie, une espèce de magistrature suprême sans titre, et une autorité presque sans bornes, n'appartiennent point à cet ouvrage. La conduite politique des Médicis, leur usurpation adroite, et la substitution faite par eux du gouvernement ducal à la constitution républicaine de Florence, doivent être renvoyés de même à l'histoire de cette République; ici, nous ne devons considérer dans Cosme de Médicis que le généreux protecteur des sciences, des lettres et des beaux-arts.

Parmi les savants grecs venus au concile de Florence, on distinguait le vieux Gemistus Plethon, qui avait été le maître d'Emmanuel Chrysoloras. Sa longue vie avait été consacrée à l'étude de la philosophie platonicienne, encore nouvelle pour la plupart des savants d'Italie, chez qui la philosophie d'Aristote était presque seule en crédit. Dès que les devoirs publics de Gemistus le lui permettaient, il s'attachait à répandre ses opinions, et il ne négligea point cette occasion de les propager à Florence. Cosme, qui l'allait entendre assiduement, fut si frappé de ses discours, qu'il résolut d'établir une académie, dont l'unique objet fut de cultiver cette philosophie si nouvelle et d'un genre si élevé. Il choisit pour la former et la diriger, Marcile Ficin, jeune encore, mais déjà très-versé dans la philosophie platonicienne, et qui répondit parfaitement au choix que Cosme avait fait de lui. L'académie platonicienne de Florence acquit dans peu d'années une grande célébrité. Ce fut, en Europe, la première institution consacrée à la science, où l'on s'écartât de la méthode des scholastiques, alors universellement adoptée, et quoique ce ne soit qu'après la mort de Cosme qu'elle prit son plus grand accroissement, c'est à lui qu'appartient la gloire de l'avoir fondée.

Cosme avançait en âge au milieu de ces grandes occupations et de ces douces jouissances. Sa considération au dehors égalait le pouvoir dont il jouissait dans sa patrie, et s'augmentait par la nature même de ce pouvoir, qui faisait attribuer toute sa force aux qualités morales de celui qui l'exerçait. Il traitait d'égal à égal avec les puissances de l'Europe, et trouvait quelquefois ailleurs que dans sa politique et dans ses richesses les moyens de traiter avantageusement. Celui qu'il employa avec Alphonse, roi de Naples, mérite d'être remarqué; et cet Alphonse lui-même, que les Espagnols appellent le Sage et le Magnanime, doit, malgré ses vices, beaucoup plus grands que ses vertus, occuper une place dans l'histoire des lettres.

Jeanne II, sa sœur, qui lui succéda, n'est connue que par ses faiblesses, ses fautes et ses malheurs. Dans les embarras où elle s'était jetée, elle adopta imprudemment Alphonse, qui la secourut d'abord, l'opprima ensuite, l'assiégea, la força d'invoquer contre lui d'autres secours, comme elle avait invoqué le sien. Délivrée par François Sforce, encore jeune, et dont cette délivrance fut le premier exploit, elle adopta Louis III d'Anjou, qui mourut peu de temps après, et à sa place René d'Anjou son frère. Ce René fit, après la mort de Jeanne, des efforts inutiles pour hériter d'elle; Alphonse était maître de la succession, et s'y maintint. La France appuya les prétentions de René; l'Espagne, la possession d'Alphonse. Deux grands états se firent long-temps la guerre pour soutenir l'une contre l'autre deux adoptions de la même reine.

Vous campez-vous jamais sur la tête d'un roi?

CHAPITRE XIX.

Philologues et Grammairiens célèbres du quinzième siècle; Guarino de Vérone, Jean Aurispa, Ambrogio Traversari, Leonardo Bruni d'Arezzo, Gasparino Barzizza, Poggio Bracciolini, Filelfo, Laurent Valla; etc.

L'érudition imprima son cachet sur le quinzième siècle, comme le génie avait imprimé le sien sur le quatorzième; mais une érudition substantielle, conservatrice, vraiment profitable aux lettres, sans laquelle même la plupart des anciens auteurs, quoique recouvrés alors, n'auraient point existé pour nous; et non point cette érudition aussi vaine que fatigante, qui redit encore aujourd'hui ce qui fut dit alors, et ce qui a été redit cent fois depuis; qui met un soin minutieux à expliquer toujours ce que personne ne s'est jamais soucié de savoir, entasse des pages sur un mot, des volumes sur quelques phrases, multiplie les gloses, comme pour empêcher d'entendre les textes, et parviendrait à rendre l'Antiquité ennuyeuse, si l'on n'avait pas toujours la ressource de lire les textes sans les gloses.

À voir la direction générale que prirent alors les esprits, on dirait qu'ils agirent d'accord et d'après une délibération aussi unanime qu'elle était sage: il semblerait que, certains désormais de l'existence d'une langue à qui toutes les beautés de la poésie et de l'éloquence étaient assurées, ils reconnurent de concert que, si l'on voulait que l'emploi de cette langue fût aussi heureux qu'il l'avait été dans les trois grands écrivains de l'autre siècle, il fallait exploiter et fouiller, comme eux, la riche mine des anciens, se familiariser, comme ils l'avaient fait, avec les muses grecques et latines, rapprendre, sous la dictée de Cicéron, de Térence et de Virgile, le vrai génie et les tours propres de l'idiome latin, dont on se servait toujours, mais vicié, corrompu par le mauvais latin de l'école; chercher enfin, dans les langues savantes, le secret que Dante, Pétrarque et Boccace y avaient trouvé, de donner à une langue, basse et populaire jusqu'à eux, l'élévation, l'énergie et la délicatesse qui la rendaient propre à examiner toutes les nuances des combinaisons de l'esprit et des inspirations du génie.

Gasparino Barzizza, autre célèbre professeur et orateur de ce temps, prit son nom du village de Barzizza, près de Bergame, où il était né en 1370. On croit qu'il fit ses études à Bergame, et qu'il y tint même ensuite une école particulière. Il professa ensuite publiquement les belles-lettres à Pavie, à Venise, à Padoue et à Milan. Il était dans cette dernière ville en 1418, lorsque le Pape Martin V y passa, en revenant du concile de Constance. Barzizza fut choisi pour le complimenter, et les deux Universités de Pavie et de Padoue ayant envoyé des orateurs auprès de ce pontife, ce fut encore lui qui fut chargé de rédiger les deux harangues. Il jouit le reste de sa vie de la faveur du duc Philippe-Marie Visconti et de la considération due à ses talents et à son savoir: il mourut à Milan vers la fin de 1430.

Envoyé par le pape Eugène IV au concile de Constance, Ambrogio le fut ensuite auprès de l'empereur Sigismond, revint à Venise pour y recevoir, au nom du pape, l'empereur et le patriarche des Grecs, les conduisit à Ferrare, assista au grand concile, dont la réunion des deux Églises était le principal objet, et mourut, en 1439, âgé de cinquante-trois ans seulement, peu de temps après l'heureuse issue de ce concile, à laquelle il contribua par son esprit conciliant, sa science théologique, et sa connaissance égale des deux langues. Ambrogio le Camaldule ne professa point, mais il fut sans cesse occupé d'entretenir par ses relations, ses correspondances et ses travaux, ce goût pour les bonnes études, que de célèbres professeurs, qui étaient tous ses amis, répandaient par leurs leçons. Il ne se fit, pour ainsi dire, à Florence, aucun bien aux lettres pendant la vie, auquel il n'ait activement et puissamment contribué.

Encouragé par ses illustres amis, Leonardo Bruni, Ambrogio Traversari, Niccolo Niccoli, Francesco Barbaro, noble vénitien, l'un des plus zélés promoteurs de tout ce qui pouvait être avantageux aux lettres, Poggio continua de voyager en Allemagne et en France, recherchant les anciens manuscrits dans les réduits secrets des couvents de ces deux contrées. Dans l'un de ces voyages, il découvrit à Langres, chez les moines de Clugny, l'Oraison de Cicéron pour Cæcina, qu'il se hâta de transcrire et d'envoyer à ses amis. L'Orateur romain lui eut d'autres obligations: c'est lui qui, dans différentes courses et à diverses époques de sa vie, retrouva les deux Discours sur la Loi Agraire contre Rullus, le Discours au peuple contre cette loi, le Discours contre Lucius Pison, et plusieurs autres. C'est encore à son activité infatigable qu'on doit le poëme de Silius Italicus, celui de Manilius, la plus grande partie de Lucrèce, les Bucoliques de Calpurnius, un livre de Pétrone, Ammien Marcellin, Végèce, Julius Frontin sur les Aqueducs, huit livres des Mathématiques de Firmicus, qui étaient ensevelis et ignorés dans les archives des moines du Mont-Cassin, Nonius Marcellus, Columelle, et quelques auteurs moins importants, mais dont il est cependant heureux qu'il ait pu prévenir la perte. On ne possédait alors que huit comédies de Plaute: un certain Nicolas de Trêves, que Poggio employait à ces recherches dans les lieux où il ne pouvait aller en personne, fit l'heureuse découverte des douze autres.

Aucune vie aussi longue ne fut peut-être jamais plus remplie et ne le fut autant jusqu'à la fin que celle de Filelfo; aucune n'aurait été plus heureuse si les vices de son caractère n'avaient mis obstacle à son bonheur; ceux qui lui firent peut-être le plus de tort furent la vanité et l'orgueil. L'une lui fit un besoin de l'éclat, de la magnificence, d'un état de maison, d'un train de gens et de chevaux, d'une dépense de table qui ne vont qu'aux grands seigneurs, et qui souvent les ruinent. Il lui fallut, pour soutenir ce luxe, s'avilir sans cesse par des éloges outrés et par des demandes indiscrètes; et le produit de ses bassesses ne suffisait pas toujours à satisfaire les besoins de sa vanité. L'autre vice le portait à se regarder non seulement comme le premier, le plus savant, le plus éloquent de son siècle, mais de tous les siècles. Les preuves qu'on en voit, je ne dis pas dans ses poésies, où on les pardonnerait peut-être, mais dans ses lettres, devaient le rendre en même temps ridicule et odieux. De là ce peu d'égards et même ce mépris qu'il marquait pour les savants et les hommes de lettres les plus distingués de son temps; de là aussi ces dures représailles auxquelles il fut exposé, et ces querelles bruyantes qu'il eut si souvent à soutenir.

Le style de Filelfo, dans ses vers latins comme dans sa prose, ne vaut pas celui de Poggio; il approche moins de l'élégance et de la pureté des bons modèles; mais il a peut-être plus de force et plus de chaleur. Il méprisa comme lui, et comme tous ces savants du quinzième siècle, la langue italienne, la langue du Dante, de Pétrarque, de Boccace et de Villani. Mais de tout ce qu'il essaya d'écrire en cette langue, si inculte sous sa plume, quoique déjà si cultivée, son Commentaire sur Pétrarque est ce qui prouve le mieux que s'il la méprisait, c'est qu'il ne la connaissait pas.

Au milieu de ces orages, qui semblaient être son élément, Valla ne discontinuait point les travaux entrepris par l'ordre du pontife. Il termina la traduction de Thucydide, pour laquelle il reçut cinq cents écus d'or, un canonicat de Saint-Jean-de-Latran, et le titre de secrétaire apostolique. Il choisit ce moment, qui devait être celui de la reconnaissance, pour finir un ouvrage, nécessairement désagréable à la cour de Rome, et dont la seule annonce l'avait précédemment soulevée contre lui; je veux dire son Traité de la Donation de Constantin. Mais cette cour n'était plus la même sous un pape tolérant, et ami de la liberté d'écrire.

Il fit aussi des notes sur le Nouveau-Testament, mais comme helléniste, et non comme théologien. Enfin, il contribua autant qu'aucun autre savant de ce siècle, par son enseignement et par ses travaux, à ce mouvement vers l'érudition grecque et latine, qui ralentit et arrêta, pour ainsi dire, les progrès de la littérature italienne, mais qui rouvrit à l'Europe les sources de l'éloquence antique, de la philosophie, de la poésie et du goût.

J'ai parlé précédemment d'un professeur qui y contribua peut-être plus encore, et dont la carrière fut plus paisible. Le sage Victorin de Feltro, qui dirigeait à Mantoue ce gymnase intéressant, nommé la Maison joyeuse, où il élevait les princes de Gonzague, y tenait de plus une école publique, la première où l'on ait donné une éducation, que l'on a depuis appelée encyclopédique, telle qu'on la reçoit à peine aujourd'hui dans les pensions ou dans les collèges les plus célèbres. On y trouvait réunis les meilleurs maîtres de grammaire, de dialectique, d'arithmétique, d'écriture grecque et latine, de dessin, de danse, de musique en général, de musique instrumentale, de chant, d'équitation; et, ce qu'il y a de remarquable, c'est que, par amitié pour cet excellent homme, tous ces maîtres enseignaient gratuitement. Un nombre prodigieux d'excellents élèves sortit de cette école: plusieurs ont laissé un nom dans les lettres, et se sont plu dans leurs ouvrages à rendre hommage à leur maître. Il était né en 1379, et mourut dans un âge avancé.

Notes in this chapter

Note 1 · Note 1: (retour) Tiraboschi, Storia della Letter. ital., t. V, l. III, p. 441.Note 2 · Jean Boccace naquit en 1313 1, d'une famille estimée dans le commerce, originaire de Certaldo, château situé à vingt milles de Florence, au Note 3 · Note 2: (retour) 1333.Note 4 · Note 3: (retour) On trouve ces Argomenti parmi les Rime liriche del Boccaccio, recueillies par M. Baldelli, et publiées à Livourne, 1802, inNote 5 · Mais son père, qui n'était pas riche, ne voulant pas faire de lui un littérateur ni un poëte, mais un bon marchand, comme il l'était lui-mêmNote 6 · Note 4: (retour) 1341.Note 7 · Boccace était fixé à Naples depuis huit ans, lorsqu'il y jouit d'un spectacle fait pour enflammer de plus en plus son génie poétique. Il futNote 8 · Note 5: (retour) Voyez Vita di Giov. Boccaccio, p. 22, et à la fin de ouvrage, Illustrazione quinta.Note 9 · Note 6: (retour) Scrittor. ital., vol. II, part. III, p. 1317.Note 10 · Cette époque est marquée dans sa vie par la naissance d'un attachement d'une autre espèce. Il n'était pas tellement livré à l'étude, qu'il nNote 11 · Note 7: (retour) 1342.Note 12 · Note 8: (retour) Gaultier de Brienne.Note 13 · Note 9: (retour) 1344.Note 14 · Ses plaisirs furent interrompus. Le père de Boccace, devenu vieux, et ayant perdu tous ses autres enfants, le rappela auprès de lui 7. FloreNote 15 · Note 10: (retour) 1350.Note 16 · Note 11: (retour) 1352.Note 17 · L'année même de son retour, Pétrarque, qu'il n'avait pas revu depuis son triomphe, passa par Florence en se rendant à Rome pour le jubilé. BNote 18 · Note 12: (retour) 1353.Note 19 · Avant qu'il se fût lié d'amitié avec Pétrarque, il avait rendu à la supériorité poétique qu'il reconnaissait en lui l'hommage le moins équivNote 20 · Note 13: (retour) Giann. Manetti, cité par M. Baldelli, Vita del Boccaccio, p. 127.Note 21 · Note 14: (retour) Benvenuto da Imola, Comment. sur Dante, Paradis, c. 22. Ceci confirme ce que j'ai dit de cet abus passé en usage, t. I, p.Note 22 · En même temps que Boccace rendait ce grand service à la langue vulgaire, il ne cessait d'appeler ses contemporains à l'étude des langues ancNote 23 · Note 15: (retour) En 1359.Note 24 · Note 16: (retour) J'ai déjà dit dans la Vie de Pétrarque, que ce manuscrit, précieux sous tous les rapports, est à la Bibliothèque impérialeNote 25 · En se procurant et en copiant des manuscrits rares et précieux, Boccace ne satisfaisait pas seulement son admiration pour les anciens et sonNote 26 · Note 17: (retour) Il y resta près de trois ans. En 1363, il partit pour Venise, d'où il passa à Constantinople. À peine y fut-il arrivé, qu'Note 27 · Note 18: (retour) Il paraît que Léonce n'acheva pas la traduction de l'Odyssée. Lorsque, six ans après, Boccace envoya à Pétrarque une copieNote 28 · Note 19: (retour) Giannozzo Manetti.Note 29 · Il l'y garda pendant tout le temps que Léonce voulut rester à Florence 17; et, ce qui rendait plus méritoire ce trait d'amour pour la langueNote 30 · Note 20: (retour) M. Baldelli, Vita del Bocc., p. 139, note.Note 31 · Note 21: (retour) Id. ibid.Note 32 · Malgré toute son application à s'instruire lui-même dans cette langue, qu'il avait précédemment étudiée à Naples, il ne faut pas croire qu'iNote 33 · Note 22: (retour) Petrarch., Senil., l. I, ép. 4, tout à la fin.Note 34 · La générosité naturelle de Boccace, excitée par les deux passions les plus nobles, l'amour des lettres et l'amour de la patrie, lui fit oublNote 35 · Note 23: (retour) Il se nommait Giovacchino Ciani.Note 36 · Tant que dura le feu de l'âge, ces conseils toujours bien reçus, furent peu suivis. Le progrès du temps amena d'autres dispositions, et un fNote 37 · Note 24: (retour) Petrarc. Senil, l. I, ép. 4. C'est à la fin de cette longue lettre, qu'il répète à Boccace l'offre dont il est parlé plus Note 38 · Boccace, frappé de cette prédiction, de ces menaces, et de la révélation de ce secret, fut saisi de terreur, et prit sur-le-champ le parti dNote 39 · Note 25: (retour) Il lui fallut pour cela des dispenses du pape, parce qu'il était fils naturel. Manni nous apprend (Istoria del Decamerone Note 40 · Note 26: (retour) C'étaient les parasites, les flatteurs, et avec eux les muletiers, les petits garçons, les cuisiniers et les marmitons. PrNote 41 · Note 27: (retour) 1363.Note 42 · Note 28: (retour) M. Baldelli, loc. cit.Note 43 · C'était en 1361, qu'arriva cette aventure; et ce fut sans doute alors que Boccace prt l'habit ecclésiastique 25, et qu'il voulut se livrer àNote 44 · Note 29: (retour) M. Baldelli, p. 173. Quelques siècles après, la famille des Médicis fit apposer sur la tour qui fait partie de cette maisoNote 45 · Note 30: (retour) De Genealogiâ Deorum; de Montibus, Sylvis, Stagnis, etc.; de casibus virorum et fœminarum illustrium; de Claris mulieribusNote 46 · Note 31: (retour) Il s'agissait de l'exécution d'un legs relatif à une fondation ecclésiastique, Confidens quam plurimum, disait cet évêque,Note 47 · Florence, quand il y retourna, était tourmentée par la contagion et par la guerre. Il alla chercher un air plus pur et la paix dont il avaitNote 48 · Note 32: (retour) 1370.Note 49 · Note 33: (retour) Il s'appelait Niccolò di Montefalcone.Note 50 · Note 34: (retour) On trouve dans la Préface des Nouvelles de Franco Sacchetti, un sonnet de cet auteur, adressé à Boccace, sur sa prétendue Note 51 · Dès qu'il se trouva libre, il suivit les mouvements de son cœur qui l'entraînaient toujours vers Pétrarque. Il se rendit à Venise, où il croNote 52 · Note 35: (retour) 1373.Note 53 · De retour dans sa patrie, il en fut, pour ainsi dire, chassé par les désordres publics qu'il y voyait régner, et peut-être aussi par quelqueNote 54 · Note 36: (retour) Cominciò a molestarlo schifosa scabbia, che rendeva gli la vita tediosa e afflitta. Aggravò il male debolezza d'intestini,Note 55 · À peine y était-il établi, qu'il fut attaqué d'une maladie interne, accompagnée d'une éruption dont son corps fut tout couvert, et qui le reNote 56 · Note 37: (retour) In avitum Certaldi agrum.Note 57 · Note 38: (retour) Lettre de Boccace à François de Brossano, publiée par l'abbé Mehus, Vita Ambros. Camald., pag. 203-205.Note 58 · «Mon premier mouvement, lui répondit Boccace, a été d'aller aussitôt donner de bien justes larmes à votre malheur et au mien, adresser avec Note 59 · Note 39: (retour) Voyez Mehus, Vita Ambr. Camald., p. 288.Note 60 · Note 40: (retour) Hâc sub mole jacent cineres ac ossa Johannis. Mens sedet ante Deum meritis ornata laborum Mortalis vitœ, Genitor BocchacciNote 61 · Peu de temps avant de mourir, il avait fait son testament, où il dispose de son mobilier, et laisse ce qui lui restait de bien à deux neveuxNote 62 · Note 41: (retour) De Genealogiâ Deorum, lib. XV.Note 63 · Le plus considérable des ouvrages latins de Boccace est son Traité de la généalogie des Dieux 41. Ce fut le premier qu'il écrivit depuis qu'Note 64 · Note 42: (retour) En 1373.Note 65 · Note 43: (retour) Philippo Villani, Colluccio Salutato, Giann. Mannetti, etc.Note 66 · Note 44: (retour) L'une des premières éditions porte ce titre: Genealogiæ Deorum gentilium Johannis Boccatii de Certaldo ad Ugonem inclytum Note 67 · Note 45: (retour) Deorum Genealogias in corpus unum redegit, felicius: quam illo erat sæculo sperandum. Ludov. Vives, de Tradend, Disciplin.Note 68 · Ce livre qu'il ne publia qu'environ dix ans après 42, eut alors, et dans le siècle suivant, beaucoup de réputation. Les écrivains de ce tempNote 69 · Note 46: (retour) De Montibus, Sylvis, Fontibus, Lacubus, Fluminibus, Stagnis, seu paludibus, de diversis nominibus maris, imprimé à Venise,Note 70 · On en peut dire autant du petit Traité qu'il composa en un seul livre sur les montagnes, les forêts, les fontaines, les lacs, les fleuves, lNote 71 · Note 47: (retour) De casibus Virorum et Fæminarum illustrium, lib. IX.Note 72 · Note 48: (retour) De claris Mulieribus.Note 73 · Deux autres de ses ouvrages en prose latine sont historiques. Le premier est un Traité Des infortunes des Hommes et des Femmes illustres 47.Note 74 · Note 49: (retour) Imprimées à Florence, par Philippo di Giunta, 1504, in-8.Note 75 · Note 50: (retour) Ces explications des Églogues de Boccace ont été données par lui-même; elles sont tirées d'une de ses lettres latines, conNote 76 · Note 51: (retour) Lorsque Louis de Hongrie eut envahi le royaume de Naples, pour venger le meurtre de son frère André.Note 77 · Note 52: (retour) Dans la lettre citée ci-dessus.Note 78 · Cette différence est encore plus sensible dans les vers que dans la prose. Boccace a laissé seize églogues 49, dont plusieurs sont assez lonNote 79 · Note 53: (retour) Nicolas Acciajuoli.Note 80 · Le premier peut être pris pour un habitant quelconque de Volterre, parce que cette ville est située sur une montagne, et que le roi y fut biNote 81 · Note 54: (retour) Lipis grœcè, latinè dicitur anxietas. Ub. supr.Note 82 · Note 55: (retour) Il serait trop long de rapporter l'explication des cinq dernières Églogues. On peut les voir, ub. supr., p. 60, 61 et 62. Note 83 · Dans la septième églogue et dans les suivantes, ce n'est plus de Naples qu'il est question, mais de Florence. Les querelles entre cette répuNote 84 · Note 56: (retour) Le Trissino.Note 85 · La poésie fut son premier amour, et même il l'aima toute sa vie: studium fuit alma poësis. Nous avons cependant vu comment il traita ses verNote 86 · On a vu aussi, dans la vie de Boccace, que la Théséide fut le premier poëme qu'il composa, et qu'il le fit à Naples pour plaire à sa chère FNote 87 · Note 58: (retour) Manni (Istoria del Decamerone, p. 55), copié ensuite par le Quadrio, rapporte une note qui lui avait été communiquée par lNote 88 · Le Ninfale Fiesolano est un petit poëme sans division de chants et de livres, et en 472 octaves, qui paraît encore avoir été écrit vers la mNote 89 · Note 59: (retour) M. Baldelli, Vita del Boccaccio, p. 65.Note 90 · Il leur arrive à Fiésole le même accident qu'en Arcadie. L'une d'elles, nommée Mensola, est aimée, non par Jupiter, comme Calisto, mais par Note 91 · Note 60: (retour) Voyez Fabliaux et Contes, publiés par Legrand-d'Aussy, t. I, p. 230.Note 92 · Le roman de Boccace, intitulé Filocopo, paraît être le premier ouvrage qu'il composa en prose italienne. Il l'écrivit à Naples, comme nous lNote 93 · Note 61: (retour) Filocopo, l. II, §. II.Note 94 · Les deux enfants passent leurs premières années, nourris, vêtus, élevés de même, et ne se quittant jamais. Leur éducation commence. On leur Note 95 · Note 62: (retour) Voyez Girolamo Muzio, Battaglie per difesa della Italica lingua, au commencement de sa lettre à Gabriello Cesano et à BartNote 96 · Note 63: (retour) Le Muzio, en avançant le fait, loc. cit., n'indique point quelles sont les deux Nouvelles; elles se trouvent toutes deux dNote 97 · Ce roman est composé de neuf livres, et, dans le recueil des œuvres de Boccace, il remplit deux volumes entiers. Le style est boursoufflé, pNote 98 · Note 64: (retour) On croit que ce fut vers 1355. Baldelli, Vita del Boccaccio, l. II, p. 121.Note 99 · Note 65: (retour) Diomed. Borghesi, dans ses Lettres; Bocchi, Elog. Vivor. Florent., etc.Note 100 · Le Corbaccio, ou Laberento d'Amore, est une invective amère contre une veuve dont Boccace était devenu subitement amoureux à Florence, à l'âNote 101 · Note 66: (retour) Celles de 1545 et 1558. Venezia, Gabriel Giolito. Voyez aussi un Essai de ces explications, dans M. Baldelli, Vita di BoccNote 102 · L'Ameto, ou l'Admète, est d'un genre tout-à-fait différent. Il a, comme la Théséide, le mérite d'être le premier essai d'une invention nouveNote 103 · Note 67: (retour) Scrittori Fiorentini, t. II, part. III.Note 104 · L'Urbano est le plus court des romans de l'auteur. L'empereur Frédéric Barberousse a, sans se faire connaître, un enfant d'une jeune villageNote 105 · Note 68: (retour) Vita del Bocc., p. 105.Note 106 · L'habitude d'écrire des romans fit qu'en composant la vie du Dante, qui avait été son premier maître, et l'objet constant de son admiration,Note 107 · Note 69: (retour) En 1724, à Naples, sous la date de Florence, et sous ce titre: Comento sopra i primi sedici Capitoli dell' inferno di DantNote 108 · Note 70: (retour) Pag. 204.Note 109 · Note 71: (retour) M. Baldelli avoue ensuite, en homme de goût, que, dans ce commentaire, souvent les étymologies grecques sont totalement faNote 110 · Les leçons que Boccace donna dans ses dernières années sur le poëme du Dante, sont restées long-temps inédites. Elles ne furent imprimées quNote 111 · Note 72: (retour) Voyez le Prologue ou Proemio du Décaméron.Note 112 · D'où lui est donc venue sa renommée? d'où il l'attendait le moins; d'un ouvrage assez futile en apparence, d'un recueil de contes qu'il estiNote 113 · Note 73: (retour) Dans la première Journée, la reine laisse à chacun la liberté de choisir le sujet qui lui plaira le mieux; mais, dans la sNote 114 · On choisit pour chaque journée, soit un roi, soit une reine, qui gouverne ou préside, donne les ordres pour les repas, le service, les amuseNote 115 · Note 74: (retour) Voyez, dans le tom. XLI des Mémoires de l'Académ. des Inscrip. et Belles-Let., pag. 546, la Notice de M. Dacier, sur un maNote 116 · Ce n'est pas qu'on ne fasse remonter beaucoup plus haut le fond ou l'idée primitive de cette invention qui consiste à trouver un moyen naturNote 117 · Note 75: (retour) Voyez la Notice de M. Dacier, ub. sup., p. 554.Note 118 · Note 76: (retour) De l'abbaye de Haute-Selve, Alta-Silva, ordre de Citeaux, diocèse de Metz.Note 119 · Note 77: (retour) Voyez Du Verdier, Biblioth., au mot Hébers.Note 120 · Note 78: (retour) Cette traduction en prose du Dolopathos s'est conservée en manuscrit, Bibliothèque impériale, manuscrit, n°. 7974, in-4., Note 121 · On ne peut méconnaître dans ce roman la première idée de celui qui fait le fond des Mille et une Nuits où la sultane Shéhérazade qui ne dortNote 122 · Note 79: (retour) Du Dolopathos français, le trait de la Femme qui veut se jeter dans un puits, Journée VII, Nouv. IV; celui du Palefrenier Note 123 · Note 80: (retour) Mém. de l'Acad. des Inscrip., tom. XX, pag. 375, in-4.Note 124 · Note 81: (retour) Dans la Préface de son Recueil des Fabliaux et Contes des Poëtes français, des 12e, 13e., 14e. et 15e. siècles, Paris, 176Note 125 · C'est de la même manière qu'il put imiter et qu'il imita peut-être en effet quelques uns de nos anciens Fabliaux. On en a fait un grand éclaNote 126 · Note 82: (retour) Paris, 1779, 3 vol. in-8.Note 127 · Note 83: (retour) Tom. II, pag. 288.Note 128 · Dans son Recueil de Fabliaux 82, dès qu'il voit le moindre rapport entre un de ces vieux Contes et une Nouvelle de Boccace, sans examiner siNote 129 · Note 84: (retour) Novelle antiche.Note 130 · Au reste, le critique ne prétend point faire à Boccace un crime de ces emprunts. «Si j'avais, dit-il, un reproche à lui faire, ce serait de Note 131 · Note 85: (retour) Ub. sup., p. 289.Note 132 · Note 86: (retour) Journ. VII, Nouv. IV.Note 133 · Note 87: (retour) 1787, in-8., p. 28.Note 134 · Le Grand d'Aussi mettait si peu de discernement dans cette cause, où il était trop passionné pour bien voir qu'il porte cette accusation conNote 135 · Note 88: (retour) C'était ainsi qu'il avait écrit le Filocopo et la Théséide. Quant au Décaméron, la preuve des ordres qu'il avait reçus, esNote 136 · Note 89: (retour) Libro di Novelle e di bel parlar gentile, etc., imprimé en 1525, et réimprimé en 1572. J'en ai parlé dans les notes ajoutéNote 137 · Note 90: (retour) Dans la première Journée, la Nouvelle III est tirée de la LXXIIe. du Novellino; la IXe., de la même Journée, l'est de la XNote 138 · Note 91: (retour) Le Grand d'Aussy a pourtant dit,dans son écrit sur les Troubadours: «Quoiqu'il passe, non-seulement pour l'inventeur de ceNote 139 · Note 92: (retour) Voyez ci-dessus, p. 63.Note 140 · Quand Boccace entreprit d'écrire ses Nouvelles pour plaire à la princesse Marie, et par ses ordres 88, il recueillit toutes les traditions, Note 141 · Note 93: (retour) Istoria del Decameron di Giovanni Boccaccio, etc. Firenze, 1742, in-4.Note 142 · Après avoir reconnu dans ses récits les faits et les contes anciens qui lui en avaient fourni le sujet, on a prétendu lever aussi le voile dNote 143 · Note 94: (retour) En effet, nous avons vu dans sa Vie, qu'il le publia en 1352 ou 1353.Note 144 · Il n'est pas aussi vrai qu'on le croit communément, que le Décaméron fût un ouvrage de sa première jeunesse. Il y parle de la peste de 1348,Note 145 · Note 95: (retour) Liv. II.Note 146 · Note 96: (retour) J'ai vu avec plaisir que M. Baldelli est de cet avis; il lui paraît hors de doute que Boccace avait lu la description de TNote 147 · a paru de tout temps, à de grands écrivains, un sujet où ils pouvaient développer tout leur talent et toute la force de leur style. HippocraNote 148 · Note 97: (retour) La plupart de ces traits sont aussi dans la description de Thucydide.Note 149 · «Dans l'excès de l'affliction et de misère où la ville fut réduite, la vénérable autorité des lois divines et humaines, était tombée, et comNote 150 · Note 98: (retour) Prose, l. II, Florence, 1549, in-4., p. 89.Note 151 · Note 99: (retour) On reconnaît dans le premier endroit où s'arrêta la troupe joyeuse, un lieu nommé Poggio Gherardi; dans le magnifique palaNote 152 · Le Bembo a dit de Boccace avec beaucoup de raison: «C'est un grand maître dans l'art de fuir la satiété. Ayant à faire cent prologues pour sNote 153 · Note 100: (retour) Pag. 80.Note 154 · Un autre mérite répandu dans tout l'ouvrage principalement apprécié par les Florentins, mais que sentent aussi tous les Italiens instruits, Note 155 · Note 101: (retour) Pag. 90.Note 156 · Note 102: (retour) On sait que les écrits du Bembo, sur la langue, n'ont point d'autre titre que Prose.Note 157 · Note 103: (retour) On voit bien, sans que je le dise, quelle langue cet auteur, zélé pour la gloire de la sienne, désigne ainsi; et, tout zéNote 158 · «Avec Boccace, ajoute-t-il plus loin 101, naquit et s'accrut l'éloquence italienne; elle parut s'ensevelir avec lui. Elle ne commença à se rNote 159 · Note 104: (retour) Journ. IV, Nouv. I.Note 160 · Note 105: (retour) Boccace a aussi traité cet affreux sujet, même Journée, Nouvelle IX. Il s'y est tenu attaché à la tradition provençale, tNote 161 · Note 106: (retour) Manni, ub. supr., p. 247.Note 162 · Note 107: (retour) Ibid., p. 257.Note 163 · Note 108: (retour) Manni, ub. supr., p. 264.Note 164 · Chez les Anglais, il y a eu aussi des imitateurs. Dryden est le plus remarquable par le genre de ses imitations; ce n'est pas sur des sujetsNote 165 · Note 109: (retour) Au lieu de Théodore, c'est Nastagio degli Onesti; et au lieu d'Honorie, la fille de messire Paul Traversaro. Journée V, NNote 166 · Note 110: (retour) Journ. V, Nouv. I.Note 167 · Note 111: (retour) Voyez Préface des Fables ancient and modern., etc., Dryden's works, vol., II.Note 168 · Outre Sigismonde et Guiscard, Dryden a encore imité du Décaméron, Théodore et Honorie, aventure plus bizarre qu'intéressante, dont les acteuNote 169 · Note 112: (retour) Préface des Fables ancient and modern., etc., ub. supr.Note 170 · Note 113: (retour) I wol you tell a Tale which that I Lerned at Padowe of a worthy Clerk, As preved by his wordes and his werk: He his now dNote 171 · Note 114: (retour) Le texte anglais dit plus énergiquement: Éclaira, de poésie, l'Italie entière.Note 172 · Note 115: (retour) Voyez tom. II, p. 431.Note 173 · Note 116: (retour) Ce qui est ci-dessus, p. 109 et 110, change cette conjecture en certitude.Note 174 · Dryden s'est encore trompé en parlant de Griselidis, la dernière et la plus intéressante de toutes les Nouvelles du Décaméron. Celle fable, Note 175 · Note 117: (retour) Le Grand d'Aussy ne fait aucune difficulté de dire (Fabliaux, t. I, p. 269), que, «selon le Duchat, dans ses notes sur RaNote 176 · Note 118: (retour) Voyez ci-après, note 4.Note 177 · Du Décaméron de Boccace, Grisélidis, ce modèle unique de douceur, de patience et de résignation conjugale, passa dans tous les recueils de RNote 178 · Note 119: (retour) Journ. X, Nouv. VIII.Note 179 · Note 120: (retour) Fables ou Contes, etc., t. II, p. 385.Note 180 · Note 121: (retour) M. Chénier est du même avis, dans son Discours sur les anciens Fabliaux, imprimé dans le Mercure de France, au commencemeNote 181 · Il s'est approprié de même, de quelque source qu'il l'ait tirée, la Nouvelle de Titus et Gisippe qui, dans la même Journée, précède celle deNote 182 · Note 122: (retour) I miei fati mi traggono a dover solvere la dura quistion di costoro, e non so quale iddio dentro mi stimola, etc. Bocc., Note 183 · Il a transporté ses acteurs à Athènes et à Rome, sous le triumvirat d'Octave. C'est dans Athènes que Titus Quintius Fulvus, jeune romain envNote 184 · Note 123: (retour) Voyez sa traduction, Manni, Stor. del Decamer., p. 562.Note 185 · Note 124: (retour) Le cardinal Ruberto Nobili di Montepulciano, V. ib., p. 583.Note 186 · Toute cette Nouvelle, et surtout dans la première partie, ce monologue passionné de Titus qui se reproche son amour pour la future épouse deNote 187 · Note 125: (retour) Voyez Fr. Petrarchœ opera, p. 540.Note 188 · Note 126: (retour) Pétrarque donne une raison de cette idée, qui prouve que Boccace n'avait pris que dans des traditions orales, le sujet deNote 189 · Ce ne fut pas sans dessein que Boccace termina par une Journée remplie de ses histoires pathétiques et décentes, un recueil où il sentait quNote 190 · Note 127: (retour) Journée III, Nouvelle VII; Journée VII, Nouvelle III, etc.Note 191 · Il était digne du caractère de Pétrarque et de son indulgente amitié, d'aller au-devant des excuses que pouvait donner son ami pour les libeNote 192 · Note 128: (retour) Cet ouvrage est encore inédit. Manni en avait parlé, Hist. du Décamér., pag. 432; il en avait même inséré deux leçons, paNote 193 · L'apologue est ingénieux et l'allégorie sensible. Il n'y a point là d'impiété, mais seulement une opinion tolérante qui ne pouvait être cellNote 194 · Note 129: (retour) Voyez ci-dessus, p. 82, note I.Note 195 · Note 130: (retour) E solo lo rivestì di splendida e preziosa veste per opera della sua miraculosa eloquenza. M. Baldelli, ub. supr., p. 330.Note 196 · Note 131: (retour) Surtout dans la violente invective de Tedaldo degli Elisei, Journ. III, Nouv. VII.Note 197 · Note 132: (retour) Entre autres dans les Contes de Maset, Journ. III, Nouv. I; du Frère Albert, Journ. IV, Nouv. II; du Moine de Saint-BrancNote 198 · La Nouvelle des trois anneaux a donné lieu à des accusations plus graves, mais qui n'étaient pas mieux fondées. N'a-t-on pas prétendu que BoNote 199 · Note 133: (retour) Frate Cipolla, Journ. VI, Nouv. X.Note 200 · Note 134: (retour) Del barone messer S. Antonio.Note 201 · Note 135: (retour) Perciò che ancora, dit Boccace avec son éloquence accoutumée, non erano le morbidezze d'Egitto; se non in piccola parte, Note 202 · Boccace s'est moqué des faux miracles opérés par les fausses reliques. Il a surtout pris à tâche de les tourner en ridicule dans une de ses Note 203 · Note 136: (retour) Ce sont deux de ces trois leçons que Manni a publiées, et qui remplissent vingt grandes pages in-4. (433 à 453) de son liNote 204 · Note 137: (retour) M. Baldelli, ub. supr., p. 334.Note 205 · Le savant prélat Bottari s'est expliqué, dans trois de ses leçons 136, à justifier cette Nouvelle. La véritable intention de l'auteur fut, dNote 206 · Note 138: (retour) 1353.Note 207 · Note 139: (retour) Elle est sans date et sans nom de lieu ni d'imprimeur, in-fol., en caractères inégaux et mal formés.Note 208 · Note 140: (retour) Mantova, Petr. Adam de Michaelibus, 1472, in-fol. C'est cette édition que Salviati jugeait la meilleure de toutes les ancNote 209 · Malgré les cris des moines et le blâme des amis de la décence des mœurs, le Décaméron, publié par son auteur vers le milieu du quatorzième sNote 210 · Note 141: (retour) Tels, entre autres, que Niccolò Delfino, patricien de Venise, 1516, Venise, Gregor. de' Gregori, in-4.Note 211 · Note 142: (retour) Firenze, Filippo di Giunta, 1516, in-4.Note 212 · Note 143: (retour) Venezia, Aldo, 1522, in-4. Cette édition est la meilleure de ce temps, et mérita d'être prise pour base de celle de 1527.Note 213 · Note 144: (retour) Tels que le Dolce, dans les trois éditions de Giolito, Venise, 1546, 1550 et 1552; le Ruscelli, Venise, 1552, etc.Note 214 · Cependant l'autorité restait muette: vingt-cinq ou vingt-six papes se succédèrent depuis la première publication de ce livre, sans qu'aucun Note 215 · Note 145: (retour) En 1573.Note 216 · Note 146: (retour) Le grand duc François Ier. confia cette correction à Leonardo Salviati, qui était alors l'oracle de la langue toscane, etNote 217 · Il s'ouvrit alors une négociation sérieuse et des opérations en règle. Il s'agissait d'un recueil de contes, et l'on eût dit que la cour de Note 218 · Note 147: (retour) Vicende della Letteratura, l. II, cap. 13.Note 219 · Tel qu'il est, c'est un des monuments les plus précieux qui existent de l'art de conter et de l'art d'écrire. «Cet ouvrage, dit expressémentNote 220 · Note 148: (retour) De sui ipsius et multorum ignorantià.Note 221 · Tandis que Pétrarque et Boccace donnaient une impulsion si forte et si générale aux esprits, qu'ils les ramenaient à l'étude et à l'imitatioNote 222 · Note 149: (retour) De Remed. utriusq. fortunæ, liv. I, Dial. 46.Note 223 · Note 150: (retour) Le Père Denis, du bourg Saint-Sulpice, intime ami et directeur de Pétrarque; Albert de Padoue, Augustin, comme le Père DeNote 224 · Note 151: (retour) Voyez Tiraboschi, Stor. della Letter. ital., t. V, l. II, c. I.Note 225 · Pétrarque s'en plaignait dans ses ouvrages et dans ses lettres. «Autrefois, écrivait-il, il y avait des professeurs de cette science; aujourNote 226 · Note 152: (retour) Il entra dans Rome, le 13 septembre 1376, et y mourut le 27 mars 1378.Note 227 · Note 153: (retour) Robert, cardinal de Genève.Note 228 · Le siége et la puissance dont émanaient les fortunes et les grâces qu'on ambitionnait en se livrant avec tant d'ardeur à cette étude, était Note 229 · Note 154: (retour) Vol. XI, 10 juin.Note 230 · Note 155: (retour) Stor. della Letter. ital., t. V, p. 128.Note 231 · Clément VII, réfugié dans Avignon, y rassembla les cardinaux qui l'avaient élu, tandis qu'Urbain VI formait tout un nouveau collége de cardiNote 232 · Note 156: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 130.Note 233 · Note 157: (retour) V. Abrégé de l'Hist. ecclés., Berne, 1767, vol. II, an. 1385.Note 234 · Note 158: (retour) Voy. Abrégé de l'Hist. ecc. etc. Voy. aussi Abrégé chronologique de l'Hist. ecclés. Paris, 1751, vol. II, même année.Note 235 · Un autre théologien, qui s'honora aussi de l'amitié de Pétrarque, Louis Marsigli, Florentin, le vit pour la première fois à Padoue, n'ayant Note 236 · Note 159: (retour) Liv. XV.Note 237 · Note 160: (retour) Andalonis de Nigro Januensis Tractatus de sphœra, Theorica planetarum: Introductio ad judicia astrologica. Catal. des ManNote 238 · La fin non moins déplorable du poëte astrologue, Cecco d'Ascoli, et les persécutions éprouvées par l'astrologue médecin Pierre d'Abano, ne dNote 239 · Note 161: (retour) Voy. Mémoire de Boivin le cadet, dans le Recueil de l'Acad. des Inscript., t. II, p. 704. Cette histoire de Charles V a éNote 240 · Note 162: (retour) Imprimé à Paris en 1497.Note 241 · Note 163: (retour) J'ai parlé du Trésor de la Cité des Dames, au sujet du jurisconsulte Giovonni d'Andrea et de sa fille Novella, t. II, de Note 242 · Thomas de Pisan, autre astrologue, jouissait à Bologne d'une grande réputation lorsqu'il fut appelé à Paris par Charles V. Ce roi, qu'on appNote 243 · Note 164: (retour) Tiraboschi, t. V, l. II, p. 170.Note 244 · Note 165: (retour) Voy. Catalogue des principaux Astrologues, etc., rédigé par Simon de Phares, écrivain du quinzième siècle, et publié par Note 245 · Note 166: (retour) Ibid., p. 451.Note 246 · Note 167: (retour) Voy. Catalogue des principaux Astrologues, etc. etc.Note 247 · Il est aussi vrai, et presque aussi triste que, quand il récompense la folie, il augmente le nombre des fous. La faveur dont jouissait l'astNote 248 · Note 168: (retour) Tiraboschi, ub. supr.Note 249 · Note 169: (retour) Uomini illustri Fiorentini.Note 250 · Note 170: (retour) Mehus, Vit Ambros. Camaldul, p. 194; Manni. Sigili, t. XIV, p. 22, etc.Note 251 · Note 171: (retour) : La Sainte-Trinité.Note 252 · Note 172: (retour) Manni, loc. cit., et Mazzuchelli, notes sur Philippe Villani, disent que quelques-uns des ouvrages de Paul ont été imprimNote 253 · On est encore forcé de compter parmi les astrologues le fameux Paul le géomètre, né à Prado, en Toscane, à qui son savoir en arithmétique, fNote 254 · Note 173: (retour) Voy. surtout une Lettre à Boccace, Senil, l. III, ép. I.Note 255 · Note 174: (retour) Voy. De Remed. utr. fortunæ, l. I, Dial. III.Note 256 · Ni leur nombre, ni leur succès n'en imposaient à Pétrarque, que l'on trouve toujours à cette époque répandant les lumières ou combattant l'eNote 257 · Note 175: (retour) J'ai parlé de ces horloges et de leurs deux auteurs, t. II, p. 446, note 2. Falconnet a fait sur ce sujet une DissertatioNote 258 · Note 176: (retour) Voy. Freind, Histor. Medic., et M. Portal, Histoire de l'Anatomie, t. I.Note 259 · Note 177: (retour) Le Traité d'Anatomie de Mondinus a eu plusieurs éditions citée par M. Portal, par Fabricius, Bibl. med. et inf. latin., vNote 260 · L'alchimie était l'abus de la chimie qui était alors peu avancée, comme l'astrologie l'était de l'astronomie qui était aussi dans son enfancNote 261 · Note 178: (retour) Vita di P. Crezcenzio, en tête de la traduction ital. de son livre, édit. des auteurs classiques, Milan, 1805, in 8.Note 262 · Crezcenzio s'éloigna de sa patrie, quand il la vit déchirée par des dissensions civiles, où il ne lui convint pas de prendre parti. Les villNote 263 · Note 179: (retour) M. Corniani, I Secoli della Letter. ital., t. I, p. 178.Note 264 · Note 180: (retour) À la fin de la préface du petit Traité de critique grammaticale, intitulé: Il Torto ed il dritto del non si può, qu'il a Note 265 · Note 181: (retour) La première édition de l'ouvrage latin est de 1471, Augsbourg, in-fol., sous ce titre: Petri de Crescentiis ruralium commNote 266 · Les préceptes contenus dans son ouvrage sont tirés soit des anciens, de Caton, Varron, Columelle, Palladius, soit de ses propres observationNote 267 · Note 182: (retour) Tiraboschi, t. V, l. II, c. 4.Note 268 · La jurisprudence, qui avait été la profession de cet auteur agronome, était, par les mêmes raisons que la théologie, dans un haut degré de fNote 269 · Note 183: (retour) De Sade, Mém. pour la Vie de Pétrar., t. III, p. 409.Note 270 · Note 184: (retour) De origine juris civilis, l. I, §. 164.Note 271 · Barthole naquit la même année que Boccace, en 1313, à Sasso-Ferrato, dans la Marche d'Ancône. Il se livra, dès sa jeunesse, à l'étude du droNote 272 · Note 185: (retour) Tractatus quæstionis ventilatæ coram Domino nostro J.-C. inter virginem Mariam ex unâ parte, et Diabolum ex alterâ, p. 16Note 273 · Note 186: (retour) I secoli della Letter. ital. di Giamb. Corniani, t. I, p. 436.Note 274 · La vaste compilation des œuvres de Barthole contient quelques Traités de droit public, tels que ceux des Guelphes et des Gibelins; de l'AdmiNote 275 · Note 187: (retour) Voy. Tiraboschi, ub. supr., et Mazzuchelli, Scrit. ital.Note 276 · Barthole eut pour disciple, et ensuite pour rival, le célèbre Balde, fils d'un médecin de Pérouse. On raconte beaucoup de traits de cette riNote 277 · Note 188: (retour) Tiraboschi, t. V, p. 322.Note 278 · Note 189: (retour) Le titre entier du livre imprimé est: De Originibus rerum libellus authore Gullelmo Pastregico Veronense, Venet., 1547.Note 279 · Note 190: (retour) Dans celle de S. Jean et S. Paul (di SS. Giovanni e Paolo).Note 280 · Note 191: (retour) Le titre entier de ce manuscrit est, après le Proemium: Incipit liber de Viris illustribus editus à Guillelmo Pastregico Note 281 · Note 192: (retour) Voy. Maffei, Verona illustr., part. II, p. 115, et Tiraboschi, t. V, l. II, c. 6.Note 282 · C'était aussi un jurisconsulte habile que ce Guillaume de Pastrengo que nous avons vu, dans la Vie de Pétrarque, jouer un des premiers rôlesNote 283 · Note 193: (retour) Ce complément n'est que de quarante-deux chapitres; il termine le livre XI, et conduit l'histoire de Florence jusqu'à la Note 284 · Note 194: (retour) En 1747.Note 285 · Note 195: (retour) Celles de chancelier de cette commune, etc. Voy. Tiraboschi, loc. cit.Note 286 · Note 196: (retour) Dans l'édit. de Bâle, 1496, in-4., tout à la fin du volume; dans celle de 1581, in-fol., pag. 516, etc.Note 287 · Note 197: (retour) Tiraboschi, t. V, p. 318.Note 288 · Note 198: (retour) À Poitiers, en 1479.Note 289 · Note 199: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 319.Note 290 · Note 200: (retour) Script. Rer. ital., vol. IX.Note 291 · Note 201: (retour) Guglielmo Cortusio et Albrighetto Cortusio, son parent.Note 292 · Note 202: (retour) Tom. II, p. 305.Note 293 · Note 203: (retour) Script. Rer. ital., vol. IX, p. 935.Note 294 · Note 204: (retour) Auteur du Manipulus Florum, ibid., vol. XI, p. 533.Note 295 · Note 205: (retour) Ibid., vol. IX, p. 1223.Note 296 · Philippe Villani, fils de Mathieu, et le dernier des trois illustres historiens de ce nom, outre le complément des histoires de son oncle etNote 297 · Note 206: (retour) Hanoviæ, 1511, 2 vol. in-fol.Note 298 · Note 207: (retour) Foscarini, Letteratura Veneziana, p. 417.Note 299 · J'aurais dû placer dans la première époque de ce siècle, mais je n'oublierai pas ici, Marino Sanuto, noble vénitien, qui ne fut pas, à proprNote 300 · Note 208: (retour) Famil., l, XIII, ép. 7, manuscrit de la Biblioth. impér., n°. 8568; Mém. pour la Vie de Pétr., t. III, p. 243.Note 301 · Note 209: (retour) Scribimus indocti doctique poemata pessim. (Ep. I, l. II. v. 117.)Note 302 · À l'égard de la littérature proprement dite, et principalement de la poésie, qui était le genre de littérature le plus généralement cultivé,Note 303 · Ignorants ou savants, nous faisons tous des vers 209.Note 304 · Note 210: (retour) L. V, ch. 26.Note 305 · Zanobi était fils du célèbre grammairien Giovanni da Strada, qui avait été le premier maître de Boccace. Il commença par prendre le même étaNote 306 · Note 211: (retour) Invect. in Med.Note 307 · Note 212: (retour) En 1359.Note 308 · Note 213: (retour) On n'a imprimé de lui que les dix-neuf premiers livres de la traduction en prose italienne des Morales de S. Grégoire. L'Note 309 · Note 214: (retour) En 1396.Note 310 · Ce couronnement causa beaucoup de surprise en Italie, où la réputation de Zanobi n'était pas généralement répandue. Les amis de Pétrarque s'Note 311 · Note 215: (retour) Vite d' illustri Fiorentini, p. 84.Note 312 · Plusieurs autres poëtes latins brillèrent encore à la fin de ce siècle. On ne pourrait les désigner tous sans faire une liste sèche, ou sansNote 313 · Note 216: (retour) Voy. Mehus, Vita Ambrog. Camald., p. 324. Ces vers sont intitulés: Versus Francisci organistœ de Florentiâ.Note 314 · François Landino n'était pas seulement musicien, il était aussi grammairien, dialecticien et poëte. Son habileté à toucher l'orgue, lui fit Note 315 · Note 217: (retour) Tiraboschi, t. V, p. 492.Note 316 · Note 218: (retour) Au château de Stignano, dans Valdinievole, près de Pescia.Note 317 · Note 219: (retour) Elle se nommait Piera, et était de Pescia, ville voisine du château où il était né. Tiraboschi, ub supr.Note 318 · Note 220: (retour) Tiraboschi, ub. supr.Note 319 · L'autre poëte, beaucoup plus célèbre dans les lettres, non-seulement comme poëte, mais comme littérateur et philosophe, et dont le nom se trNote 320 · Note 221: (retour) Elles ont été publiées en deux différents recueils, l'un donné par l'abbé de Mehus, l'autre par Lami. Mehus ne fit paraîtNote 321 · Note 222: (retour) De Nobilitate legum ac Medicinœ. Venise, 1542.Note 322 · Note 223: (retour) On en trouve les titres dans Tiraboschi, t. V, p. 497; Mazzuchelli, notes sur Philippe Villani; l'abbé Mehus, Vit. Ambr. Note 323 · Note 224: (retour) Page 309 et suiv. Il y donne aussi des fragments de plusieurs autres pièces inédites du même auteur.Note 324 · Note 225: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 496.Note 325 · Au milieu des graves occupations que lui imposait cette charge, il trouvait le temps de cultiver les muses et de se livrer à des études et àNote 326 · Note 226: (retour) Storia della vulgar poesia, et Storia e rag. d'ogni poesia.Note 327 · Note 227: (retour) À trente-trois ans.Note 328 · Note 228: (retour) M. Giamb. Corniani, I secoli della Letter. ital., t. I, p. 388.Note 329 · Note 229: (retour) Le Vocabolario Cateriniano, qui fut alors lacéré et brûlé à Florence, par la main du bourreau, y a été réimprimé depuis, Note 330 · Note 230: (retour) Pag. 341; elle commence ainsi: O Spirito santo, vieni nel mio core Per la tua potenzia traila a te, Dio, etc.Note 331 · Le nombre des poëtes en langue vulgaire était encore plus considérable que celui des poëtes latins; mais il y en a peu qui aient mérité, parNote 332 · Note 231: (retour) La première édition fut donnée à Rome, en 1559, in-8, par Nicolo Pilli de Pistoja, le même qui publia aussi les Œuvres deNote 333 · Note 232: (retour) Della ragione Poetica, l. II, §. 29 et 30.Note 334 · Note 233: (retour) Era il giorno che al sol si scolorano, etc.Note 335 · Note 234: (retour) Erano i miei pensier ristretti al core.Note 336 · Celui des poëtes lyriques de cette époque qui approcha le plus du style de Pétrarque est Buonaci corso da Montemagno. Il y en eut deux de ceNote 337 · Note 235: (retour) Lami, loc. cit., au commencement de l'avis au lecteur.Note 338 · Pistoja produisit un autre poëte contemporain de Pétrarque, qui fut même, dit-on, son disciple, et qui fit, après sa mort, un long poëme à sNote 339 · Note 236: (retour) Elle a pour titre: Morale di Franco Sacchetti da Firence per la morte di M. Francesco Petrarca.Note 340 · Le même volume est terminé par une canzone sur ce même sujet de la mort de Pétrarque 236. Elle vaut mieux, sans être fort bonne. Son auteur Note 341 · Note 237: (retour) Préface de la bonne édition donnée à Naples, sous le titre de Florence, en 1724, par le savant Bottari.Note 342 · Note 238: (retour) Aujourd'hui le Palazzo Vecchio.Note 343 · Franco Sacchetti, né à Florence, vers l'an 1335 237, d'une famille ancienne et illustrée par les premiers emplois de la république, annonça Note 344 · Note 239: (retour) Stor. fiorent., l. XIV.Note 345 · Franco Sacchetti fut revêtu de plusieurs magistratures, tant à Florence même que dans différentes parties de la Toscane. Il voyagea aussi daNote 346 · Note 240: (retour) Bottari, ub. sup.Note 347 · Note 241: (retour) Intonata per Francum Sacchetti, ou Francus dedit sonum. Bottari, ub. sup.Note 348 · Note 242: (retour) E quando io penso al mio signor Petrarca, Quel ch' acquistò in Laura pe' suoi versi, Misero i' scrivo in ghiaccio, e'l teNote 349 · Chargé, en 1381, de quelques missions politiques dans des pays infestés par le brigandage et par la guerre; il fut attaqué en mer et pillé pNote 350 · Note 243: (retour) Je ne connais qu'un sonnet cité par Crescembeni, Stor. della Volg. Poesia, l. II, n°. 8; la canzone sur la mort de PétrarNote 351 · Note 244: (retour) Bottari, ub. supr. Le marquis Matteo Sacchetti, descendant du poëte, possédait à Rome, à la même époque, une copie de ce Note 352 · Peu de ses poésies sont imprimées 243. Le vocabulaire de la Crusca, qui les cite souvent, tire ses exemples d'un ancien manuscrit qui appartNote 353 · Note 245: (retour) Le roi ne veut rien donner à Gonelle, à moins que Gonelle n'ait d'abord obtenu quelque chose de cet abbé. Gonelle engage Note 354 · Note 246: (retour) Une espèce de garçon meunier, ou de cribleur de grain (vagliatare), devenu courtisan, se présente devant ce roi. Édouard Note 355 · Note 247: (retour) Philippe avait perdu un épervier qu'il aimait beaucoup; il fait promettre une récompense à qui le trouvera. C'est un paysNote 356 · Note 248: (retour) Nouv. II.Note 357 · Note 249: (retour) E forse forse se Alberto fosse stato un ricco uomo, lo inquisitore gli avrebbe dato tanto ad intendere, che si sarebbe riNote 358 · Les Nouvelles de Franco Sacchetti sont en général plus courtes que celles de Boccace: le dialogue et la pantomime y sont moins détaillés, moNote 359 · Note 250: (retour) Nouv. VIII, CXIV, CXV.Note 360 · Note 251: (retour) Voy. Nouv. CXXI.Note 361 · Note 252: (retour) Nouv. CXXXVI.Note 362 · Le poëte par excellence, Dante, paraît plusieurs fois sur la scène 250. On trouve même, au sujet de son tombeau à Ravenne, devant lequel il Note 363 · Note 253: (retour) Nouv. LXXI.Note 364 · En voici une très-courte, qui donne à la fois une idée de ce qu'était alors l'éloquence de la chaire, et de l'influence que des prédicateursNote 365 · Note 254: (retour) Nouv. LXXII.Note 366 · Cette prédication en rappelle à l'auteur une d'une autre espèce, qu'il raconte aussitôt après. Il met sur la scène, ou plutôt dans la chaireNote 367 · Note 255: (retour) Poniam che'l facci a tempo e per cagione Che la mia fama ne fasse onorata, Come sarà da zotiche persone, Non ti maraviNote 368 · Ce livre est nommé la Pécore. J'ai trouvé, sans beaucoup de frais, Ce beau titre qui le décore; Il semble pour lui fait exprès, Tant on y voNote 369 · Note 256: (retour) Mille trecento con settant' alto anni Veri correvan, quando incominciate Fu questo libro, scritto et ordinato, Come veNote 370 · Note 257: (retour) Perchè ritrovandomi io a Dovadola, sfolgorato e cacciato da la fortuna, etc.Note 371 · Note 258: (retour) En 1440.Note 372 · Note 259: (retour) Voy. la préface de Gaetano Poggiali, en tête de l'édition du Pecorone, Livourne (sous le faux titre de Londres), 1793, p.Note 373 · Note 260: (retour) Ibid., p. xiv.Note 374 · Dans le premier quatrain de ce sonnet se trouve en toutes lettres la date de la composition du livre, 1378, et le nom de l'auteur, ou du moiNote 375 · Note 261: (retour) Journ. I, Nouv. II. Voy. ci-dessus, p. 120.Note 376 · Deux grands docteurs en théologie vivaient à Paris et disputaient souvent ensemble. L'un s'appelait maître Alain, et l'autre maître Jean-PieNote 377 · Note 262: (retour) Journ. X, Nouv. II.Note 378 · Note 263: (retour) Alcuni dicono che questi due fanciulli furono generati dal dio Marte, e questo non è vero.Note 379 · Note 264: (retour) Journ. XI, Nouv. I.Note 380 · Note 265: (retour) Signori, siate gagliardi.Note 381 · Plusieurs des Nouvelles qu'il contient sont historiques, et c'est ce qu'on ne manque pas de faire valoir parmi les mérites de l'ouvrage; maiNote 382 · Note 266: (retour) Journ. XV, Nouv. I.Note 383 · Note 267: (retour) Si che ora hai udito che per una cogna si comincio parte Guelfa e parte Ghibellina nell' Alamagna, e poi in italia nacqueNote 384 · Note 268: (retour) Journ. XIII, Nouv. II.Note 385 · Note 269: (retour) Per certo questa è stata una ricca Novella.Note 386 · Si l'on veut remonter plus haut, on trouve dans une autre Nouvelle 266 comment le monde fut divisé en trois parties, lorsque l'entreprise deNote 387 · Note 270: (retour) Tom. II, p. 316.Note 388 · Note 271: (retour) Vers l'an 1367.Note 389 · Mais ces deux recueils de Nouvelles nous ont distraits assez long-temps de la poésie; il est temps d'y revenir. En parlant des poëtes qui flNote 390 · Note 272: (retour) E se non fia coperta da la terra, Il cielo il coprirà, ne con più degno Coperchio niun corpo mai si serra. Non fu trovNote 391 · Note 273: (retour) Ceci prouve ce que j'ai dit plus haut, que l'auteur avait commencé ce poëme dans sa jeunesse.Note 392 · Le lendemain matin, le voyageur commence par se confesser au vieil ermite, qui l'absout moyennant une bonne pénitence; ensuite il lui fait pNote 393 · Note 274: (retour) Vicenza, 1474. in-fol., et Venezia, 1501, in-4.Note 394 · Par une marche singulière, et qu'on peut regarder comme un défaut de son plan, l'auteur, en avançant dans son ouvrage, semble reculer dans lNote 395 · Note 275: (retour) Dissertazione Apologetica sopra il Quadriregia e l'autore, à la fin du vol. II de l'édition de ce poëme; Foligno, 1725, iNote 396 · C'est un avantage qui n'a pas été refusé à un autre poëme du même siècle, d'un genre à peu près semblable, fait comme le Dittamondo, sur le Note 397 · Note 276: (retour) La Dea che'l terzo ciel volvendo move Avea concorde seco ogni pianeto, Congiunta al Sole ed al suo padre Giove. .........Note 398 · Il débute par une description poétique du printemps, dans le style du Dante, et dont plusieurs vers ne seraient pas indignes de lui 276. DanNote 399 · Note 277: (retour) Io vidi dame e vidi ermafroditi, Uomini e donne insieme, venir nudi Ove natura vuol che sien vestiti, Alviso con le man mNote 400 · Note 278: (retour) Cette descendance est très-clairement déduite, depuis un petit-fils de Tros le Troyen, nommé Tros comme lui, qui vint habNote 401 · Après d'autres essais et quelques événements épisodiques, il entre dans les états de Vénus, qui ne punit point ses nymphes quand elles ont qNote 402 · Note 279: (retour) Minerva allor rispose: io l'ho menato; L'Agnol di Dio a lui la porta aperse.Note 403 · Rien ne s'oppose plus à ce que l'auteur arrive au séjour des Vertus. Toujours guidé par la déesse de la Sagesse, il pénètre dans le paradis Note 404 · Note 280: (retour) Antiquit. ital., t. VI.Note 405 · Note 281: (retour) T. XV.Note 406 · Si l'on ne lit guère le Quadriregio ni le Dittamondo, qui cependant ne sont rien moins que des ouvrages méprisables, on lit beaucoup moins eNote 407 · Note 282: (retour) Voy. après la Bella Mano de Giusto de' Conti, éd. de Verone, 1750.Note 408 · Note 283: (retour) Voy. Raccolta de l'Allacci.Note 409 · La poésie plaisante était un peu plus heureuse. Antonio Pucci donnait naissance à ce genre léger et mordant, que le Berni perfectionna dans Note 410 · Note 284: (retour) Delizie degli eruditi Toscani, t. III.Note 411 · Son esprit satirique s'exerce jusque dans les compliments qu'il fait à ses amis. L'un deux venait d'être élevé à quelque poste honorable. VoNote 412 · Note 285: (retour) Voy. tom. I, p. 374 et suiv.Note 413 · Les Universités furent dès l'origine et devinrent depuis de plus en plus l'objet de l'attention des gouvernements. De forts appointements y Note 414 · Note 286: (retour) Bettinelli, Risorgim. d'Ital., part. I, c. 5.Note 415 · Ces grands hommes ramenèrent leur siècle à la connaissance et à l'amour des anciens; ils rendirent à la lumière leurs productions enseveliesNote 416 · Note 287: (retour) Idem, ibid.Note 417 · Note 288: (retour) Bettinelli, Risorgim. d'Ital., part. I, c. 5.Note 418 · Dans l'origine 287, rien de plus nécessaire, pour vaincre l'ignorance et en dissiper les ténèbres, que ces associations littéraires et enseiNote 419 · Note 289: (retour) Abrégé de l'Hist. ecclés., t. II, p. 134.Note 420 · Note 290: (retour) Jacques l'Enfant, Hist. du Concile de Constance, liv. I, p. 125, éd. de 1727.Note 421 · Note 291: (retour) À Ratolfcell en Souabe, d'où il fut transféré à Gotleben, à une demi-lieue de Constance. Par une circonstance remarquableNote 422 · Ce dernier était le plus entêté de tous. Le mauvais succès du concile de Pise avait engagé à en rassembler un autre à Constance. Balthazar CNote 423 · Note 292: (retour) En 1431.Note 424 · On se croyait à la fin du schisme; mais deux ans après 292, Martin étant mort, Eugène IV, qui lui succéda, ouvrit à Bâle un concile général,Note 425 · Note 293: (retour) En 1449.Note 426 · L'antipape Amédée, qui prit le nom de Félix V, tint tête à Eugène IV; mais il céda à Nicolas V, successeur d'Eugène, revint mourir tranquillNote 427 · Note 294: (retour) C'est un Traité sur l'immaculée Conception.Note 428 · Note 295: (retour) E fu comune opinione che morisse di veleno, cosa che allora credevasi di leggieri, ogni qual volta vedeasi alcuno morire Note 429 · Il ne serait pas étonnant qu'au milieu de tant de troubles, les papes n'eussent pu donner aucune attention au progrès des lettres; quelques-Note 430 · Note 296: (retour) Ciacono, cité par Tiraboschi, ub. supr., p. 46.Note 431 · Note 297: (retour) Pog. Oper., p. 32.Note 432 · Note 298: (retour) Antidot. IV, in Pog.Note 433 · Note 299: (retour) Philelf. Epist. l. XXVI, ép. i.Note 434 · Note 300: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 49 et 50.Note 435 · Eugène IV, quoique fort occupé de son double concile, et des autres affaires qu'il eut à débrouiller, aima les sciences, appela auprès de luNote 436 · Note 301: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 49 et 50.Note 437 · Note 302: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 50.Note 438 · On raconte qu'ayant un jour entendu dire qu'il y avait à Rome de bons poëtes qu'il ne connaissait pas, il répondit qu'ils ne pouvaient pas êNote 439 · Note 303: (retour) ibid., p. 51, 52.Note 440 · Malheureusement son pontificat ne fut que de huit années. Ce ne sont pas les nombreux éloges qui lui furent adressés de son vivant qui prouvNote 441 · Note 304: (retour) Candido Decembrio; voy. Script. Rer. ital. de Muratori, vol. XX, p. 1014.Note 442 · Note 305: (retour) Tom. VI, part. I, p. 14.Note 443 · Note 306: (retour) A quo... tam honorificè cum exceptus ut me oblitum mei penè reddiderit. (Philelf. Epist. l. III, ép. 6.)Note 444 · Philippe-Marie Visconti, dans sa vie orageuse, eut peu de loisir pour cultiver les lettres, et peu de moyens de les encourager: l'auteur de Note 445 · Note 307: (retour) Voy. Antichi Annali Estensi, dans les Scrip. Rer. ital., vol. XX, p. 453.Note 446 · Note 308: (retour) Dans le recueil intitulé Rime de' Poeti Ferraresi.Note 447 · Les princes de la maison d'Este, souverains de Ferrare, étaient déjà célèbres par leur amour pour les lettres, et par l'accueil qu'ils faisaNote 448 · Note 309: (retour) Vingt écus d'or par mois.Note 449 · Note 310: (retour) Fr. Prendilacqua de Mantoue, son contemporain et son élève. Cette histoire, écrite en latin, a été publiée par Natale delNote 450 · Moins puissant que les seigneurs de Milan et de Ferrare, Jean-François de Gonzague donnait à Mantoue les mêmes preuves d'amour pour les scieNote 451 · Note 311: (retour) William Roscoe, Vie de Laurent de Médicis, t. I, p. 11, éd. de Bâle, 1799. On a en français une fort bonne traduction de Note 452 · Note 312: (retour) Quem (Cosmum Medicem) homines existimant pecuniâ Baldesaris opes suas in tantum auxisse, ut, etc. Platin., in Vita MartinNote 453 · Note 313: (retour) Tom. II, p. 985. A. B.Note 454 · Un état libre qui avait produit les trois grands hommes auxquels l'Italie devait sa gloire littéraire, où jusqu'alors les hommes ne s'étaienNote 455 · Note 314: (retour) Angelo Fabroni, Magni Cosmi Medicei Vita. Florent., 1789, in-4., p. 42.Note 456 · Note 315: (retour) Vita di Michellozzo Michellozi, t. I, p. 287. Ed. de Rome, 1789, in-4.Note 457 · Note 316: (retour) L'historien anglais de la Vie de Laurent de Médicis, M. Roscoe, dissimule, comme s'il était Florentin, et de l'ancien parNote 458 · À Venise, pendant son exil, quoiqu'il évitât d'affecter le luxe et la magnificence, sa simplicité était, pour ainsi dire, celle d'un souveraNote 459 · Note 317: (retour) Illud quoque animadvertendum est Nicolaum Niccolum veluti parentem fuisse artis criticœ, quœ auctores veteres distinguit Note 460 · Note 318: (retour) Poggio, Oraison funèbre de Niccolo Nicoli, Poggii Opera, Basileæ, 1538, in-fol, p. 276.Note 461 · Note 319: (retour) En 1436.Note 462 · Note 320: (retour) Vita di Michelozzo Michelozzi, ub. supr., p. 291. Vasari ajoute que pendant tout le temps que l'on mit à bâtir ce grand éNote 463 · Note 321: (retour) Tiraboschi, t. VI, part. I, p. 102.Note 464 · Note 322: (retour) En 1447.Note 465 · Note 323: (retour) Voy. ci-dessus, p. 244.Note 466 · Un autre citoyen de Florence, Niccolo Niccoli, faisait à peu près le même emploi de sa fortune; mais comme elle était assez bornée, il la déNote 467 · Note 324: (retour) 1439.Note 468 · Note 325: (retour) Jean Paléologue.Note 469 · Sous Eugène IV, son prédécesseur, Cosme avait eu une belle occasion de satisfaire son penchant pour la magnificence, et de donner un nouveauNote 470 · Note 326: (retour) Manuel Paléologue, en 1393.Note 471 · Note 327: (retour) Voy. Tiraboschi, t. VI, part. II, p. 118.Note 472 · Note 328: (retour) Hodius, de Græcis illustribus, etc., l. I, cap. 2; Tiraboschi, ub. supr.Note 473 · Note 329: (retour) M. Roscoe, p. 46, ub. supr.Note 474 · Le concile, qu'il avait si bien traité, eut à Florence le dénouement le plus heureux. Eugène IV fut unanimement reconnu par l'assemblée pourNote 475 · Note 330: (retour) L'historien Giannone rapporte comme un bruit public, è fama, que les Florentins gagnèrent à prix d'or un médecin, pour quNote 476 · Le royaume de Naples était depuis long-temps déchiré par des guerres extérieures et par des troubles domestiques; les lettres y étaient tombNote 477 · Note 331: (retour) De dictis et factis Alphonsi.Note 478 · Note 332: (retour) Ce même Anton. Panormita, et Naldo Naldi, Vita Jannotii Manetti; voy. Muratori, Script. Rer. ital., vol. XX.Note 479 · Alphonse resta définitivement roi de Naples. À ne considérer que le bien qu'il fit aux sciences et aux lettres, il se montra digne des titreNote 480 · Note 333: (retour) Crinitus, de honestâ Disciplinâ, l. XVIII, c. 9; Tiraboschi, t. VI, part. I, p. 95.Note 481 · Note 334: (retour) Tiraboschi, ub. sup.Note 482 · Il serait trop long de rapporter tous les traits de la vie du roi Alphonse qui prouvent son amour pour les sciences, pour la théologie, où iNote 483 · Note 335: (retour) Tiraboschi. part. I, l. I, c. 4.Note 484 · Quelques années plus tard, ce moyen de négociation aurait perdu son efficacité. L'invention de l'imprimerie, autre événement plus important Note 485 · Note 336: (retour) Histoire de l'Imprimerie, Paris, 1689, in-4.; l'Origine de l'Imprimerie de Paris, Paris, 1694, in-4.; Annales TypographicNote 486 · Note 337: (retour) La fable de Laurent Coster, soutenue par Meerman, est entièrement discréditée aujourd'hui. M. de la Serna Santander, dansNote 487 · Note 338: (retour) L'un est dans la Bibliothèque du roi de Prusse, à Berlin: l'autre chez des Bénédictins, près de Mayence (il doit être maiNote 488 · Note 339: (retour) Sweinheim et Pannartz.Note 489 · Mayence, Harlem et Strasbourg se sont long-temps disputé l'honneur de lui avoir donné naissance. La Caille, Chevillier, Maittaire, Prosper MNote 490 · Note 340: (retour) Careggi et Caffagiolo.Note 491 · Note 341: (retour) Le Ier. jour du mois d'août 1464.Note 492 · Cosme ne vécut pas assez pour voir cette belle découverte se répandre dans sa patrie. Pendant ses dernières années, il passait, à quelques-uNote 493 · Note 342: (retour) Voyez le détail de tous ces frais dans un article des Ricordi di Pietro de' Medici, note 141, à la fin de la Vie de CosmeNote 494 · Note 343: (retour) Voyez ce décret, ibidem, note 142, p. 257, 258.Note 495 · Si ses funérailles furent faites sans autre pompe que celle que son fils crut nécessaire à sa piété filiale et à la décence 342, elles furenNote 496 · Note 344: (retour) Life of Lorenzo de' Medici, chap. i.Note 497 · Note 345: (retour) Un giorno Michel Agnolo Buonarotti fermatosi a veder questo lavora, e dimandato quel che gliene paresse, e se questa portNote 498 · Si l'on ajoute à l'idée que l'histoire nous donne de ses avantages extérieurs, de la culture et de l'élévation de son esprit, et de la proteNote 499 · Note 346: (retour) Voy. t. II, p. 421 et suiv.Note 500 · Note 347: (retour) L'abbé Ginanni, Scritt. Ravenn., t. I, p. 214, etc.Note 501 · Note 348: (retour) Voy. Tiraboschi, Stor. della Letter. ital., t. V, p. 513 et 514.Note 502 · Note 349: (retour) Rafaello Volterrano, Anthropol., l. XXI, Tiraboschi, ub. supr.Note 503 · Note 350: (retour) Salvino Salvini, dans la Préface de ses Fasti Consolari.Note 504 · Note 351: (retour) Vita Ambros. Camald., p. 324.Note 505 · Note 352: (retour) Voy. ci-dessus, 260 et 261.Note 506 · Telle fut, dès le commencement de ce siècle, la tendance commune des efforts de tous les hommes studieux. L'ardeur avec laquelle on se portaNote 507 · Note 353: (retour) Alexandre Guarini, arrière-petit-fils de Battiste Guarini, auteur du Pastor Fido, dit dans la Vie de ce poëte, en parlantNote 508 · Note 354: (retour) Pontico Virunio, dans sa Vie d'Emmanuel Chrysoloras, cité par Henri-Étienne, Dialogue intitulé: De parum fidis Græca lingNote 509 · Note 355: (retour) È favoletta raccontata da Pontico Virunio; Mafféi, Verona illustrata, part. II, l. III, p. 134. Questo racconta del VirunNote 510 · Note 356: (retour) En 1429.Note 511 · Note 357 (retour) En 1436.Note 512 · Note 358: (retour) Diatrib. ad. Epist. Fr. Barbar., p. 511; Tiraboschi, t. VI, part. II. p. 260.Note 513 · Guarino de Vérone, première tige d'une famille héréditairement illustre dans les lettres, fut l'un des élèves les plus célèbres de ces deux Note 514 · Note 359: (retour) Il ne traduisit d'abord que les dix premiers livres, par ordre du pape Nicolas V; Grégoire de Tyferne traduisit les sept Note 515 · Note 360: (retour) Emmanuelis Chrysoloræ erotemata linguæ græcæ, in compendium redacta, à Guarino Veronensi, etc. Ferrariæ, 1509, in-8. Ce nNote 516 · Note 361: (retour) Grammaticæ institutiones, per Bartholomœum Philalethem, sans date et sans nom de lieu, mais à Vérone, 1487, et réimpriméeNote 517 · Note 362: (retour) Entre autres sur quelques oraisons de Cicéron et sur Perse.Note 518 · Note 363: (retour) Voyez-en la notice dans Mafféi, ub. supr., p. 150.Note 519 · Note 364: (retour) Sur ce manuscrit de Catulle, et sur une épigramme latine qui indique le lieu où il fut trouvé, et qui est attribuée à GuaNote 520 · Ses principaux ouvrages consistent en traductions latines des auteurs grecs; celles de plusieurs Vies de Plutarque, de quelques-unes de ses Note 521 · Note 365: (retour) Timothée Mafféi, cité par Apost. Zono. ub. sup. p. 221, col. 2.Note 522 · Note 366: (retour) Baptistœ Guarini Veronensis poemata latina, Modène, 1496.Note 523 · Note 367: (retour) De ordine docendi ac studendi ad Maffeum Gambaram Brixianum discipulum suum, sans nom de lieu et sans date. Il y en a eu Note 524 · Note 368: (retour) C'est du moins ce que dit Mafféi, loc. cit.; mais l'édition dont il parle est celle de Venise, 1471, avec une souscriptioNote 525 · Note 369: (retour) C'est ce qu'on peut voir par l'édition rare et précieuse que son fils Alexandre Guarino a donnée de ce poëte, Venise, 152Note 526 · Il y a peu de proportion entre ces travaux de Guarino et l'immense réputation dont il a joui dans son siècle, et même dans les âges suivantsNote 527 · Note 370: (retour) Tiraboschi, t. VI, part. II, p. 265.Note 528 · Note 371: (retour) Tirabochi, t. VI, part. II, p. 268.Note 529 · Il n'y eut peut-être jamais de plus grands rapports entre deux hommes qui courent la même carrière que ceux qu'on remarque entre Guarino de Note 530 · Note 372: (retour) En 1447.Note 531 · On désirait depuis quelque temps à Florence d'y attirer Jean Aurispa. On lui promettait un traitement plus avantageux, et des esprits mieux Note 532 · Note 373: (retour) Guillaume Fichet et Jean de la Pierre.Note 533 · Note 374: (retour) Ils se nommaient Ulric Gering, Martin Crantz, et Michel Friburger.Note 534 · Note 375: (retour) Gasp. (c'est-à-dire, Gasparini) Pergamensis (ce devrait être Bergomensis) epistolæ, in-4., sans date, mais du commencemenNote 535 · Note 376: (retour) Rome, 1723, in-4.Note 536 · Les Œuvres latines qu'il a laissées ne sont pas ses seuls titres pour être compté parmi les restaurateurs des bonnes études et de l'éléganteNote 537 · Note 377: (retour) Son père se nommait Beneivenni de' Traversari. Les avis ont été partagés sur la noblesse ou la rôture, la richesse ou la Note 538 · Note 378: (retour) À Florence, dans le couvent des Camaldules, degli Angioli.Note 539 · Note 379: (retour) Ambrosii, Camaldulensis abbatis Hodæporicon, anno 1431 ad capitulum generale ejusdem ordinis susceptum, et ex bibliothecâNote 540 · Note 380: (retour) Les PP. Martene et Durand sont les premiers qui aient publié un recueil des Lettres d'Ambrogio Traversari (Amplissima colNote 541 · Ambrogio Traversari, religieux Camaldule, fut l'un des plus illustres élèves d'Emmanuel Chrysoloras. Né en 1386 377 à Portico, château de laNote 542 · Note 381: (retour) Tiraboschi, Stor. della Letter. ital., t. VI, part. II, p. 33; Mazzuchelli, Scritt. ital., t. II, part. IV; Mehus, Vita LNote 543 · Note 382: (retour) Pietramala.Note 544 · Note 383: (retour) Quarana.Note 545 · Note 384: (retour) De temporibus suis.Note 546 · Note 385: (retour) En 1405.Note 547 · Note 386: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 35.Note 548 · Note 387: (retour) De temp. suis com., p. 38.Note 549 · Enfin, ce fut encore un élève de Jean de Ravenne et d'Emmanuel Chrysoloras, que ce Leonardo Bruni, l'un de ceux qui illustrèrent le nom d'ArNote 550 · Note 388: (retour) Vespasiano Fiorentino, cité par Mazzuchelli, ub. supr.Note 551 · Note 389: (retour) Voy. ci-dessus, p. 257.Note 552 · Leonardo Bruni ne fut pas seulement un des hommes les plus savants de son siècle; il fut aussi l'un de ceux dont le commerce était le plus aNote 553 · Note 390: (retour) Elle se nommait Benvenuta. M. William Shepherd, dans la Vie de Poggio Bracciolini, qu'il a publiée en anglais (Liverpool,Note 554 · Note 391: (retour) Voyez le récit de toute cette querelle, et notamment de ce châtiment public infligé à Benvenuta, plaudentibus vivinis et Note 555 · Note 392: (retour) L'abbé Mehus, dans le catalogue des ouvrages de Léonardo, qu'il a mis à la suite de sa Vie, dont il sera parlé plus bas, Note 556 · Note 393: (retour) The Life of Poggio Bracciolini, ch. 3 et 4.Note 557 · Leonardo et lui étaient liés de l'amitié la plus intime: une aventure scandaleuse les brouilla. Niccolo Niccoli avait cinq frères; il enlevaNote 558 · Note 394: (retour) Ce trait est raconté par Naldo Naldi, auteur contemporain, dans la Vie de Giannozzo Manetti, que Muratori a insérée, ScriNote 559 · Si Leonardo n'était pas toujours maître de sa vivacité dans les premiers moments, il savait en réparer les fautes avec noblesse, et avec cetNote 560 · Note 395: (retour) Historiarum populi Florentini lib. XII. Léonardo écrivit cette histoire en 1415; elle fut traduite en italien par Donato Note 561 · Note 396: (retour) De temporibus suis, l. II, Venise, 1475 et 1485; Lyon, 1539, etc.Note 562 · Note 397: (retour) De bello italico adversus Gothos gesto, l. IV; Fulginii (Foligno), 1470, in-fol., Venise, 1471; Commentarium rerum GræcarNote 563 · Note 398: (retour) La Vie de Pétrarque fut publiée pour la première fois par Tomasini, Petrarcha redivivus, 2e. édition, Padoue, 1650, in-4.Note 564 · Note 399: (retour) La première fois en 1472, in-fol., sans nom de lieu, mais à Brescia, par Antoine Moret, de cette ville, et Hiéronyme d'AlNote 565 · Note 400: (retour) Tiraboschi, t. VI, part. II, p. 38.Note 566 · Cet écrivain laborieux composa beaucoup d'ouvrages, et sur une grande variété de matières. Son Histoire de Florence, en douze livres, s'étenNote 567 · Note 401: (retour) Giamb. Recanati, dans sa Vie de Poggio, en tête de l'édition qu'il donna en 1715, à Venise, de l'Histoire de Florence de Note 568 · Note 402: (retour) Son père se nommait Guccio Bracciolini; ce prénom est un diminutif, à la manière florentine, de Arrigo, Henri; Arrigo, ArNote 569 · Note 403: (retour) Voici cette épitaphe, telle qu'elle est rapportée par Hody, De Græc. ill. , p. 23. Hic est Emanuel situs, Sermonis decus Note 570 · Poggio Bracciolini, connu en France sous le nom de Pogge, et qui ne l'est guère que comme auteur d'un recueil de bons mots et de facéties liNote 571 · Note 404: (retour) De utroque homine, ou de opificio hominis.Note 572 · Note 405: (retour) Lettre publiée par Muratori, Script. Rer. ital., vol. XX, p. 160.Note 573 · Il fit alors aux environs de Constance quelques voyages bien intéressants pour les lettres. Sachant que d'anciens manuscrits y étaient répanNote 574 · Note 406: (retour) Voyez cette lettre, Poggii Opera, p. 301-305.Note 575 · Note 407: (retour) Leonardi Aret. Epist., l. IV, ep. 10.Note 576 · La déposition d'un pape ne fut pas le seul spectacle qui lui fut offert dans le concile de Constance: il y vit aussi brûler vifs Jean Hus etNote 577 · Note 408: (retour) Poggii Oper., p. 311; The Life of Poggio Bracciolini, by William Shepherd, ch. 3. On ne trouve que dans ce dernier ouvragNote 578 · Note 409: (retour) Il était fils du fameux Jean de Gant, duc de Lancastre, et oncle du roi d'Angleterre, alors régnant, Henri V, ibid., p. 1Note 579 · Ce concile fini, Poggio se rendit à Mantoue, à la suite du nouveau pape Martin V; et c'est de là qu'il partit subitement pour l'Angleterre. Note 580 · Note 410: (retour) Il était nominalement de 120 florins de revenu; mais d'après diverses réductions, il s'en fallait beaucoup qu'il montât àNote 581 · Note 411: (retour) Id. ibid.Note 582 · Quelques circonstances augmentèrent encore ce désir. On venait de retrouver en Italie divers ouvrages de Cicéron, dont plusieurs, tels que lNote 583 · Note 412: (retour) Le 22 septembre 1420.Note 584 · Note 413: (retour) Voy. ci-dessus, p. 296.Note 585 · Note 414: (retour) De Avaritiâ et Luxuriâ et de fratre Bernardino, aliisque concionatoribus. C'est par ce Dialogue que commence le Recueil dNote 586 · Note 415: (retour) Ils prenaient le titre de Frères de l'Observance, Fratres Observantiœ.Note 587 · Note 416: (retour) Voy. The Life of Poggio, etc., p. 177 et suiv.Note 588 · Note 417: (retour) On le trouve dans l'Appendix de l'ouvrage intitulé: Fasciculus rerum expeiendarum et fugiendarum, imprimé d'abord à CologNote 589 · Martin V y était revenu 412 après ses aventures de Florence 413. Presque tout le reste de son pontificat fut livré à des agitations, auxquelNote 590 · Note 418: (retour) Juin 1433.Note 591 · Note 419: (retour) Voy. Poggii Opera, etc., p. 312-317.Note 592 · Note 420: (retour) Il en eut avec George de Trébizonde, Guarino, de Vérone, Laurent Valla, et plusieurs autres.Note 593 · Note 421: (retour) Voy. Poggii Opera, etc., p. 339-542.Note 594 · Le pontificat d'Eugène IV ne fut pas plus tranquille que celui de Martin V. Lorsqu'une sédition excitée à Rome le força de s'enfuir à FlorenNote 595 · Note 422: (retour) Voy. Apostolo Zeno, Dissert. Voss., t. I, p. 37, 38.Note 596 · Le calme rétabli à Florence lui inspira le désir de passer en Toscane le reste de sa vie; il acheta une petite campagne dans l'agréable cantNote 597 · Note 423: (retour) 1435.Note 598 · Note 424: (retour) On en fait monter le nombre jusqu'à quatorze, douze garçons et deux filles.Note 599 · Note 425: (retour) Selvagg'a di Chino Manenti de' Buondelmonti.Note 600 · Note 426: (retour) Il était en forme de Dialogue, et intitulé: An senii sit uxor ducenda. Apostolo Zeno en possédait une copie. (Voy. DisserNote 601 · Note 427: (retour) Il le publia en 1440. (Voy. Poggii Opera, etc., p. 64.)Note 602 · Note 428: (retour) Les trois premières sont imprimées dans les œuvres de Poggio; la quatrième a été publiée par l'abbé Mehus, en tête de l'éNote 603 · Le décret parle de ses enfants, quoiqu'il ne fût point marié. Peu avancé dans l'état ecclésiastique, il en avait cependant jusqu'alors 423 cNote 604 · Note 429: (retour) Ibid., p. 392.Note 605 · Note 430: (retour) De Varietate fortunæ, imprimé pour la première fois à Paris, en 1723.Note 606 · Note 431: (retour) Voy., sur ce Dialogue, ci-dessus, p. 315, note.Note 607 · Note 432: (retour) Poggii Opera, etc., p. 155.Note 608 · Note 433: (retour) The Life of Poggio Bracciolini, ch. 10.Note 609 · Nicolas V fut le huitième pape auprès duquel Poggio conserva son office dans la chancellerie pontificale, et ce fut celui de tous dont il euNote 610 · Note 434: (retour) C'était en 1450.Note 611 · Note 435: (retour) Bugiale nostrum, hoc est menda ciorum velut officina quædam. Épilogue ou péroraison, à la fin des Facéties.Note 612 · Poggio donna carrière à la fois, et à son esprit satirique, et à ce goût pour les expressions obscènes qui était alors trop commun, dans le Note 613 · Note 436: (retour) Historia disceptative convivalis (et non pas convivialis, comme on le lit dans la Vie de Poggio, par M. William Shepherd,Note 614 · Note 437: (retour) Ie Lequel, dans un repas, a des obligations à l'autre, celui qui l'offre, ou celui qui y est invité; 2e, laquelle des deuNote 615 · Un ouvrage plus sérieux suivit de près les Facéties 436; c'est le fruit des conversations savantes qu'il eut avec plusieurs hommes de lettreNote 616 · Note 438: (retour) De miseriâ humanæ conditionis, ibid., p. 86.Note 617 · Note 439: (retour) Lucii philosophi syri comœdia quæ Asinus intitulatur, è græco in latinum conversus. (Poggii Oper., p. 138.)Note 618 · En 1453, la place de chancelier de la république étant devenue vacante, la réputation de Poggio et l'influence puissante des Médicis fixèrenNote 619 · Note 440: (retour) L'Histoire de Florence, écrite par lui en latin, fut achevée et traduite en italien par Jacques Bracciolini, l'un de ses Note 620 · Note 441: (retour) Il laissa de son mariage cinq garçons et une fille, l'aîné des garçons se fit moine; le second et le quatrième prirent auNote 621 · Note 442: (retour) Il était peint par Antoine Pollajuolo. Voy. Vasari, éd. de Rome, 1759, in-4., t. I, p. 438.Note 622 · Note 443: (retour) La destinée de cette statue est assez remarquable. Dans des changements faits en 1560, à la façade de Ste.-Marie, par FraNote 623 · Note 444: (retour) The Life of Poggio, etc., p. 486.Note 624 · Note 445: (retour) Ibid. Les Œuvres de Poggio furent recueillies pour la première fois à Strasbourg, 1510, petit in-fol., et plus amplement Note 625 · L'Histoire de Florence est le dernier, comme le plus grand et le meilleur ouvrage de Poggio. Elle est divisée en huit livres, et comprend laNote 626 · Note 446: (retour) Il a paru récemment en italien une Vie de Filelfo, qui peut épargner désormais toutes nouvelles recherches; elle est intiNote 627 · Celui de tous ses contemporains qui eut avec lui les querelles les plus vives, et qui l'égala le plus en renommée, fut le célèbre Filelfo. SNote 628 · Note 447: (retour) Cités par M. de' Rosmini, ub. sup., t. I, p. 5.Note 629 · Note 448: (retour) Lancelot, Mém. sur Philelphe, Académ. des inscr. et bell.-lettr., t. X, et Tiraboschi, t. VI, part II, p. 284, se sont trNote 630 · Francesco Filelfo naquit le 25 juillet 1398, à Tolentino, dans la Marche d'Ancône. Les premiers historiens de sa vie 447 ont dit que sa famiNote 631 · Note 449: (retour) 12 février 1424.Note 632 · Jean Paléologue le députa, en 1423, à Bude, en qualité de son ministre, à l'empereur Sigismond. Cette mission remplie, il fut invité par LadNote 633 · Note 450: (retour) Il était ce qu'on appelle en grec τρεορχις, et ce qu'il a rendu lui-même dans ces deux vers latins inédits, cités par M. Note 634 · De retour à Constantinople, après quinze ou seize mois d'absence, il reprit le cours de ses études; mais il trouva, dans la maison même de sNote 635 · Note 451: (retour) Quatre cent cinquante sequins annuels, dont cinquante lui furent comptés d'avance.Note 636 · Note 452: (retour) Avril 1429.Note 637 · L'accueil qu'il reçut à Bologne le rassura. On alla au-devant de lui: pour le fixer dans cette ville opulente et amie des lettres, on lui ofNote 638 · Note 453: (retour) Ambrosii Traversari Epist., p. 1007 et 1016.Note 639 · Note 454: (retour) M. de' Rosmini l'affirme, d'après l'assertion positive de Filelfo, dans un discours italien adressé aux jeunes gens même Note 640 · Dans cette ville remplie de savants, il étonna par sa science et par son zèle infatigable à la propager. On le voyait le matin, dès le pointNote 641 · Note 455: (retour) Les Satires de Filelfo furent imprimées pour la première fois à Milan, sous ce-titre: Philelphi opus Satyrarum seu HecatoNote 642 · Filelfo, sur ces entrefaites, fut assailli et blessé au visage par un assassin de profession, lorsqu'il se rendait à son école; il prétenditNote 643 · Note 456: (retour) Philelfi Epist., p. 18.Note 644 · On le mit à la question, et l'on tira de lui, par la force des tourments, l'aveu d'un nouveau projet d'assassinat. Il fut condamné à une ameNote 645 · Note 457: (retour) La sentence est rapportée par Fabroni, Vita Cosmi Med., t. II, p. 111; elle est datée du 11 octobre 1436.Note 646 · Note 458: (retour) Pure crediamo ch' egli non ignorasse ciò che si macchinava per altri in danno di quel letterato, e in luogo d'opporsi, coNote 647 · Note 459: (retour) Philelphi Epist., l. II, p. 14.Note 648 · Toujours persuadé que le parti des Médicis avait armé contre lui cet assassin, il poussa la fureur jusqu'à vouloir leur rendre la pareille. Note 649 · Note 460: (retour) Le premier de ces deux ouvrages est imprimé, Philelphi Opuscula, Spire, 1471; Milan, 1481; Venise, 1492, in-fol., etc. (DNote 650 · Ce qui paraît presque aussi peu croyable, c'est que, dans de telles agitations, parmi ces craintes et ces projets de vengeance, Filelfo rempNote 651 · Note 461: (retour) Philelphi Epist., l. II, p. 15.Note 652 · Note 462: (retour) 16 janvier 1439.Note 653 · Note 463: (retour) Voy. Vita di Fr. Filelfo, p. 102.Note 654 · Note 464: (retour) Deux garçons et deux filles, et non pas huit enfants, comme le dit Lancelot dans le Mémoire déjà cité, et comme Apostolo Note 655 · Mais avant cette réconciliation, il crut qu'il était prudent de quitter Sienne et de s'éloigner davantage de Florence. Sa renommée, toujoursNote 656 · Note 465: (retour) 25 mars 1450.Note 657 · Note 466: (retour) Tiraboschi rapporte inexactement ce fait très-remarquable, t. VI, partie II, p. 290; M. de Rosmini l'a rectifié, Vita di Note 658 · Après trois ans de troubles qui suivirent à Milan la mort du dernier Visconti, François Sforce lui ayant succédé 465, Filelfo, bien traité pNote 659 · Note 467: (retour) Le 8 mars 1466. Ces huit livres de la Sforciade sont restés inédits; on en conserve des copies dans la bibliothèque AmbroNote 660 · Filelfo, depuis cette époque, fit pendant à peu près quinze années son séjour habituel à Milan. Sa vie toujours agitée n'en était pas moins Note 661 · Note 468: (retour) 1474.Note 662 · Il chercha inutilement pendant plusieurs années à sortir de cette position, jouissant pour tout bien, dans une vieillesse avancée, d'une forNote 663 · Note 469: (retour) Filelfo avait critiqué avec raison le mot turcos dont Merula se servait au lieu de turcas.Note 664 · Note 470: (retour) Ce fut le jeune Gabriel Pavero Fontana, de Plaisance. Il publia contre Merula, dont le véritable nom était Merlani, une MNote 665 · Note 471: (retour) On y distingue, outre ceux que nous venons de voir, Agostino Dati, auteur de l'Histoire de Sienne; le célèbre jurisconsulNote 666 · Outre celles que nous avons déjà vues, et qui furent les plus violentes, parce qu'elles avaient un fondement politique, il en eut de puremenNote 667 · Note 472: (retour) Il devait y avoir trois Dialogues, mais Filelfo n'en écrivit que deux. Les sujets discutés dans le premier sont, la théorNote 668 · Note 473: (retour) Venise, 1552.Note 669 · Note 474: (retour) Fr. Philelphi orationes cum quibusdam aliis ejusdem Opusculis. Milan, 1481, in-fol., édition très-rare, faite sous les yeNote 670 · Note 475: (retour) Ad Jacobum Anton. Marcellum, patricium Venetum, et equitem auratum, de obitu Valerii filii, consolatio. Rome, 1475, in-foNote 671 · Il laissa une grande quantité d'écrits de tout genre, les uns finis, les autres imparfaits, et dont plusieurs sont inédits, et le seront peuNote 672 · Note 476: (retour) Voy. ci-dessus, p. 332, les éditions de ces Satires.Note 673 · Note 477: (retour) Odæ et Carmina, 1497, in-4., sans nom de lieu, mais à Brescia. Filelfo avait aussi composé trois livres d'odes et d'élégiNote 674 · Note 478: (retour) Ce manuscrit est à Milan, dans la bibliothèque Ambroisienne; mais tout le premier livre, et une partie du dixième et dernNote 675 · Note 479: (retour) La première édition, qui ne contient que seize livres, est in-fol., sans nom de lieu et sans date: on la croit de Venise,Note 676 · J'ai parlé de ses satires, où, en se permettant une licence effrénée, il se donna les singulières entraves d'un nombre fixe de dix décades, Note 677 · Note 480: (retour) 1431.Note 678 · Laurent Valla, qui paraît le dernier de ces célèbres philologues, peut être placé après Poggio et Filelfo, comme leur égal en réputation, enNote 679 · Note 481: (retour) 1443.Note 680 · Note 482: (retour) Ce Traité est imprimé dans le premier volume du Fasciculus Rerum expetend. et fugiend., dont il est parlé ci-dessus, p. 3Note 681 · Ce fut vers ce temps-là qu'il fut connu du roi Alphonse, et qu'il commença à l'accompagner dans ses voyages et dans ses guerres. Valla semblNote 682 · Note 483: (retour) Voy. ce qu'il dit lui-même de cette affaire, Vallœ Antidotus in Poggium, p. 210, 211 et 218.Note 683 · Note 484: (retour) L'invective de Valla contre Barth. Fazio et le Panormita (Beccadelli), est divisée en quatre livres, et remplit cinquanteNote 684 · Note 485: (retour) 1447.Note 685 · Valla ouvrit à Naples une école d'éloquence grecque et latine. Sa réputation lui attira beaucoup de disciples, et sa liberté de penser et deNote 686 · Note 486: (retour) C'est dans sa seconde Invective que Poggio accuse Valla d'avoir commis un faux à Pavie, pour le paiement d'une somme d'arNote 687 · Note 487: (retour) Benedetto Morando.Note 688 · Il n'en fut pas ainsi de la guerre qui s'alluma entre Valla et Poggio. Le hasard ayant fait tomber entre les mains de ce dernier une copie dNote 689 · Note 488: (retour) On le trouve parmi ses Œuvres; Bâle, 1540, in-fol.Note 690 · Le livre parut 488, et Valla ne fut point persécuté. Il se rendit à Naples quelque temps après, pour visiter son premier protecteur, le roi Note 691 · Note 489: (retour) Voy. Laurent. Vallensis Opera, ub. sup.Note 692 · Note 490: (retour) De rebus gestis à Ferdinando Aragonum rege, l. III. Paris, 1521, Breslau, 1546, in-fol. Hispania illustrata. Francfort, 1Note 693 · Note 491: (retour) Les deux premières éditions, toutes deux fort rares, sont de la même année: Rome et Venise, 1471, in-fol.Note 694 · Son humeur et son caractère sont assez connus par les événements de sa vie. Son esprit était vif et étendu, ses connaissances profondes et v
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