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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Crezcenzio s'éloigna de sa patrie, quand il la vit déchirée par des dissensions civiles, où il ne lui convint pas de prendre parti. Les villes d'Italie, qui étaient alors presque toutes indépendantes, étaient dans l'usage de choisir hors de leur sein des gouverneurs civils et militaires, sous le titre de capitaines ou de podestà. Elles exigeaient qu'ils amenassent avec eux, et à leurs frais, des hommes de loi qui leur servaient d'assesseurs dans le jugement des causes, et qui jugeaient eux-mêmes dans les tribunaux, suivant les coutumes de chaque pays. Un grand nombre de nobles bolonais furent appelés à ces magistratures temporaires, mais suprêmes. L'Université de Bologne, fertile en savants jurisconsultes, leur fournissait facilement des assesseurs, et ce fut en remplissant ces sortes d'emplois que Crezcenzio parcourut pendant trente ans l'Italie, rendant la justice aux citoyens, donnant, aux gouverneurs qu'il accompagnait, de sages conseils, et maintenant de tout son pouvoir les cités dans des sentiments de concorde et dans un état de paix. Il observait partout les procédés de l'agriculture, pour laquelle il avait un goût particulier. Enfin, de retour à Bologne, et déjà fort âgé, il recueillit toutes ses observations, et publia, vers l'an 1304, un Traité d'agriculture, divisé en douze livres, qu'il dédia au roi de Naples, Charles II. Il survécut près de seize ou dix-sept ans à cette publication, et mourut vers la fin de 1320, âgé d'environ quatre-vingt-sept ans 178.

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