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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Tant que dura le feu de l'âge, ces conseils toujours bien reçus, furent peu suivis. Le progrès du temps amena d'autres dispositions, et un fait singulier en précipita les effets. Un jour que Boccace était dans sa maison, à Florence, un chartreux de Sienne, qu'il ne connaissait pas 23, demanda à lui parler en secret. Il lui dit qu'il venait de la part du bienheureux père Petroni, religieux de la même chartreuse, qui n'avait jamais vu Boccace, mais qui le connaissait à fond par la permission de Dieu. Il lui représenta, au nom de ce père, le danger où il était s'il ne réformait pas ses mœurs et ses écrits, et lui fit des remontrances véhémentes sur l'abus qu'il faisait de ses talents, et sur son penchant à l'amour. «Le bienheureux père Petroni, ajouta-t-il, m'a chargé en mourant de venir vous engager à changer de vie, à renoncer à la poésie et aux lettres profanes. Si vous ne le faites pas, vous mourrez bientôt, et des supplices éternels vous attendent.» Ce chartreux, pour accréditer sa mission, apprit à Boccace que le père Petroni avait vu Jésus-Christ en personne, qu'il avait lu sur son visage tout ce qui se passe sur la terre: le présent, le passé, l'avenir. Il lui fit voir ensuite qu'il savait un secret que Boccace croyait n'être connu que de lui seul; enfin, il lui annonça qu'il allait remplir des commissions semblables à Naples, en France, en Angleterre, et qu'il irait ensuite trouver Pétrarque.

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