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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Dans l'origine 287, rien de plus nécessaire, pour vaincre l'ignorance et en dissiper les ténèbres, que ces associations littéraires et enseignantes, dont l'autorité est assise sur leurs dignités, leurs lois, leurs méthodes d'enseignement, l'union et l'émulation de leurs membres. Mais ces corps, au bout d'un certain temps, deviennent les tyrans de l'opinion; leurs écoles ne sont plus que des champs de bataille; les schismes qui les divisent, les sectes qui s'y établissent, enracinent plus avant les systèmes et les partis, les fixent et les rendent en quelque sorte immuables, excluent les connaissances nouvelles, et font la guerre aux esprits qui suivent d'autres méthodes. Enfin, par lassitude ou par découragement, ils retombent dans la médiocrité, dans la langueur, et de ces corps si animés et si bruyants, il ne reste plus que des cadavres. Cependant il s'élève peu à peu des esprits paisibles, retirés, solitaires, qui, dégoûtés de ce bruit, de ces entraves, de ces querelles, prennent des chemins tout différents, se rencontrent ensuite dans le monde, s'enflamment mutuellement de l'amour du savoir, et croissant peu à peu en nombre, forment à part une espèce de république littéraire. Il en exista une de cette espèce, au temps de Pétrarque, et dont on peut dire qu'il fut le chef. Elle subsista jusqu'à la fin de son siècle; mais l'instinct naturel de l'homme, qui le porte aux associations, et le désir d'accroître ses forces en les réunissant pour faire tête aux ennemis que le vrai savoir a dans tous les temps, et surtout ce désir de gloire qui se trompe si souvent dans le but qu'il se propose et dans les moyens d'y parvenir, tout cela fait que ces membres épars d'une république indépendante, en viennent à se réunir plus étroitement, à former de nouveau des corps distincts et séparés, à se donner des lois, à ambitionner des titres et des honneurs particuliers; et voilà les académies. Elles naquirent en Italie peu de temps après la fin du quatorzième siècle: elles se multiplièrent bientôt, passèrent des grandes villes aux villes secondaires, puis aux gros bourgs et même aux villages, comme on les y a vues depuis. C'est ainsi, qu'affaiblies par cette multiplication même, elles deviennent à leur tour communes et languissantes. Tout y est médiocre, sans originalité, sans force et sans vie. Ce ne sont plus, comme les Universités, que des cadavres, qui corrompent, pour ainsi dire, l'atmosphère de la littérature, et frappent les lettres de contagion et de mort. C'est la triste condition des choses humaines 288.

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