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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

Reading edition

L'Ameto, ou l'Admète, est d'un genre tout-à-fait différent. Il a, comme la Théséide, le mérite d'être le premier essai d'une invention nouvelle. C'est une pastorale mêlée de prose et de vers, genre qu'ont imité depuis Sannazar dans son Arcadie, le Bembo dans son Asolani, Menzini dans son Académie tusculane, etc. La scène est dans l'ancienne Étrurie. Sept jeunes nymphes racontent leurs amours. Chacune ajoute à son récit une espèce d'églogue chantée; et l'on trouve encore dans ces morceaux le premier modèle des églogues italiennes. Admète, jeune chasseur, préside cette assemblée charmante; quelques chasseurs ou autres bergers y sont admis, et leurs chants et les siens se mêlent à ceux des nymphes. Parmi ces nymphes, qui font toutes, par leur beauté, de vives impressions sur le cœur d'Admète, il en est une nommé Lia, dont il est éperduement épris. On croit, avec assez de fondement, que tout cela est allégorique, que sous les noms de ces chasseurs et de ces nymphes, sont cachés des personnages réels; et Sansovino a même expliqué, dans une lettre en tête de quelques éditions 66, l'intention de l'auteur, le sujet de l'ouvrage et le véritable nom des personnes; mais ces révélations ne seraient pas d'un grand intérêt pour nous, si ce n'est peut-être ce qui regarde Fiammetta. Elle se retrouve encore ici. Elle raconte ses amours avec son cher Caléon, nom sous lequel nous avons déjà vu que Boccace s'était désigné lui-même. Ce récit ne ressemble point aux autres. Caléon est heureux; mais il le devient d'une autre manière. Ce serait un beau sujet de dissertation que de vouloir concilier ces versions contradictoires. Si Boccace était un ancien, je ne doute point qu'il n'y eût déjà bien des volumes écrits sur ce point d'érudition, qui resterait, comme il arrive à beaucoup d'autres, tout aussi obscur qu'auparavant.

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