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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Les Universités furent dès l'origine et devinrent depuis de plus en plus l'objet de l'attention des gouvernements. De forts appointements y fixaient les plus habiles maîtres, et cette habileté des professeurs, autant que les priviléges dont on y jouissait, y attiraient la foule des élèves. Le concours était quelquefois si grand, qu'on enseignait dans les églises les plus vastes, quelquefois dans les places mêmes, et l'on montre encore à Bologne sous un portique, un pupitre ou petite tribune, où l'on prétend qu'enseignait publiquement la fameuse jurisconsulte Béthisie Gozzadini. Les professeurs qui n'étaient point appelés, ou qui voulaient rester libres, allaient ainsi par les villes, comme autrefois les sophistes de la Grèce, vendre la science, et se livraient entre eux des combats et des espèces de duels scientifiques. Les écoles ouvraient avant le jour; les leçons duraient long-temps; on disputait ensuite à la ronde, maîtres et disciples. Les recteurs de l'Université donnaient le sujet et fixaient le temps de la dispute: ils choisissaient le concurrent et le disputant, et ces combats étaient à outrance. Mais sur quels objets s'exerçaient-ils? Je l'ai déjà dit assez de fois, et j'ai dit franchement ce qu'il me paraît qu'on en doit penser 285. Pour le rappeler ici en peu de mots, depuis trois siècles, on argumentait obstinément, on écrivait volumineusement, on s'enorgueillissait de sa science, de ses triomphes, de ses écrits; qu'est-il resté de tant de peines et de tant de bruit? rien, absolument rien qu'il ne fallût désapprendre, si l'on avait le malheur de le savoir. Cette fureur d'argumenter était ce qui, dans ces sciences mêmes, quelles qu'elles fussent, écartait le plus du chemin de la vérité. Ce n'était point de la recherche du vrai que l'on s'occupait; on ne pensait ni aux progrès de la raison, ni à celui des lumières; on ne songeait qu'à se vaincre l'un l'autre, à augmenter le nombre de ses disciples pour accroître sa réputation, sa fortune et la liste de ces titres magnifiques, si ridicules à nos yeux, et qui étaient alors le sublime des distinctions et des honneurs. C'est pourtant à cela que ce bornent les services rendus à l'esprit humain, avec tant de faste et de dépenses, pendant une si longue époque, par ces célèbres établissements.

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